Parité hommes-femmes dans les filières scientifiques : un pari d’avenir

S’il est un secteur où l’égalité entre hommes et femmes est loin d’être effective, c’est bien le numérique et plus largement les filières scientifiques. Pourtant les initiatives ne manquent pas. Et pour le bien de l'économie, elles doivent aboutir.

Le constat reste désespérément le même : une sorte de déterminisme implacable, où dès l’âge de 15 ans se dessine la perspective d’un choix d’orientation genré. Les filles ne représentaient que 25% des lycéens inscrits en première technologique en 2015. Pire encore, dans l’enseignement supérieur, seulement 7 % de jeunes femmes étaient inscrites en BTS informatique tandis que pour les licences, masters et doctorats de sciences et technologies, le pourcentage d'étudiantes s'est effondré de 3 points passant de 28 à 25% entre 2010 et 2015. Même constat alarmant dans les médiatiques écoles du numérique qui peinent à attirer plus de 5 à 10% de femmes !  

Soyons clairs. Comment la science et plus largement l’économie peuvent-elles continuer à se priver du potentiel scientifique de plus de la moitié de la population mondiale ?

L’égalité hommes-femmes dans les filières scientifiques est aujourd’hui une nécessité portée par les besoins de la nouvelle économie.C’est une quasi-certitude, les études sur le sujet convergent : entre 60% et 85% des métiers qui recruteront en 2030 n'existent pas encore et naîtront de cette dynamique effrénée de digitalisation du travail. Contrairement aux idées reçues, robotisation et intelligence artificielle vont redonner au travail sa vraie valeur. L’augmentation de l’Homme par la machine est indissociable de l’augmentation de la machine par l’Homme.

Les nouvelles technologies progressant à grande vitesse, elles donnent le tempo à l’économie et aux entreprises qui doivent s’adapter de plus en plus rapidement. Conséquence immédiate : le secteur informatique, dont le taux de recrutement est trois fois plus élevé que dans les autres secteurs selon Pôle emploi, est le domaine qui invente le plus de nouveaux métiers.

Le monde est tech ! Sous la bannière de la FrenchTech, les start-up impulsent l'innovation dans tous les secteurs d’activité, la santé (Medtech), les technologies vertes (Cleantech), les biotechnologies (Biotech), la finance (Fintech et Insurtech) et même le secteur juridique réputé conservateur voit l’émergence de la Legaltech !

L’impact du numérique transforme des pans entiers de l’économie, le mot ubérisation est devenu un quasi-lieu commun. Le constat est le même dans de nombreux secteurs, l’hôtellerie avec des acteurs comme Airbnb, le transport avec BlaBlaCar, la banque, etc. Si le consommateur s’y retrouve, les conséquences de cette digitalisation de l’économie sont loin d’être neutres : une vacance de 900 000 emplois en Europe dans les années à venir selon la Commission européenne.

Dans ces conditions, l’avenir professionnel de chacun et l’avenir économique de notre pays passent par le développement de la qualification professionnelle et la promotion de la filière numérique auprès des jeunes (filles en tête) et ce dès le plus jeune âge. A ce titre, notre projet pilote en Rhône-Alpes Global Problem Solvers, au travers d’une série de dessins animés mettant en scène des supers héros, contribue à cette démystification de la filière numérique en invitant les collégiens à la réflexion, avec l’objectif de faire bouger les lignes et de changer leur regard sur ces nouveaux métiers.

Dans ce contexte de transformation radicale, les jeunes, quel que soit leur sexe, n’ont d’autre choix que celui de se former pour obtenir leur "pass tech", sésame qui leur ouvrira les portes du marché de l’emploi et l’accès à ses nouveaux métiers.

L’économie française se doit d’accompagner l’ensemble de ses actifs et futurs actifs à sa transformation si elle veut rester compétitive dans un contexte d’accélération constante et internationale. Cela passe par une nécessaire sensibilisation et formation des plus jeunes, à commencer par les filles, à la culture numérique et aux filières scientifiques. Car il reste encore beaucoup à faire pour qu’hommes et femmes puissent se projeter sur un même pied d’égalité dans des carrières scientifiques et technologiques.

Notre pays ne peut plus attendre : les besoins de sa nouvelle économie sont grandissants et inégalés. Et c’est à toutes et à tous que nous devons faire appel pour réussir !

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