Le manque de compétences informatiques freine l’activité des PME

Une étude signée Konica Minolta – Opinium met en relation la difficulté des PME à recruter des talents digitaux et leur retard en transformation numérique.

"Une augmentation des coûts, une baisse de productivité et une moindre qualité du travail", voici les trois principales conséquences que les problèmes informatiques ont sur l’activité d’une PME. La société de services informatiques japonaise Konica Minolta et le cabinet d’étude Opinium ont enquêté en août 2018 sur les soucis informatiques rencontrés par les PME françaises, allemandes, anglaises et américaines. La constatation sans appel : "Ces problèmes quotidiens freinent gravement la réussite de ces entreprises." Matériel défectueux, problème d’administration informatiques, logiciels obsolètes, mauvaise connectivité internet ou encore risques de sécurité informatique… les PME perdraient plus de 15 heures tous les mois à résoudre ces bugs. La source du problème ? La difficulté à recruter du personnel qualifié : 57% des chefs d’entreprise sondés expriment des difficultés à recruter les bons profils, allié à un manque de compétences en interne.

Une mauvaise réputation dès les bancs de l’école

En France, cette difficulté de recrutement ne touche pas uniquement les petites entreprises mais l’ensemble des sociétés. Selon le baromètre 2018 People in Tech, 60% des entreprises éprouvent des difficultés à recruter des profils spécialisés dans le numérique. Ainsi, le secteur de l’informatique a recruté 13 000 professionnels en 2017 selon Tech In France, et le même nombre d’offres d’emploi serait à pourvoir en 2018.

Mais pourquoi ces profils sont-ils si rares ? En septembre 2018, à l’occasion de la journée mondiale des programmeurs et développeurs informatiques, l’institut de sondage YouGov et l’éditeur de logiciels CA Technologies ont enquêté sur la vision que les jeunes Français avaient de ces métiers. Résultat : une majorité (84%) a déjà "entendu parler" de ces professions, mais seuls 26% affirment la connaître "parfaitement". Facteur aggravant, la disparité entre hommes et femmes dans le secteur numérique se remarque dès le plus jeune âge : seules 15% des jeunes femmes connaissent parfaitement le métier contre 38% de leurs homologues masculins.

L’informatique est donc reconnu dès le plus jeune âge comme un domaine très masculin, et, qui plus est, très peu attrayant. Il ne ferait "vraiment rêver" que 8% des moins de 30 ans et "plutôt rêver" environ 21% des millennials. La grande majorité de la génération Y, soit 58 % des jeunes Français, n’est pas du tout attirée par ce secteur.

L’informatique : le secteur le mieux rétribué en France

Pourtant, choisir ce métier est actuellement une garantie contre le chômage : les dirigeants sont prêts à mettre les moyens pour trouver la perle rare. D’après le baromètre trimestriel réalisé par Bpifrance le Lab et l’institut économique Coe-Rexecode, publié en mai 2018, plus de la moitié des PME françaises (55%) ont décidé de modifier leurs processus de recrutement et un quart sont prêtes à augmenter les salaires.

En effet, pour attirer les talents, les entreprises n’ont d’autres choix que de se livrer une guerre des salaires en proposant une rémunération toujours plus importante aux candidats. Ainsi, le site de recrutement dédié au digital, Lesjeudis, a élaboré (entre mai 2017 et mai 2018) une grille des salaires dans ce domaine. C’est le métier de développeur qui est le plus recherché par les entreprises totalisant un tiers des mises en ligne. Celui de Lead web développeur, qui allie les capacités techniques et managériales, est le mieux rétribué avec un salaire brut annuel compris entre 57 500 € et 65 000 €.

Un manque de budget des PME

La France manque donc cruellement de développeurs informatiques et ce sont les PME qui en font les frais puisqu’elles n’ont pas les mêmes moyens financiers que les grands groupes. Le manque de moyens financiers est d’ailleurs une des principales causes du retard de digitalisation des petites entreprises. Selon notre étude fil rouge Konica Minolta / Opinium, seules 16% des PME françaises ont l’intention d’adopter une infrastructure Cloud au cours des trois prochaines années. Pour celles qui ne l’envisagent pas, le budget indisponible est la raison la plus évoquée (29%).  

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