Le Figaro lance son média vidéo interactif Figaro Live

Le Figaro lance son média vidéo interactif Figaro Live Le groupe Figaro-CCM Benchmark investit fortement dans le développement de cette offre qui préfigure selon lui le média vidéo de demain.

Le groupe Figaro-CCM Benchmark (éditeur du JDN) organisait ce lundi 27 mars une conférence de presse pour présenter les contours de sa nouvelle offre vidéo baptisée Figaro Live. Un flux vidéo continu qui sera accessible depuis Lefigaro.fr ainsi que les appli et réseaux sociaux du titre. Pour le directeur de la rédaction du Figaro, Alexis Brézet, ce lancement est "aussi important que celui du site Internet il y a près de 12 ans". Un "work in progress" qui doit jeter les bases du Figaro pour les années à venir. "Il ne s'agit pas de copier ce que font BFM TV ou C News mais d'inventer le successeur de la TV", prévient Bertrand Gié, directeur du digital et des nouveaux médias du groupe.

Le groupe s'est donné les moyens de ses ambitions avec un investissement de près de 7 millions d'euros sur trois ans. A la clé : une rédaction vidéo doublée, portée à 30 collaborateurs, un player vidéo propriétaire et trois nouveaux studios qui viennent s'ajouter à l'existant. "Un pour l'actu chaude, au cœur de la newsroom, un autre modulable de 100 m2 pour les débats et un autre pour les live", détaille Bertrand Gié. De quoi créer, espère-t-il, une véritable caisse de résonance à "l'expertise des 400 journalistes du groupe spécialisés dans près de 80 thématiques".

Un player vidéo qui reprend les codes des Twitch

Le player propriétaire était à en croire Bertrand Gié "un enjeu de souveraineté face à une offre comme celle de Facebook". Un enjeu d'innovation également. "Nous plaçons les internautes au coeur des programmes en faisant d'eux des co-acteurs de l'actualité." Le player permet ainsi d'interroger en direct les internautes et de leur soumettre des questionnaires à choix multiples superposés à l'image vidéo. Il embarque également un chat enrichi par des émoticônes que les internautes pourront envoyer pour exprimer réactions et émotions mais aussi des liens épinglés vers des articles du Figaro.fr qu'ils pourront lire tout en regardant le flux vidéo.

"Nous nous sommes inspirés des dispositifs mis en place dans l'univers du gaming", assume Bertrand Gié. Les live donnent lieu à des vidéos "split-screen" : en haut le flux vidéo live, en bas le flux vidéo du journaliste qui commente et à droite l'espace commentaire. Une mise en scène proche de celle que l'on retrouve sur le site de streaming de jeux-vidéo Twitch.com.

Le groupe teste depuis octobre dernier cette couverture live enrichie et commentée sur certains grands événements d'actualité, diffusés en simultané sur Lefigaro.fr, l'application Figaro et sur la page Facebook du Figaro. "Ce sont près de 676 000 vues sur le site et 246 000 sur Facebook qui ont été générées par le dispositif mis en place à l'occasion de la présidentielle US", chiffre Alexis Brézet.

Côté contenu, Figaro Live s'articule autour de 3 grands rendez-vous d'information quotidiens en direct. "Le brief", un rappel d'actualités de 7 minutes toutes les heures et deux débats quotidiens de 11h00 à 12h00 et de 17h00 à 18h00. "En plateau, des experts du Figaro ou de l'extérieur pourront débattre sur des sujets d'actualité", précise Alexis Brézet. Les premières émissions seront diffusées avant la présidentielle mais aucune date précise n'a encore été arrêtée. 

Alors que le groupe Figaro a fait de gros efforts sur son offre payante en 2016 (il compte aujourd'hui 50 000 abonnés et en vise 70 000 d'ici la fin de l'année), l'offre Figaro Live est complètement gratuite. "Nous misons en priorité sur le sponsoring d'émissions et sur le format mid-roll que Facebook est en train de populariser", confie Bertrand Gié. L'enjeu est de taille.

"Nous espérons franchir le cap des 20 à 25 millions de vues dans les mois à venir"

Car si 2016 a été une bonne année pour le Groupe Figaro avec une hausse de son chiffre d'affaires de 6% (à 550 millions d'euros) et de son résultat de 10% (à 33 millions d'euros), le groupe veut passer la surmultipliée sur le digital. Et il compte pour cela sur la vidéo. Un format qui pèse pour l'instant moins de 5% de son chiffre d'affaires digital grâce à 16 millions de vidéos vues par mois. "Nous espérons franchir le cap des 20 à 25 millions de vues dans les mois à venir", annonce Bertrand Gié. Et tandis que Youtube est touché de plein fouet par des problématiques de "brand safety", les dirigeants du Figaro estime qu'il y a une place à prendre côté annonceurs. "Nous espérons que Figaro Live atteindra l'équilibre dès 2018", explique d'ailleurs le directeur général du groupe, Marc Feuillée.

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