1 million de logements vont prendre beaucoup de valeur sans que les propriétaires n'aient à faire quoi que ce soit
La France est un pays majoritairement de propriétaires. Selon les données de l'Insee et de la Direction générale des Finances publiques (DGFIP), 57,4% des ménages français possèdent au moins un bien immobilier, ce qui représente 38 millions de personnes. Tous autant qu'ils sont, ils partagent la même préoccupation : voir leur logement perdre de la valeur.
Pour beaucoup de propriétaires, l'achat d'un bien immobilier permet d'y vivre sans avoir à payer de loyers ou de toucher des revenus locatifs en cas de mise en location du bien. Mais détenir la propriété d'une maison ou d'un appartement est aussi une garantie de sécurité financière. En cas de pépins (dettes, divorce, etc), le propriétaire peut toujours choisir de vendre son bien immobilier afin d'empocher des liquidités relativement rapidement.
Près d'un million de propriétaires vont justement recevoir une bonne nouvelle en ce début d'année 2026. Sans rien faire, ils vont voir la valeur de leur logement augmenter. En cause, une nouvelle réglementation est entrée en vigueur au 1ᵉʳ janvier dernier. Un décret du gouvernement a transformé le système de calcul du diagnostic de performance énergétique (DPE). Cette modification permet à plus de 850 000 logements, encore considérés en 2025 comme des passoires thermiques, de sortir de cette catégorie.

Tous ces biens immobiliers sont des logements chauffés à l'électricité. Ces habitations, qui portaient les notes F ou G correspondant aux deux plus mauvaises classifications du DPE, bénéficient d'une amélioration de leur évaluation pour obtenir la note E, et même la note D dans certaines situations. Cette hausse de valeur intervient sans que les propriétaires des biens aient besoin de réaliser des travaux de rénovation.
Sans rien faire, les propriétaires concernés évitent donc plusieurs sanctions et restrictions. En effet, les logements notés G au DPE sont interdits à la mise en location depuis janvier 2025, tandis que ceux classés F subiront la même interdiction à partir de janvier 2028. Avec une hausse de leur évaluation, les 850 000 logements en question peuvent donc de nouveau être loués depuis cette année.
Au-delà des restrictions locatives, les logements notés F ou G au DPE perdent considérablement en valeur. Selon l'association des notaires de France, un logement considéré comme une passoire thermique voit son prix chuter entre 15% et 20%, en comparaison avec un logement ayant reçu la note D. Conséquence, les 850 000 biens immobiliers qui profitent du nouveau calcul du DPE vont gagner en moyenne entre 18% et 25% de valeur. Ainsi, un appartement dont l'estimation s'élève à 100 000 euros pourra être vendu cette année entre 118 000 et 125 000 euros.
La modification du calcul du DPE repose sur un ajustement du coefficient de conversion de l'électricité, utilisé pour déterminer la consommation énergétique du logement. Ce coefficient est passé au 1ᵉʳ janvier 2026 de 1,9 à 2,3 points. En clair, l'utilisation de l'électricité est mieux valorisée qu'auparavant.
Cette révision du DPE ne constitue pas une première en France. Déjà en 2025, une loi avait déjà apporté des modifications au système de calcul du DPE concernant les logements dont la surface est inférieure à 40 mètres carrés. Ce changement avait alors amélioré la note au DPE de 220 000 logements.