Dans cette ville, le chômage n'existe pas : elle se trouve dans l'une des plus belles régions de France
Où se trouve la ville au taux de chômage le plus bas ? Certains pourraient croire qu’elle se situe autour des métropoles où les employés se comptent par millions. Ou proche de sites stratégiques, militaires et énergétiques par exemple.
Mais, selon les derniers indicateurs de performance économique, c’est dans une région touristique que se trouve notre championne de l’emploi : Passy et les 19 autres communes de la zone d’emploi du Mont-Blanc font partie des villes où le taux de chômage est le plus bas en France métropolitaine.
Au cœur des Alpes et au pied du Mont-Blanc, le taux de chômage est de 3,8%, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). A titre de comparaison, le taux de chômage en France est deux fois plus élevé. Pourquoi ce chiffre est-il si faible dans ces vingt communes savoyardes ? “Il y a trois explications à cela”, affirme Raphaël Castéra, maire de Passy et 3e vice-président de la communauté de communes des Pays du Mont-Blanc.

Au JDN, Raphaël Castéra explique que le secteur est “dominé par le tourisme” qui afflue été comme hiver à la montagne : “Cela tire tout un ensemble de secteurs d'activité. Autour du tourisme, vous allez générer de l’emploi dans l'immobilier, le bâtiment, les travaux publics, et le commerce pour l'approvisionnement des visiteurs. Sans oublier l'accueil touristique (hébergement, résidences) et les remontées mécaniques qui sont de gros pourvoyeurs d'emplois.”
A Passy, deux entreprises du BTP comptent à elles seules plus de 400 salariés chacune. C’est une part très importante des 5 000 emplois de la commune. Reste que le plus gros employeur privé de Passy est le groupe Decathlon avec le Mountain Store. C'est à la fois un magasin et le siège mondial des marques “outdoor” du groupe (conception, marketing, finance). Cela représente 600 emplois, plutôt dans le secteur tertiaire (conception, administration).
Mais contrairement à d’autres régions touristiques, ce qui fait la force touristique de la Haute-Savoie et surtout du pays du Mont-Blanc, selon le maire de Passy, c'est d’attirer les touristes en hiver comme en été. “C'est dû à la qualité des paysages et au fait que ce sont majoritairement des stations-villages. L'avantage, c'est qu'il y a une vraie vie l'été, puisque la plupart des stations de ski sont construites autour des villages.”
Raphaël Castéra évoque aussi une deuxième raison à ce faible taux de chômage : l'industrie. Ce secteur est très développé dans le bas de la vallée où il représente plus de 40% de l'activité dans certaines communes.
Enfin, l'économie du Pays du Mont-Blanc s'appuie sur un troisième volet : la proximité immédiate de la frontière suisse et de l'agglomération de Genève. “Bien que la présence de travailleurs frontaliers ne soit pas massive sur la Haute-Vallée, elle reste importante et attire une part non négligeable de salariés résidant sur le secteur.”
L’attraction pour la région a toutefois un revers pour l’économie locale. Dans un rapport de la Cour des comptes publié en 2024, on apprend que ce faible taux de chômage s'accompagne de difficultés pour les employeurs de la région à recruter. En cause : le logement. “Dans un territoire où le foncier est cher, le logement est un frein pour ceux qui viennent de l'extérieur.”
Surtout, le revenu médian au pays du Mont-Blanc est de 23 940 euros (chiffres 2018), ce qui est inférieur au revenu médian départemental de 26 600 euros. “Le besoin de logement accessible est d'autant plus fort”, précise Raphaël Castéra. Cela passe notamment par la construction de nouveaux logements sociaux pour le maire, qui regrette que “la production ait manqué ces dernières années”. Un travail en cours au sein de la communauté de communes.