Quel futur pour le secteur de l'intérim ?

Quel futur pour le secteur de l'intérim ? Le marché de l'intérim est bien portant. Pour se développer davantage, il doit devenir encore plus digital, plus international et s'adresser davantage aux cadres et aux freelances.

La santé du secteur de l'intérim est plutôt bonne. Et le futur s'annonce radieux. Tel est le point principal à retenir de l'étude "Le marché du travail temporaire" rédigée par Xerfi. Selon les experts de l'institut, "l'amélioration de la conjoncture économique impacte à la hausse les besoins des principaux marchés clients, et donc le nombre d'intérimaires". Mais pour se développer de manière optimale sur ce marché qui pèse plus de 24 milliards d'euros, petits et gros acteurs ne doivent pas rester les bras croisés. L'idéal est d'adopter une attitude proactive en misant sur 6 grands axes de développement.

Le secteur de l'intérim doit se digitaliser sans renoncer à son ancrage territorial. © Xerfi
  • Renforcement de la couverture du territoire : L'étude de Xerfi est formelle. Même si la recherche d'emploi devient de plus en plus digitale, le secteur de l'intérim ne doit pas négliger sa présence locale. Cela a été compris par une grande partie des entreprises présentes sur le marché : "Adecco, Proman, Recruit, mais aussi des firmes plus modestes comme Empruntis ou Alphyr ont notamment annoncé plusieurs centaines d'ouvertures à l'horizon 2020".
  • Internationalisation : Dans un marché du travail en pleine mondialisation, les entreprises spécialisées dans l'intérim seront de plus en plus amenées à se développer à l'international, notamment pour y dénicher des compétences rares dans l'Hexagone. Cette internationalisation peut se mettre en place via des implantations à l'étranger ou l'acquisition d'entreprises étrangères (citons notamment Randstad qui a racheté Monster, Adecco qui a acheté General Assembly ou Crit qui a intégré EHD Technologies à son groupe).
  • Montée en gamme : Non, l'intérim n'est pas réservé à des postes peu qualifiés. L'étude démontre que les acteurs de l'intérim ont étendu leurs prestations aux cadres et professions intermédiaires". Avec des résultats à la clé. Ainsi en 2017, plus du quart du chiffre d'affaires de Randstad s'est effectué sur le marché des cadres.
  • Élargissement du vivier de candidats : 2.3 millions. Selon l'Insee, c'est le nombre de travailleurs indépendants dans l'Hexagone en 2017. Il s'agit d'un marché extrêmement porteur pour le secteur de l'intérim. Des plateformes se sont spécialisées sur ce créneau. C'est par exemple le cas de Malt, Findeur, Comet ou encore Crème de la Crème. Les géants du secteur de l'intérim se sont à leur tour impliqués sur ce créneau en forte croissance. Randstad a fait l'acquisition de twago tandis qu'Adecco a lancé la plateforme Yoss destinée aux freelances.
  • Constitution d'une offre globale : L'époque où l'intérimaire était une personne peu qualifiée qui ne demandait qu'à quitter son statut pour décrocher un CDI, sésame vers la stabilité, ne correspond plus tout à fait à la réalité. Désormais, certains profils sont freelances par choix. Notamment dans le secteur de la tech. Les agences d'intérim doivent donc s'adresser à une palette de plus en plus large de personnes en demande de missions professionnelles.
  • Digitalisation des services : Si les acteurs de l'intérim doivent mettre en ligne leurs offres d'emploi, cela n'est pas suffisant pour se vanter d'être une agence digitale en ligne. Elles peuvent faire davantage, notamment en assurant en quelques clics les principales démarches telles que la paie ou encore la rédaction du contrat de travail.

Une digitalisation à poursuivre

Pour se développer sur le long terme, les entreprises de l'intérim n'ont pas le choix, elles doivent se digitaliser, sans renier leur ancrage local. Pour booster leur stratégie digitale, Xerfi estime qu'elles doivent se concentrer sur deux points importants : la dématérialisation et l'automatisation.

IA, Bulletins de paie en ligne, bots... les grands acteurs agissent pour ne pas être disruptés. © Xerfi

Côté dématérialisation, l'institut a identifié plusieurs pistes à explorer : les outils de communication à distance, la numérisation des documents administratifs ou encore le développement des plateformes Internet. Les entreprises présentes sur le marché n'ont pas attendu les conclusions du rapport pour agir. Yoss, la plateforme d'Adecco dédiée aux freelances se targue ainsi de payer les prestations des indépendants dans les 72 heures.

Autre domaine à explorer : l'automatisation. Cela passe par le développement d'algorithmes de recherche, d'outils d'intelligence artificielle ou encore de bots. L'automatisation est une problématique prise à bras le corps par le secteur de l'intérim. En témoigne Adecco qui a développé Aloha, le premier bot capable de dialoguer avec les intérimaires en recherche d'emploi.

Source:
L'étude "Le marché du travail temporaire" est publiée par Xerfi, éditeur indépendant d'études économiques sectorielles.

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