Pour un écosystème de la connaissance et de l’innovation

Indiciblement, en à peine deux décennies, notre monde s’est radicalement transformé. D’une économie de la production, héritée d’un 20ème siècle "productiviste", nous sommes entrés dans une économie de la connaissance.

Alors qu’en 2000, le top 10 des capitalisations boursières se composait essentiellement de banques et de compagnies pétrolières, ce même classement renvoie aujourd’hui à une toute autre réalité. Les Apple, Google, Facebook et autres Alibaba sont le reflet d’un monde désormais profondément digitalisé, où une large part de la création de valeur repose sur l’intelligence et la créativité des hommes ; sur une exploitation réinventée, révolutionnée de la connaissance : big data, intelligence artificielle, etc. 

Si l’omniprésence des GAFA parmi ces nouveaux "maîtres du monde" interroge et confirme l’avance que les États-Unis semblent avoir dans ce nouvel environnement, un regard plus attentif révèle une réalité plus multipolaire et des perspectives plus encourageantes. La Corée du Sud, pays de 50 millions d’habitants, n’est-elle pas à la pointe de cette révolution ? Ne fait-elle pas figure d’exemple avec ses 4,2 % de son PIB consacrés à la R&D ?

Dans ce contexte, la France ne manque pas non plus d’atouts. Avec 2,3 % de son PIB consacrés à la recherche et développement, elle figure même parmi les bons élèves. Pourtant, plus qu’ailleurs, de nombreux freins, culturels et systémiques, rendent compliqué le passage de la recherche vers le monde de l’entreprise, les échanges entre les chercheurs et les entrepreneurs. Nos chercheurs, universitaires inventent mais le fruit de leur travail se retrouve trop souvent valorisé par d’autres, hors de nos frontières. Pour paraphraser un slogan publicitaire, "en France on n’a pas de pétrole mais on a des idées", de la connaissance. Reste à trouver un moyen pour mieux la valoriser. L’occasion d’appeler à mettre bas ce mur qui, trop souvent, et pas seulement chez nous, empêche business et recherche de se parler et de s’enrichir mutuellement.

Trois barrières à lever

Comme l’affirme le scientifique Franck Zal : "l’innovation nait de l’interface des sciences". Or, si les choses fonctionnent naturellement assez bien entre laboratoires publics et universitaires, à l’échelle nationale comme internationale, la situation reste beaucoup plus compliquée avec le monde de l’entreprise. Une situation qu’on ne peut accepter quand on sait le poids de la recherche sur l’avenir de l’humanité. Bien sûr, ces deux mondes coexistent déjà. Sur les 1 900 milliards de dollars investis chaque année en R&D, environ 134 milliards le sont de façon externalisée.

Mais, pour faciliter les échanges et faire émerger cet écosystème de la connaissance que nous appelons de nos vœux, il nous faut désormais franchir trois obstacles majeurs. Surmonter d’abord cette barrière de la langue qui existe et freine considérablement le dialogue entre le monde de la recherche et celui du business. Rapprocher ensuite le temps de la recherche, souvent ralenti par des lourdeurs administratives et réglementaires, de celui de l’entreprise, celui du "time is money". Enfin, se libérer de cette barrière "spatiale" qui maintient séparées des disciplines qui auraient pourtant tout à gagner d’une vision transdisciplinaire.

En outre, en France comme ailleurs, évitons de séparer la recherche fondamentale de la recherche appliquée. Évitons de séparer voire d’opposer la connaissance et la création de valeur.

Se connecter pour collaborer et innover

Plus de 60 milliards de dollars (source UNESCO) sont dépensés chaque année dans notre pays pour la R&D. 60 % par les entreprises, 22 % par les universités et 13 % par les pouvoirs publics. Pourtant, le lien entre le public et le monde de l’entreprise reste trop peut vivace. Pour preuve, alors que la France abrite des milliers de laboratoires et de chercheurs, les passerelles entre les deux (loi Allègre de 1997) restent peu fréquentées. En près de vingt ans, moins de 2 000 chercheurs du public se sont risqués à créer leur entreprise pour développer, concrétiser leurs travaux. Une situation que les pouvoirs publics ont bien identifiée et cherchent à corriger comme le montre le rapport Beylat-Tambourin en 2017.

Pourtant, comme souvent, l’état ne peut pas tout. Il est donc temps de créer les conditions de cette collaboration que nous appelons tous de nos vœux. Entreprises et universités, chercheurs et ingénieurs, Français et étrangers, laboratoires publics et privés, grandes entreprises et PME, souvent démunies face à ces enjeux. Car, nous disposons de toutes les clés pour faire émerger cet écosystème de la connaissance fondé sur la collaboration ; sur un échange transparent et valorisant pour le monde de la recherche comme celui de l’entreprise.

 C’est de cette conviction qu’est né Connecty. Un projet largement soutenu par la communauté scientifique et les entreprises, en France comme à l’international. Une plateforme en ligne, place de marché où chercheurs , laboratoires vont pouvoir rendre accessible et valoriser leurs travaux ; où les entreprises vont trouver des réponses, des experts pour avancer et pérenniser leur activité ; élargir leurs perspectives et leurs visions. Une plateforme où la valorisation de la connaissance sera d’abord l’objet d’un échange entre les parties. Une plateforme, mue par l’intelligence artificielle, pour changer de modèle et rapprocher le monde de la recherche et celui du business. Une plateforme d’échange, de partage et de collaboration conçue par et pour des professionnels de la recherche et de l’innovation. En somme, un véritable écosystème de la connaissance.

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