Les arnaques par Internet et par téléphone n’ont jamais été aussi nombreuses. L'année dernière, selon Cybermalveillance.gouv.fr, plus de 500 000 personnes ont été aidées après avoir été victimes, soit une hausse de 20%. L’année s’est distinguée par une explosion des escroqueries par hameçonnage, ces messages frauduleux qui cherchent à voler des informations ou de l’argent, avec 70% d’augmentation des demandes d’aide dans ce domaine.
Dans ce flot constant, une arnaque revient régulièrement. Les vagues de “Coucou maman”, aussi appelées “Coucou papa”, inquiètent à juste titre les autorités. L’escroc envoie un message au parent en se faisant passer pour son enfant. Le ton est direct : “Coucou maman, c’est moi. J’ai eu un problème avec mon numéro de téléphone, c’est mon numéro temporaire. Envoie moi un message sur WhatsApp, sur ce numéro le plus rapidement possible !”
Cela peut arriver n’importe quand, souvent par SMS, parfois même par mail. Le scénario le plus courant : l’arnaqueur explique avoir cassé ou perdu son téléphone, ou avoir un autre souci technique. Il donne un nouveau numéro et demande de continuer la conversation sur WhatsApp, sous prétexte d’une urgence. Les parents, pris au dépourvu, s’inquiètent et répondent, pensant réellement avoir affaire à leur enfant.
Les messages sont courts et familiers : “Mon téléphone est cassé je n’ai vraiment pas de chance.. Voici mon nouveau numéro, enregistre celui-ci pour le moment.” Très vite vient la demande d’argent. L’escroc invoque un achat urgent ou un souci de paiement, et réclame un virement, des codes de paiement ou les coordonnées bancaires du parent. Sa force : jouer sur les sentiments et la peur de laisser un proche dans la difficulté.
Pourquoi cette arnaque fonctionne-t-elle ? Parce qu’elle vise là où ça fait mal : la famille, le réflexe de vouloir aider tout de suite. Si vous recevez ce genre de message, la règle est simple : ne répondez pas, surtout si le numéro ou le mail est inconnu. Avant toute chose, appelez directement votre enfant sur son numéro habituel. N’envoyez jamais d’argent sans certitude sur l’identité de votre interlocuteur. Il existe un service de signalement des SMS suspects, le 33 700, que vous pouvez contacter gratuitement.
Si vous avez envoyé de l’argent, contactez vite votre banque pour tenter de bloquer le virement. Faites opposition sur votre carte s’il s’agit d’un paiement bancaire. Conservez les messages et les coordonnées, et portez plainte.
Cette méthode n’est qu’une forme parmi d’autres répertoriées par Cybermalveillance.gouv.fr. En 2026, les criminels agissent aussi en se faisant passer pour des conseillers bancaires et utilisent WhatsApp pour contacter leurs cibles. Les faux placements financiers et les usurpations de numéro se multiplient encore. Il ne faut jamais baisser la garde, même si la demande semble venir d’un proche.