Salaires en 2030 : le grand bond en avant des pays émergents

Salaires en 2030 : le grand bond en avant des pays émergents En moins de 20 ans, les salaires bruts chinois auront été multipliés par quatre. Ceux des Français par 1,3.

Et si la question du "coût du travail" se posait davantage dans les puissances émergentes que dans la vieille Europe ? L'interrogation peut étonner à une époque où les écarts de salaires sont tels qu'ils entraînent des délocalisations. Mais voilà, la situation est appelée à évoluer radicalement.

Dans les années à venir, les rémunérations augmenteront bien plus rapidement dans les pays du Sud qu'en Amérique du Nord ou en Europe. Le niveau des premiers se rapprochera donc de celui des seconds. C'est la conclusion de l'étude prospective sur les salaires dans le monde en 2030 menée par PwC.

 

Chart: Salaires dans le monde en 2011 et 2030 (en $)Description: Salaires dans la monde en 2011 et 2030 (en $)Tags: Author: JDNcharts powered by iCharts

Première explication de l'augmentation des salaires dans les pays en développement : la hausse anticipée de la productivité du travail dans ces pays. "Une corrélation forte existe entre le niveau de salaire et celui de la productivité, explique Daniel Giffard-Bouvier, associé chez PwC en charge des RH et de la conduite du changement. Or, les pays émergents disposent de réserves de gains de productivité beaucoup plus importants que les pays matures."

L'autre explication est monétaire. Actuellement, certaines devises, comme le yuan chinois, sont sous-évaluées, ce qui favorise les exportations. Mais cette situation n'est pas tenable à long terme. "L'évolution économique de ces pays va conduire à un ajustement du taux de change de leur monnaie", estime Daniel Giffard-Bouvier. Et, mécaniquement, à une augmentation des salaires en dollars.

 

Chart: Evolution des salaires dans le monde(France = 100)Description: Evolution des salaires dans le monde entre 2011 et 2030 (France en base 100)Tags: charts powered by iCharts

En 2030, les salaires occidentaux, à commencer par ceux en vigueur en France, resteront encore largement supérieurs à ceux en vigueur en Inde, en Malaisie ou au Brésil. Mais la forte réduction du fossé qui les sépare pourrait conduire à modifier profondément le choix des entreprises.

La Chine, pour ne parler que d'elle, ne restera probablement pas l'atelier du monde dans l'hypothèse où ses salaires explosent. En revanche, avec l'augmentation du pouvoir d'achat des travailleurs, elle deviendra un marché de premier plan. Les multinationales y implanteront probablement des commerces et des services et non plus des usines gourmandes en main d'œuvre bon marché.

Et dans les pays développés ? "Aux Etats-Unis, on observe déjà un "onshoring", un mouvement qui consiste à relocaliser certaines activités pour des raisons de proximité avec les consommateurs, de qualité des produits, de logistique" affirme Daniel Giffard-Bouvier. On le voit, le niveau des salaires n'est qu'un élément parmi d'autres de la compétitivité d'un tissu économique. Si jamais les pays en développement perdent cet avantage, les économies occidentales pourraient renforcer leur attractivité.

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