Start-up : où sont les femmes dirigeantes ?

13% des start-up françaises ayant levé des fonds en 2016 étaient dirigées par des femmes. Cette proportion, déjà faible, est en légère baisse par rapport à l’année précédente où elle s'élevait à 15%.

Le manque de représentativité des femmes dans le monde des start-up est indéniable. Pourtant il apparaît que la présence de femmes dans les instances dirigeantes des start-up favorise leur succès révèle notamment une étude Dow Jones menée auprès de 20 000 décideurs. Les investisseurs devraient-ils être plus attentifs à la composition des comités de direction, en particulier à la présence ou non de femmes à la direction générale ? Et à quelles compétences devraient-ils plus prêter attention ? Cela ne fait aucun doute.

Des compétences managériales au prisme de l’intelligence émotionnelle

Face aux challenges auxquels le chef d'entreprise est en permanence confronté, le fait d'être une femme ou un homme n'a que peu d'importance. Les qualités premières qui lui sont demandées restent de définir une stratégie, de la mettre en œuvre et de savoir s’adapter aux évolutions du marché. 

Mais le management au féminin semble apporter une autre dimension aux start-ups. Les femmes abordent l'entreprise et sa gestion différemment avec un regard souvent plus pragmatique en matière de finance et leur attention est davantage portée sur les relations humaines. McKinsey et la NASA ont réalisé différentes études sur les compétences managériales des femmes, elles montrent que ces dernières sont particulièrement douées pour définir clairement les responsabilités et pour coacher les collaborateurs. Elles apparaissent ainsi plus à même de valoriser la ressource humaine.

Le management au féminin est fortement marqué par la capacité à se remettre en question et à accepter que le savoir puisse venir d’un tiers. Les femmes savent mettre en commun les expertises et connaissances pour en tirer une vision. Elles favorisent l’écoute, l’échange et l’accompagnement de la parole pour compléter leur analyse des situations et finalement trancher en ayant rassemblé le maximum d’informations de toutes les sources expertes. Endurantes, les entrepreneuses savent être résilientes quand il le faut et gérer les événements les uns après les autres pour surmonter les problèmes de façon cohérente. cela leur permet en général de prendre des décisions dans une démarche d’analyse plus froide. Elles savent également rester à l’écoute des signaux faibles et les intégrer à leur stratégie.

Cette approche dénuée d’ego facilite les relations avec investisseurs et abolit les rapports de force, ce qui garantit des échanges plus constructifs. Il devient plus simple de faire passer les messages et d’adresser les demandes.

Transmettre les valeurs

Les créatrices d’entreprises sont attachées à la culture d’entreprise et entendent donner du sens à leur projet et rester en cohérence avec leur vision. Mais au travers de l’aventure entrepreneuriale, les femmes cherchent également l’indépendance[4] (pour 49% d’entre elles, contre 45% des hommes) et la possibilité d’organiser leur temps de travail (34% contre 19% des hommes) pour faire coexister leur sphère professionnelle et leur vie privée. Ce qui est assez paradoxal car on pourrait penser qu’il est plus simple de s’organiser lorsque l’on a un poste bien défini avec des missions attendues, là où la réalité du dirigeant est synonyme d’imprévus quotidiens. Mais il apparaît que, même si pour 52% des français concilier projet d’entreprise et vie familiale apparaît plus facile pour les hommes, les femmes savent garder le cap, être en cohérence avec leurs priorités et fédérer leurs équipes autour d’un projet commun.(Source : Baromètre Envie d’entreprendre idinvest Partners et Le Figaro Economie)

La place des femmes dans les directions et particulièrement au sein des start-up est amené à évoluer : pour 72% des Français, la part des femmes créant des entreprises sera « de plus en plus importante » dans les vingt ans à venir. 69% pensent même que les mentalités et la place des femmes ont déjà évolué et continueront d’évoluer dans la société et au travail. Mais au-delà de la discrimination positive, qui pourrait tendre à desservir le message, c’est un changement de mentalité profond que l’ensemble des intervenants de l’entrepreneuriat doit envisager pour que la situation évolue. Car quand on veut on peut, que l’on soit un homme ou une femme !

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