Un chemisier trop transparent peut être interdit au travail et peut même valoir un licenciement

Un chemisier trop transparent peut être interdit au travail et peut même valoir un licenciement

Certaines tenues vestimentaires peuvent conduire au licenciement pour faute grave.

Même si certaines enseignes, comme McDonald's, nous invite à venir comme on est, le travail, lui, impose des règles vestimentaires claires. La liberté du salarié de choisir sa tenue n’est en effet pas totale. Le Code du travail et la jurisprudence encadrent strictement ce droit. Un employeur peut décider de fixer des règles vestimentaires précises. Celles-ci doivent répondre à deux principaux motifs : la sécurité et l’image de l’entreprise.

Même quand le froid hivernal s'introduit dans le lieu de travail, ou que la climatisation est insuffisante face à la canicule, il n'est pas toujours possible de porter un bonnet, des sandales ou un mini-short. Si la situation l’exige, le port de vêtements appropriés est une condition sine qua non pour travailler. Ces vêtements obligatoires peuvent être des combinaisons, blouses, chaussures fermées dans des lieux de travail spécifiques comme un chantier, un laboratoire, des hôpitaux ou dans l'agroalimentaire.

Ces restrictions sont reconnues par la loi et leur non-respect expose le salarié à des sanctions qui vont du simple avertissement au licenciement immédiat pour faute grave. L’employeur qui exige un uniforme ou des équipements spécifiques doit toutefois prendre en charge le coût de leur entretien.

Un autre terrain de limitation s’impose pour l’image de l’entreprise. Surtout quand le salarié est en contact avec la clientèle. Le juge estime alors qu’il est légitime d’exiger une "tenue correcte" et soignée. Le port d’un bermuda, de tongs ou d’un t-shirt de sport peut alors être interdit, sous peine de sanction, s'il nuit à la réputation de l’entreprise. La jurisprudence a par exemple décidé qu’un commercial ou une coiffeuse, exposés au public, ne peuvent venir habillés de façon trop décontractée.

Pour les salariés sans contact avec la clientèle, l’employeur peut aussi poser des restrictions. Leur objectif est d’assurer la décence et l’ordre sur le lieu de travail, d’éviter toute tenue considérée comme provocante ou choquante aux yeux des collègues ou du public. Une salariée a ainsi été licenciée pour avoir insisté à porter un chemisier transparent, sans soutien-gorge. Ce comportement a été qualifié de trouble grave même en l'absence de contact avec la clientèle. Les codes vestimentaires doivent toutefois être précisés clairement par l'employeur dans le règlement intérieur ou une note de service.

La liberté de se vêtir au travail n’est donc pas une liberté fondamentale et son exercice, limité par la loi, n’est licite que dans la mesure où il ne nuit pas aux intérêts légitimes de l’entreprise ou à la sécurité des salariés. Celui qui ne respecte pas ces règles s’expose à une sanction qui, en cas de refus répété ou de trouble manifeste, pourra aller jusqu’au licenciement pour faute grave, y compris dans des cas où la fonction ne prévoit pas de contacts avec des clients. Enfin, la jurisprudence rappelle que l’employeur doit toujours justifier la restriction par des impératifs objectifs et proportionnés.