Imaginez rentrer chez vous avec votre famille après une longue absence et ne pas pouvoir regagner votre logement car des personnes l'occupent sans autorisation. C'est la mésaventure vécue par Jimmy L., un père de famille français habitant de Bergerac. Mais face à la menace de se retrouver à la rue avec sa fille pendant plusieurs jours et devant la lenteur des procédures habituelles, il a trouvé une parade redoutable, pacifique et particulièrement astucieuse : passer un simple coup de téléphone.
Pour faire fuir les occupants (d'anciens locataires qui malgré la fin du bail refusaient de partir), cet homme n'a utilisé ni la force physique, ni les insultes. Il a simplement tiré parti des fonctionnalités modernes de son compteur communicant Linky. En appelant son fournisseur d'électricité pour modifier les options de son contrat — toujours enregistré à son nom —, il a demandé une réduction drastique de la puissance souscrite, la faisant abaisser au seuil minimal : 1 kVA, soit environ 1 000 Watts.
Techniquement, à distance et en quelques secondes à peine, la situation quotidienne des indésirables a basculé. Avec une puissance si faible, impossible d'allumer un chauffage en hiver, de faire chauffer de l'eau, de cuisiner sur des plaques ou de lancer une machine à laver. La moindre tentative d'utiliser un appareil énergivore fait immédiatement disjoncter toute l'installation. Tout juste reste-t-il assez d'électricité pour recharger un téléphone portable ou garder une ampoule allumée. Le confort moderne de la maison s'est évaporé d'un instant à l'autre.
En rendant le logement rapidement invivable sans pour autant procéder à une coupure sèche totale — un acte très lourdement sanctionné —, le propriétaire a poussé les occupants vers la sortie en usant d'inconfort et de pression psychologique. Il est même allé jusqu'à réintégrer les lieux pour cohabiter temporairement avec eux, achevant de briser leur résistance par épuisement.
Si cette méthode a porté ses fruits sans débordement, elle expose cepndant son auteur à un risque judiciaire. Certes, la loi du 27 juillet 2023 durcit les peines contre le squat (jusqu'à 3 ans de prison et 45 000 € d'amende). Mais se faire justice soi-même reste très encadré : L'article 226-4-2 du code pénal punit de 3 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende le fait de forcer un tiers à quitter le lieu qu'il habite, sans avoir obtenu le concours de l'État, à l'aide de manœuvres, menaces, voies de fait ou contraintes.Pour ce père de famille, la ruse du bridage Linky aura toutefois permis de dénouer un drame en un temps record : la preuve qu'un simple coup de fil peut parfois s'avérer bien plus efficace que de longs discours.