Xavier Leune (Alke Tech) "Alke Analytics montre à l'éditeur les revenus générés par canal d'acquisition, article par article"

Déployé chez deux éditeurs français, la solution fait remonter directement sur l'analytics les informations de l'ad server.

JDN. Plusieurs éditeurs français testent actuellement Alke Analytics, la solution que vous avez mise au point et dont la promesse est de relier l’analytics aux performances publicitaires…

Xavier Leune. Les médias ne disposent pas d’outils leur permettant de piloter leurs revenus. Quel canal d’acquisition (social, newsletter, payant…), quel emplacement, quelle page sur quel créneau horaire apporte le plus de revenus ? Les éditeurs ne sont pas dans la capacité de répondre à ces questions et travaillent à l’aveugle. Un article peut pourtant cartonner en audience sans pour autant contribuer au chiffre d’affaires !

C’est pour leur permettre de faire le lien entre leur connaissance sur leurs audiences, leur web performance et les revenus obtenus par leur régie que nous avons conçu Alke Analytics. C’est la seule solution d’analytics du marché qui livre, article par article, les revenus générés par canal d’acquisition. Et vous pouvez croiser cette information avec toutes les dimensions habituelles de l’analytics. Nous faisons remonter également la visibilité, le nombre d’impressions et le taux de clics de l’inventaire, le tout classé selon le canal de monétisation, programmatique et gré à gré).

Concrètement quel type de décision ces informations permettent-elles de prendre ?

Le revenu par mille impressions (RPM) n’est pas corrélé uniquement au volume d’audience. Le canal d’acquisition, la fidélité du lecteur, le device utilisé, l’heure de la consultation, etc. sont autant de signaux analysés par les algorithmes des plateformes publicitaires (DSP ou plateformes de curation) pour enchérir sur ces inventaires. Or, tous ces signaux ne sont pas mis à disposition des éditeurs pour leur permettre de piloter, par exemple, leurs prix planchers ou leur stratégie d’acquisition de trafic. Aujourd’hui pas un seul éditeur n’est capable de calculer le ROI des audiences qu’il achète.

Avec ces informations à leur disposition, les éditeurs peuvent avoir intérêt à tester l’augmentation du prix plancher des inventaires les plus valorisés par les plateformes d’achat, à donner priorité aux canaux d’acquisition qui génèrent le plus de revenus ou bien à renforcer la pression publicitaire sur les articles qui fonctionnent bien. Ils peuvent également décider de renforcer la production éditoriale sur les verticales qui marchent le mieux.

Comment arrivez-vous à établir ce lien pour eux ?

En récupérant les journaux détaillés de Google Ad Manager, principal ad server et SSP du marché, qui package et optimise tous ces signaux à l’attention des acheteurs sur les DSP. Le plus dur consiste à réussir à faire le lien entre ces logs et les données d’audience des éditeurs. Il fallait que l’outil soit conçu pour cela.

Votre ambition n’est autre que de convaincre les éditeurs à adopter Alke Analytics en lieu et place d’outils tels que GA4 ou Piano…

Oui, tout à fait. Nous avons un élément différenciant majeur : notre outil d‘analytics a été conçu pour établir le lien entre les données analytics et celles de l’ad server. Ce n’est pas le cas des autres outils du marché. A noter qu’Alke Analytics respecte les engagements de la Cnil selon le cadre de l’auto-évaluation, l’outil est par conséquent exempté de consentement, ce qui est stratégique pour les éditeurs.

Où en est Alke Tech de ses discussions avec les éditeurs ?

Notre solution est déployée chez deux médias français, dont un depuis un an. Nous sommes en discussions avancées avec trois autres importants groupes médias.