On le sait depuis des décennies : bouger est bon pour la santé. Et plus encore que l'intensité, c'est la régularité qui compte. Mais parmi tous les sports possibles, l'un d'entre eux se détache assez nettement dans les études récentes, depuis 2019, pour ses divers bienfaits.
Et une revue scientifique, publiée en juillet, vient de confirmer cette bonne réputation. Après avoir analysé 3 915 articles et retenu 17 études menées dans 11 pays entre 2007 et 2019, les auteurs concluent que la natation présente des bénéfices prometteurs pour le fonctionnement cognitif des personnes âgées, qu'elles soient atteintes ou non de troubles cognitifs. Six études différentes rapportent une amélioration significative des fonctions cognitives associée à la pratique de la natation.
Les mécanismes identifiés sont multiples. Contrairement aux exercices terrestres où la gravité crée des variations importantes du flux sanguin, l'eau exerce une pression sur le corps qui aide à repousser le sang des membres vers le cœur et le cerveau. Par ailleurs, les brèves périodes d'apnée imposées par la nage élèvent temporairement le taux de dioxyde de carbone, ce qui stimule le tronc cérébral.
Ce double effet, combiné à la position horizontale du corps, crée un environnement optimal pour irriguer les neurones en oxygène et en nutriments. Les bénéfices physiologiques sont les plus régulièrement observés : amélioration de la capacité cardiorespiratoire mesurée par le VO2 max, renforcement musculaire et gain de force de préhension.
Sur le plan psychologique, les résultats sont encore plus encourageants. Deux essais et deux études rapportent des améliorations significatives de l'anxiété et de la dépression chez les nageurs réguliers. Chez les personnes âgées atteintes de démence, la fréquence des symptômes comportementaux passe à zéro après un programme aquatique encadré.
La natation présente, par ailleurs, un avantage supplémentaire : un faible impact articulaire. Les risques de blessure sont donc largement limités.
Les auteurs des deux études appellent toutefois à la prudence. Les échantillons restent modestes, les protocoles varient d'une recherche à l'autre et des essais cliniques de plus grande envergure sont nécessaires pour déterminer la durée, la fréquence et l'intensité optimales. Mais le signal est clair : parmi toutes les activités physiques disponibles, la natation occupe une place de choix pour la santé cérébrale, à condition de s'y adonner régulièrement. Ainsi, vingt minutes de brasse modérée, quelques fois par semaine, pourraient bien constituer l'une des meilleures assurances contre le déclin cognitif.