Briller dans les conversations informelles Puis-je contredire ?

Vous êtes à table, la conversation va bon train, menée par un ponte de l'entreprise. Seulement, le point de vue défendu vous paraît absurde et vous bouillez intérieurement. Que faire ? Rester dans votre coin, faire semblant d'approuver ? Non bien sûr, vous allez exprimer calmement et patiemment votre point de vue. Et apporter ainsi des éléments qui viendront enrichir le débat. La forme avec laquelle vous allez exprimer votre désaccord sera particulièrement à soigner. "Une opinion est contestable mais respectable", rappelle Muriel Jouas.

Une façon d'exprimer son point de vue consiste à raconter ses expériences. "En revanche, il ne faut pas chercher à convaincre à tout prix", précise la consultante. Au registre des réactions à éviter : les répliques cinglantes, les petites phrases humiliantes, les apartés avec votre voisin de droite, les ricanements discrets, les bâillements...

 

Dans son ouvrage Comment être brillant dans toutes les situations, Edward de Bono explique qu'être entièrement d'accord sur tout apporte une contribution zéro à la conversation. Il met cependant en garde contre deux penchants : vouloir avoir raison à tout prix et contredire frontalement la personne qui parle. Au contraire, vous pouvez profiter d'entendre une opinion différente de la votre pour envisager le sujet sous un angle différent. Essayez de trouver des circonstances dans lesquelles ce que dit votre interlocuteur est valable ou les présupposés qui lui font tenir son raisonnement. Vous pourrez ainsi partir de ce point d'accord pour amener vos nuances ou vos objections. Il est plus simple de dire "c'est peut être vrai dans ce cas, mais je ne pense pas que l'on puisse généraliser car..." que "je ne suis pas du tout d'accord avec ce que vous dites" ou pire "ça n'a aucun sens de penser cela".

 

Dans certains cas, il n'y a qu'une réponse possible à la question débattue. Si votre interlocuteur soutient que Gustave Courbet est un peintre fauviste envers et contre tout alors que vous savez pertinemment que c'est faux, évoquez votre connaissance avec tact, en justifiant votre connaissance (vous avez étudié la peinture, été voir une exposition sur Courbet il y a peu...). Toutefois, si la personne insiste, préférez abdiquer en disant que vous vous trompez peut-être après tout. Gardez toujours en mémoire qu'il ne sert à rien d'avoir raison tout seul. S'il s'agit d'un sujet d'opinion, gardez-vous de propos trop tranchés afin de laisser la place aux autres personnes d'exprimer un avis contraire.