La NASA cherche des volontaires pour vivre 1 an dans une base comme sur la Lune ou Mars
La NASA a les yeux tournés vers une petite planète rouge, un astre rongé par la rouille, où la température moyenne est de -60°C. Pour préparer ce voyage et le retour sur la Lune, l'agence spatiale américaine a besoin de cobayes. Quatre, précisément. Pendant un an, ils vivront en autarcie sur une fausse base extraterrestre. Nom de code de la mission : MMEA, pour Moon & Mars Exploration Analog.
"C'est un pas de plus vers Mars", résume ainsi la NASA pour présenter une partie de sa mission. Concrètement, à l'été 2027, au plus tôt, quatre volontaires vont dire adieu à la lumière du soleil et à l'air libre. Direction le Centre spatial Johnson, à Houston. Leur quotidien ? Quatorze mois d'expérience, dont une année entière de confinement absolu.
L'équipage commencera par un voyage aller simulé, coincé dans un vaisseau extrêmement exigu de 60 mètres carrés. Puis viendra l'atterrissage. Une transition minutieuse vers une base de surface imprimée en 3D, de 84 mètres carrés. Sur ce faux sol extraterrestre, ils devront enfiler des combinaisons pour des sorties virtuelles, survivre dans un rover de quelques mètres carrés et subir des pannes de communication artificielles pouvant durer jusqu'à deux semaines. L'objectif : pousser le corps, l'esprit et la technologie dans leurs retranchements avant le grand saut.

Les conditions pour devenir volontaire sont très restrictives. Pour espérer faire partie de l'équipage, il faut afficher un CV digne d'un véritable astronaute. L'agence spatiale exige un diplôme universitaire scientifique en ingénierie, en biologie, en physique ou en mathématiques. Une solide expérience militaire peut aussi peser dans la balance. Le profil des candidats est tout aussi millimétré : il faut avoir entre 30 et 55 ans, mesurer tout au plus 1,88 mètre, maîtriser parfaitement l'anglais et surtout, être citoyen américain ou résident permanent.
Mais le crash-test sera médical et mental. Les futurs cobayes devront survivre à une batterie d'évaluations psychologiques rigoureuses et réussir des examens physiques. Les somnambules, les personnes dépendantes des somnifères ou celles ayant la moindre restriction alimentaire sont d'office recalées. L'engagement, lui, est total. Il s'agit d'abandonner sa vie terrestre et ses proches pour se rendre disponible pendant quatorze longs mois, en incluant l'entraînement préalable et le suivi post-mission.
Reste la question de la rémunération, qui demeure pour l'heure en suspens. L'agence spatiale américaine n'a pas encore communiqué sur les indemnités exactes que percevront les volontaires de cette nouvelle mission MMEA. Toutefois, on peut s'appuyer sur le précédent programme pour se faire une idée. Lors de la première phase de test de la base de surface (la mission CHAPEA), plusieurs médias ont indiqué que l'indemnisation était calculée sur le temps d'activité, à hauteur d'environ 10 dollars par heure éveillée. Sachant que le quotidien des volontaires impose 16 heures d'éveil par jour, cela représentait approximativement 60 000 dollars pour les 378 jours de confinement de la mission.