Cet avocat met en garde : ces 6 signes montrent que votre patron prépare votre dossier de licenciement

Cet avocat met en garde : ces 6 signes montrent que votre patron prépare votre dossier de licenciement Les salariés peinent parfois à détecter ces signaux qui ne sont pourtant pas anodins en matière de licenciement. Découvrez la conduite à tenir pour assurer votre défense.

L'ambiance au bureau se détériore ? La relation avec votre patron se complexifie ? Derrière ces interrogations, un mal plus profond peut se cacher : le licenciement. Un salarié est rarement licencié du jour au lendemain. C'est généralement la conséquence d'un processus assez long. Le JDN s'est entretenu avec Anthony Coursaget, avocat en droit du travail. Le professionnel confie que certains signes ne trompent pas et dévoile la conduite à tenir.

"L'un des premiers signes est la communication. Si elle était verbale et que l'employeur commence à envoyer des mails, cela signifie qu'il prépare son dossier. Un mail laisse une trace exploitable", débute l'avocat. Dans ce cas, il conseille aux salariés de répondre le plus factuellement possible aux courriels. Cela permet de constituer votre dossier de défense avec des mails qui seront opposables à ceux de votre patron.

Au-delà d'un changement de communication, Anthony Coursaget alerte sur une modification plus globale du comportement du manager. "S'il se met à devenir très procédural, à demander plus de travail, à mettre plus de pression et à créer un contexte anxiogène, il faut se méfier". Pour assurer sa défense, il faut faire un compte-rendu de chaque élément et faire un mail d'alerte lorsque la situation devient trop compliquée.

Autre signe : vous subissez des reproches pour des faits habituels, alors qu'on ne vous avait jamais rien dit là-dessus. On vous explique comment faire une mission que vous pensiez effectuer convenablement depuis plusieurs semaines par exemple. "L'employeur cherche à créer un passif négatif et à alimenter un dossier disciplinaire. Un salarié doit alors demander un maximum de détails et de précisions et factualiser au maximum", préconise l'avocat.

Une telle attitude peut alimenter un engrenage qui mène à un autre indice vers le licenciement : le retrait de responsabilités. Si on vous retire des missions sans raison apparente et qu'on réorganise l'activité sans vous, soyez vigilants. "Là encore, il faut tracer, poser des questions. Demander pourquoi on ne participe plus et surtout tout noter par écrit pour avoir des traces", recommande Anthony Coursaget. Tous ces éléments sont exploitables au moment d'une éventuelle défense.

Enfin, la période des entretiens annuels peut déclencher d'autres signes révélateurs. D'abord sur l'évaluation. "Si votre bilan qui était toujours dans le vert devient subitement mauvais, c'est un indicateur. Il faut alors demander des exemples précis et chercher à objectiver la performance pour que ce ne soit pas du ressenti. Et si vous n'êtes pas d'accord, ne signez pas l'entretien car rien ne vous y oblige", note l'avocat.

L'ultime signal qui peut être envoyé lors d'un entretien annuel est la mise en place des objectifs. "S'ils sont trop élevés d'un coup et qu'ils deviennent inatteignables, il faut demander pourquoi. L'employeur doit justifier pourquoi il les estime réalisables", conclut Anthony Coursaget. Des objectifs trop hauts sont souvent signes que l'employeur veut créer des conditions difficiles qui faciliteront un futur licenciement. Peu importe le signe perçu, le premier réflexe est toujours de laisser des traces écrites pour faciliter une éventuelle défense.