Achats : quelles tendances façonneront 2026 ?
En 2026, la fonction Achats devient un pilier stratégique. Entre IA industrielle et résilience des chaînes, le CPO s'affirme comme un moteur clé de compétitivité.
Ce qui définit aujourd'hui l'avantage concurrentiel évolue rapidement. La pression sur les coûts, la transformation des chaines d'approvisionnement et l'adoption rapide des technologies obligent les entreprises à batir leurs stratégies sur la performance, la résilience et l'innovation. Peu de fonctions sont aussi étroitement liées à ces leviers que celle de directeur des achats (CPO). Les achats façonnent désormais les décisions qui influencent les marges, la qualité, l'exposition aux risques et le potentiel de croissance, créant ainsi les conditions propices à la compétitivité.
Parallèlement, l'IA transforme les méthodes de travail et les compétences essentielles. Les CPO sont de plus en plus responsables des écosystèmes qui permettent cette transformation : technologies, fournisseurs et talents. À mesure que ces responsabilités s'étendent, le rôle du CPO reflète désormais les priorités d'un CEO, rapprochant plus que jamais les deux fonctions.
Inverto, filiale du Boston Consulting Group (BCG) spécialisée dans les achats et la gestion de la chaîne d’approvisionnement, a identifié trois impératifs stratégiques qui définiront le leadership en matière d'achats au cours de l'année à venir :
1- L’Intelligence Artificielle : un levier stratégique piloté par les Achats
En 2026, l’Intelligence Artificielle entre dans une nouvelle phase : celle du déploiement à grande échelle. Le véritable enjeu n’est plus d’expérimenter, mais de savoir intégrer, orchestrer et industrialiser l’IA au sein des organisations.
Dans cette transformation, les directions Achats occupent une position clé. Elles sont désormais au cœur d’un écosystème technologique complexe, qui combine cloud, cybersécurité, automatisation, données et fournisseurs de solutions digitales. Leur rôle ne se limite plus à sélectionner des technologies : elles pilotent des écosystèmes, structurent des partenariats durables et travaillent étroitement avec l’IT pour créer les conditions d’une adoption efficace de l’IA.
En parallèle, les Achats opèrent un changement de paradigme majeur. L’enjeu n’est plus seulement d’acquérir des outils, mais de développer des compétences, d’adapter les modes de fonctionnement et d’accompagner les équipes dans l’intégration de l’IA au quotidien. Automatisation des tâches transactionnelles, aide à la négociation, analyse prédictive des coûts ou des risques : l’IA libère du temps et repositionne les équipes Achats sur des missions à plus forte valeur ajoutée.
2- Les Achats, plus que jamais au cœur de la résilience des chaînes d’approvisionnement
Les crises successives ont profondément modifié la manière dont les entreprises abordent leurs chaînes d’approvisionnement. Plutôt que d’espérer un retour à la stabilité, elles doivent désormais intégrer un niveau permanent de perturbation.
Face à l’instabilité, les directions Achats prennent la main sur les leviers que l’entreprise peut piloter directement : coûts, fiabilité des fournisseurs, continuité des flux et agilité des réseaux d’approvisionnement.
Ce rôle renforcé les conduit à adopter une approche plus intégrée des fondamentaux. Fonds de roulement, niveaux de stocks et liquidité ne peuvent plus être pilotés en silos : les Achats travaillent étroitement avec la Finance pour arbitrer entre coût, risque et niveau de service, en s’appuyant sur des outils avancés tels que les prévisions basées sur l’IA, les jumeaux numériques ou la modélisation de scénarios.
Les stratégies d’approvisionnement évoluent également. Nearshoring, multi-sourcing et développement d’écosystèmes fournisseurs régionaux s’imposent comme des réponses concrètes pour concilier compétitivité et résilience.
Enfin, les directions Achats jouent un rôle clé pour transformer les exigences réglementaires — reporting Scope 3, CSDDD, CBAM — en leviers de performance, grâce à une meilleure visibilité sur les chaînes de valeur.
3. De la réduction des coûts à la création de valeur : les Achats comme moteur d’innovation
Levier stratégique de création de valeur, la fonction Achats se transforme profondément. Les entreprises les plus performantes ne se contentent plus de réduire les coûts ; elles mobilisent les Achats pour stimuler la croissance, améliorer la qualité des produits et favoriser l’innovation.
L’innovation fournisseurs devient un levier stratégique majeur. Les Achats identifient de nouvelles technologies, explorent des matériaux innovants, structurent des partenariats de co-développement et impliquent les fournisseurs dès les phases amont de conception. Cette capacité à mobiliser l’écosystème fournisseur permet d’accélérer le time-to-market et de différencier l’offre.
L’intelligence artificielle amplifie cette transformation, permettant notamment de détecter des opportunités qui n’auraient pu l’être dans le passé : rationalisation des spécifications, optimisation des designs, analyse avancée des coûts et amélioration continue de la qualité.
Les Achats, une fonction stratégique au cœur de la transformation des entreprises
En 2026, les directions Achats s’affirment comme un véritable levier stratégique, bien au-delà de la seule maîtrise des coûts. Elles orchestrent des écosystèmes complexes, renforcent la résilience des chaînes d’approvisionnement et exploitent le potentiel de l’IA pour créer de la valeur durable.
Cette évolution s’accompagne d’une transformation profonde des compétences : pilotage des écosystèmes, maîtrise de la donnée, intégration des enjeux de durabilité, de qualité et de risques. Les directeurs Achats endossent un rôle de plus en plus stratégique, à la croisée des décisions opérationnelles et de la vision long terme de l’entreprise.
Dans un environnement incertain, les organisations qui investissent dès aujourd’hui dans des Achats performants, innovants et résilients seront les mieux armées pour transformer l’incertitude en avantage compétitif durable.