Applis de quiz live : qui va gagner le pactole en France ?

Applis de quiz live : qui va gagner le pactole en France ? Deux Français ont repris à l'américain HQ Trivia la recette de son succès. Des quiz de culture générale présentés en live par un animateur survolté.

Le succès de HQ Trivia, une start-up américaine qui a réinventé au cœur de l'été 2017 le concept de jeu télévisé pour le mobile, a fait des émules en France. Deux acteurs, Quidol et Flashbreak, ambitionnent aujourd'hui de devenir le numéro 1 du jeu télévisé de poche avec leur version pour millennials de "Qui veut gagner des millions ?".

Lancés au premier trimestre 2018, à trois semaines d'intervalle, tous deux ont repris à HQ Trivia la recette de son succès : un rendez-vous quotidien précédé d'un compte à rebours (19h pour Flashbreak et 20h30 pour Quidol) et un présentateur survolté qui propose aux mobinautes de gagner de l'argent après avoir répondu avec succès à une série de questions de culture générale. Tous ceux qui arrivent jusqu'au bout se partagent la somme mise en jeu au début de l'émission (200 euros pour Flashbreak, 1 000 euros pour Quidol).

Un animateur survolté se charge de rendre l'expérience de jeu la plus dynamique possible. © Flashbreak

Derrière Flashbreak, on retrouve un duo d'anciens du fabricant français d'enceintes sans fil haut de gamme Devialet, Romain Salzman et David Jili. Du côté de Quidol, c'est le studio spécialisé dans la création de start-up, Redpill, qui est aux manettes. "Depuis la création de Redpill, nous cherchons à proposer des expériences innovantes et disruptives et ce format vidéo créatif nous semblait particulièrement adapté aux usages mobile grâce au triptyque 'live, vidéo, divertissement'", explique sa présidente Sergine Dupuy.

Côté audience, on est encore loin d'un prime-time TV ou du million d'utilisateurs connectés simultanément à HQ Trivia. Les quiz rassemblent entre 8 000 et 10 000 joueurs par rendez-vous et les deux applications sont dans les bas-fonds de l'App Store. Flashbreak n'est même pas dans le top 1 000 des applications les plus populaires du store français d'Apple alors que Quidol était tout juste 761e. Pas de quoi réfréner les ardeurs des deux concurrents. Flashbreak multiplie les lancements de nouvelles verticales. Un quiz football a lieu tous les week-ends depuis quelques mois. Surtout, l'application s'est adjoint les services d'un ambassadeur de marque, Cyril Hanouna, qui animait courant juin un rendez-vous quotidien, le Darka Quiz, avec des questions de culture générale et 1000 euros à la clé. "Trêve Télé estivale oblige, le rendez-vous est mis en pause mais il sera de retour à la rentrée", assure Romain Salzman.

"Nous nous pencherons sur la monétisation de Flashbreak lorsque nous toucherons entre 100 000 et 200 000 utilisateurs"

Flashbreak a également réalisé une levée de fonds de 1 million d'euros auprès d'Alven Capital et du fonds de Xavier Niel, Kima Ventures. De quoi lui permettre de se concentrer sur le développement de son audience. "Nous nous pencherons sur le volet monétisation que lorsque nous toucherons entre 100 000 et 200 000 utilisateurs", commente Romain Salzman.

Du côté de Quidol, on a choisi de se financer sur fonds propres. Il faut dire que, contrairement à Flashbreak, la start-up expérimente quelques pistes de monétisations. Les utilisateurs peuvent acheter des packs de jokers qui servent à sauter la question ou suivre la majorité des réponses lorsqu'ils sèchent. C'est aujourd'hui la principale source de revenus de l'application. Mais Quidol a déjà approché des marques pour leur proposer de sponsoriser des quiz spéciaux. Compte Nickel en parraine déjà certains. L'animateur en charge présente alors le concept du service bancaire alternatif en tout début d'émission et les joueurs bénéficient d'une offre promotionnelle. "On se rapproche de l'opération spéciale typique du Web et on leur permet de toucher une communauté très engagée de près de 70 000 contacts chaque semaine", précise Sergine Dupuy.

Une bannière pub s'affiche avant un quiz en partenariat avec Compte Nickel. © Capture d'écran Quidol

Quidol s'est également lancé dans l'organisation de quiz de télé-achat permettant d'obtenir 10% de remise à chaque bonne réponse chez un e-commerçant. Un dispositif qui a permis à un fabricant de trottinettes partenaire de déstocker une partie de ses produits. "On discute également avec des entreprises du secteur du voyage ou de la beauté pour sponsoriser des émissions", ajoute Sergine Dupuy. Cette activité publicitaire devrait bientôt devenir majoritaire dans le business de Quidol, assure la présidente de Redpill. Enfin, Quidol planche sur une offre de production all-inclusive à destination du monde de la TV. "Nous finalisons un deal avec un gros media pour une émission similaire en marque blanche où l'on commercialiserait notre savoir-faire en matière de production", précise Sergine Dupuy.

Chez Flashbreak, on est déjà concentré sur l'avenir. Un futur qui pourrait se dessiner… sans quiz. "Ce n'est qu'un format parmi d'autres, répétitif qui plus est et susceptible de lasser assez rapidement, estime Romain Salzman. Nous planchons sur d'autres formats qui réunissent le trio gagnant vidéo, audio et interaction." Flashbreak va dévoiler dans quelques semaines un tout nouveau concept autour du gaming, "tout en gardant cette logique de concours pour fédérer les gens", précise Romain Salzman. Ce nouveau programme sera en langue anglaise et donc proposé au marché américain. "Il était inutile d'aller attaquer HQ Trivia sur son marché tant que nous ne proposions pas quelque chose de différent."

Sergine Dupuy veut elle aussi se diversifier. "Nous voulons créer une nouvelle chaîne de média interactif et ne pas nous cantonner à cette tête de gondole qu'est le quiz de culture générale", confirme-t-elle. L'application a déjà lancé cet été, Quidol Challenge, une version asynchrone, non live, avec des challenges quotidiens et la révélation des gagnants le soir même. La société a par ailleurs lancé une campagne TV étendue sur 15 jours, juste après l'émission "Tout le monde veut prendre sa place" sur France 2. "L'ambition c'est de rentrer dans tous les foyers et donc de toucher des millions de personnes", précise Sergine Dupuy. De quoi permettre à Quidol de viser la rentabilité à la fin de l'année.

Et toujours :

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