C'est le printemps, les fleurs reviennent : voici les lieux où il est strictement interdit de les cueillir sous peine d'une lourde amende

C'est le printemps, les fleurs reviennent : voici les lieux où il est strictement interdit de les cueillir sous peine d'une lourde amende La cueillette de fleurs peut provoquer d'importants ennuis judiciaires…

Le printemps revient, et les fleurs avec lui. À l’arrivée des beaux jours, la floraison colore les parcs, les ronds-points, mais aussi les jardins privés. Face à ce beau spectacle floral, difficile de résister à l’envie de rapporter des bouquets ou branches chez soi, pour embellir son intérieur. Toutefois, la cueillette est régie par des règles qu'il est nécessaire de connaître avant de l'envisager.

Il est ainsi interdit de cueillir la moindre plante sur un rond-point, dans un jardin public, sur le trottoir ou à l’abord d’une propriété : l’article 635-1 du Code pénal assimile cette cueillette, même minime, à une dégradation légère de bien d’autrui. Et pour cause. Derrière ces massifs fleuris se cachent des efforts humains et financiers, car ce sont les équipes municipales qui plantent, arrosent et renouvellent ces plantations chaque saison.

Certaines municipalités durcissent encore ces règles grâce à leur propre règlement. Celui d'Angers, par exemple, interdit non seulement de cueillir des fleurs et des fruits, mais également de couper des branches, de grimper aux arbres, de pénétrer dans les massifs arbustifs, d'enlever les écorces, de détériorer les sols, d'y opérer des prélèvements, etc. Le phénomène est tel que certains élus, comme ceux de Balleroy-sur-Drôme dans le Calvados, n’hésitent pas à porter plainte ou à afficher leur exaspération en cas de vol de fleurs ou d’arbustes dans les lieux publics, comme cela arrive souvent dans les cimetières.

La tentation est également grande de ramasser une fleur ou un fruit qui dépasse du jardin du voisin. Mais, là encore, le Code civil est formel : toute plante rattachée à une propriété appartient à son propriétaire. Il est donc interdit de la cueillir sans son autorisation, même si la branche franchit la clôture.

Dans la nature ou en forêt, la législation diffère mais reste exigeante. Certaines plantes ou fleurs peuvent être ramassées, à condition qu’elles ne soient pas protégées. Un arrêté du 20 janvier 1982 énumère ainsi les espèces végétales totalement interdites à la cueillette. Parmi celles-ci demeurent l'Andromède, l'Ancolie des Alpes, la Grande Croisette, la Laîche rampante, etc. Quant aux prélèvements autorisés, ils doivent rester mesurés afin de ne pas porter préjudice à l’écosystème.

Tout geste de collecte dans l’espace public ou chez autrui peut entraîner de lourdes amendes : jusqu’à 1 500€ pour la cueillette dans un parc, sur la voie publique ou au pied d’un immeuble. Si vous prélevez une fleur ou un fruit dans le jardin d’un voisin sans son accord, il s’agit d’un vol caractérisé : la loi prévoit alors une peine bien plus sévère, jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000€ d’amende. A ce prix-là, la note est bien plus épineuse que les tiges de roses…