Presse quotidienne : le print et la publicité plombent, mais les ventes sur le digital et la diversification progressent

Presse quotidienne : le print et la publicité plombent, mais les ventes sur le digital et la diversification progressent Les détails des recettes de 65 éditeurs français montrent le long chemin qui reste à parcourir pour équilibrer les finances de ce secteur.

La presse quotidienne française n’est pas si dépendante que cela de la publicité. Son gros talon d’Achille est ailleurs, dans sa dépendance à l’imprimé, un canal structurellement baissier. Rien que 87% des revenus issus des ventes au numéro et des abonnements sont assurés par le print. Quand on sait que, dans un panel très représentatif du secteur, les trois quarts des revenus des éditeurs de presse quotidienne sont assurés par les ventes au numéro et par les abonnements, on comprend mieux l’enjeu que la transition digitale représente pour eux. Dans les détails, c’est bien la presse quotidienne régionale et départementale (PQRD) qui est la plus dépendante des revenus print, à 92%, la presse quotidienne nationale (PQN) se montrant plus résiliente, avec 71% de son chiffre de ventes issus du papier.

Ces données sortent du dernier Panorama des chiffres d’affaires que l’Alliance de la presse d’information générale (Alliance) a diffusé à ses membres en toute fin d’année. Elles sont déclarées par 17 titres de la PQN et 48 de la PQRD prenant part au panel de l’Alliance et reflètent la situation en 2024 comparée à 2023.

Cela ne veut pas dire que la baisse de la publicité, observée ces quatre dernières années sans répit,  n’affecte pas les médias, bien au contraire : elle aide à enfoncer le clou déjà planté par la baisse des recettes avec la vente print. Le panel de l’Alliance est très révélateur : au global, PQN et PQRD additionnées, les éditeurs finissent 2024 avec une chiffre d’affaires global en recul de 0,8% malgré des recettes avec les ventes en légère hausse (de 0,6%) portées par la vente au numéro dans un contexte de forte actualité. Les recettes publicitaires ont quant à elles marqué un retrait de 4,4% comparé à 2023.

Le panorama de l’Alliance a également l’intérêt de montrer la dynamique du digital. Les recettes avec les ventes et les abonnements numériques sont au vert partout : dans la PQRD (+15,1%) et dans la PQN (+6,6%). La publicité digitale aussi était en forte hausse en 2024 (grâce notamment à l’embellie des JO) : de 11,7% pour la PQN, de 9,3% pour la PQRD. Le poids du digital dans les recettes publicitaires reste cependant minoritaire : 30% pour la PQN, 19% pour la PQR.

A noter les belles performances de l ’événementiel et la diversification, avec des recettes en hausse de 19,8% pour la PQN et un très gros +59,5% pour la PQR. Des gouttes d’eau dans l’océan cependant, car dans la moyenne du panel analysé, ces activités pèsent peu: 6% en PQRD, 2% en PQN.

Le chiffre d’affaires en recul sur 4 ans

La PQN a essuyé en 2024 des baisses aussi bien en ventes (-0,7%) qu’en pub (-4,9%), terminant l’année avec un recul plus marqué, de -2% comparé à 2023. On apprend que sur cette catégorie, les ventes perdent du terrain vis-à-vis de la publicité, qui elle-même est en baisse. Entre 2021 et 2024, le chiffre d’affaires de la PQN a reculé de 4,8%.

La PQRD a quant à elle réussi une année 2024 quasi stable (-0,3%), avec des recettes de ventes en hausse de 1,1% (changeant la dynamique baissière de 2023/2022) et des recettes publicitaires en recul de 4,3%.

Le chiffre d’affaires de la PQRD a baissé de 3,6% en 4 ans. La répartition ventes/publicité reste quant à elle stable selon l’Alliance.