Des start-up pour faciliter la vie des freelances

Des start-up pour faciliter la vie des freelances Lourdes tâches administratives, instabilité des revenus… Devenir freelance s'accompagne de contraintes. Pour les compenser, des start-up proposent leurs services et se regroupent pour plus de visibilité.

Le dilemme est le même pour tous ceux qui envisagent de quitter leur entreprise pour se lancer en freelance. Suis-je prêt à dire adieu à la stabilité de mes revenus et à m'impliquer dans les tâches administratives pour gagner en indépendance ? Pour faire face à ces deux obstacles, plusieurs start-up de soutien aux indépendants ont été créées ces dernières années. Elles misent sur la simplification des tâches et/ou des gammes de prix adaptées.

25 000 utilisateurs. Shine n'est pas une banque à proprement parler (car ne pouvant pas octroyer de crédits) mais permet de disposer d'une carte prépayée pour régler ses dépenses et d'un compte avec un IBAN pour être payé par carte ou virement. Le service a aussi "vocation d'être l'outil central des freelances", note Nicolas Reboud, son CEO. "L'appli prévient dès qu'il y a une démarche à faire ou s'il faut relancer un client qui n'a pas payé, elle aide aussi à rédiger les factures", explique-t-il. Pour lui, cet outil peut "remplacer une direction juridique ou des ressources humaines".

Aide à la facturation

Edition d'une facture avec Freebe. © Freebe

Freebe est un autre service d'aide administrative aux freelances, plus particulièrement pour ceux sous le statut d'auto-entrepreneur. Lancé en juillet 2018, Freebe compte actuellement 500 utilisateurs. Freebe "permet d'automatiser le process de facturation" selon son CEO Antoine Legendre. Il permet aussi "de créer un devis avec des informations préremplies". Le but : "supprimer les tâches chronophages", estime le CEO. Freebe expérimente par ailleurs l'interconnexion avec les services de l'Urssaf pour permettre aux auto-entrepreneurs de faire leur déclaration de chiffre d'affaires directement depuis sa plateforme.

Le domaine des assurances santé est aussi investi par ces start-up d'aide. Si les salariés ont droit à une complémentaire santé via leur entreprise, les freelances doivent payer eux-mêmes leur assurance avec des revenus plus incertains. D'où la nécessité d'avoir un contrat à moindre prix. C'est le créneau occupé par Alan, start-up créée en février 2016 et qui revendique 25 000 clients dont 3100 freelances. "Les grands groupes ont du mal à parler à cette population disparate et souvent technophile (…) On leur propose des produits chers couplés à une expérience utilisateur pauvre", déplore Jean-Charles Samuellan, CEO. A l'inverse, Alan brandit des prix plus faibles avec "une expérience utilisateur d'une simplicité biblique", affirme son CEO.

Wemind, lancé en juillet 2016 et qui regroupe 20 000 membres, offre aussi des assurances dédiées aux indépendants. "Notre service permet aux freelances d'avoir les mêmes avantages que les salariés", résume Hind Elidrissi, CEO de Wemind. Trois types de couvertures sont disponibles : une complémentaire santé, une assurance responsabilité civile et surtout une garantie logement. Cette garantie permet de pallier à une des grandes difficultés des freelances : trouver un logement à la location. Avec cette assurance, "le freelance arrive devant le propriétaire avec un document attestant que ses loyers sont 100% garantis", détaille Hind Elidrissi. En cas d'impayés, c'est l'assurance qui paie le propriétaire, à charge pour le freelance de rembourser les frais avancés. Wemind est une néo-assurance qui gère des offres spécifiques pour les indépendants et qui couvre ses risques auprès de grands groupes comme Swisslife, Allianz ou la Maif. En outre, les membres de Wemind bénéficient d'un "comité d'entreprise" avec des tarifs réduits pour des places de cinéma ou des services spécifiques aux freelances comme Freebe.

Un écosystème autour des freelances

L'application mobile Shine. © Shine

Les liens entre services d'aide sont un enjeu important. Le freelance peut en effet avoir du mal à s'y retrouver parmi toutes ces offres. Cherchant plus de visibilité, Alan s'est associé à Malt (mise en relation avec des clients) et Qonto (néo-banque) pour créer la plateforme Sésame en septembre 2018. Elle permet d'obtenir des tarifs préférentiels pour plusieurs services destinés aux indépendants. Pour Jean-Charles Samuellan, "l'idée de Sésame est de rassembler derrière une même porte d'entrée un ensemble de services utiles aux freelances".

De son côté, Freebe développe actuellement une API pour permettre l'interconnexion de sa plateforme avec d'autres services. Antoine Legendre, CEO de Freebe, applaudit ainsi l'apparition d'un "écosystème" autour des freelances.

Un écosystème qui compte aussi Comet qui propose aux freelances des tarifs préférentiels pour des services partenaires comme Alan, Shine ou Wemind. Comet est une autre plateforme de mise en relation des freelances de la tech avec les entreprises clientes. En plus de leur fournir des missions, Comet offre donc aux indépendants une assistance administrative. La plateforme veut s'affirmer comme "le copilote du freelance dans son travail", souligne Sasha Lehmann, sa responsable des relations publiques. Pour Hind Elidrissi de Wemind, ces partenariats entre services se font autour d'une même valeur : "faciliter la vie des freelances".

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