Comment apparaître sur les "meilleures listes" de ChatGPT, Perplexity, Google AI Mode et AI Overviews ?
Sur Google, les pages comme "meilleur [produits]" ou "meilleurs [produits] pour [cas d'utilisation]" peuvent intercepter l’achat et présenter des taux de conversion élevés. L’étude de SEOPage.ai d'août 2025 montre par exemple que ce style de contenu affiche un taux de conversion 3,4 fois supérieur par rapport aux pages produit génériques.
En GEO aussi, le jeu semble en valoir la chandelle. D’après une étude d'Ahrefs, portant sur plus de 26 000 URLs sources de ChatGPT, 43,8% de toutes les pages de blogs citées pour des requêtes informationnelles sont des listes de type "meilleurs listes.". Ceci dans un contexte où les utilisateurs d'IA génératives sont régulièrement en hausse proportionnelle.
Mais que faut-il pour apparaître sur ce "saint graal" que semble être la citation par une IA générative ? En fait, deux choix principaux semblent apparaître pour les référenceurs.
Se placer sur une liste existante pour bénéficier de sa puissance
Le premier est d’arriver à apparaître sur une liste déjà en place sur Google. C’est l’option que privilégie Quentin Brizard, spécialiste SEO chez WeBird. "En fonction des prompts et des thématiques, nous avons rapidement remarqué que les LLM sourçaient très régulièrement des pages indexées présentant directement des classements ou tests qui se positionnent eux-mêmes sur le moteur de recherche américain. Ce comportement est visible pour des produits, avec des sources comme "Best robot vacuums in 2026" ou "Les Meilleurs Smartphones Budget 2026." La technique la plus court-termiste pour apparaître dans ce type de listes est donc d'aller influencer les contenus déjà en ligne et cités."
Pour ce faire, une technique de Barnacle SEO peut être mise en place. Elle consiste, dans les grandes lignes, à essayer notamment de se placer sur la page en question pour bénéficier de l’autorité ou de l’historique du site concerné. "On y arrive en demandant gentiment... ou en payant... Mais cela nécessite forcément la collaboration du site ou des éditeurs", souffle Quentin Brizard. Pour lui, "être présent dans ces pages de résultats aide fortement à la citation. Et plus nous y sommes présents, plus les chances de récupération sont fortes." Il a ainsi constaté des apparitions de ses clients dans les IA génératives sur des prompts surveillés et influencés. Même s’il tient à signaler que les modifications et prises en compte des listes déjà créées ne sont pas systématiques dans la réponse du LLM. "Il ne reprend pas le contenu à 100 %. De plus, les LLM ne récupèrent pas forcément le classement tel qu'indiqué dans les sources. Ils appliquent généralement une interprétation ou une fusion entre plusieurs classements, il n’y a donc aucune garantie que cela fonctionne."
Créer sa propre liste pour avoir la main dessus
Autre technique possible : la création de ses propres listes. Si les pages créées ne bénéficient pas forcément de l’autorité des sites comme dans la stratégie Barnacle SEO, elles peuvent bénéficier de la "fraîcheur du contenu." En effet, l’étude d’Ahrefs montre que 79,1% des listes de blogs utilisées comme sources par ChatGPT avaient été mises à jour durant l'année 2025. De plus, d’après la même étude, 57,1% des articles cités avaient été modifiés depuis leur publication initiale. Le fait de pouvoir gérer sa liste permet d’effectuer ces actualisations.
Autre intérêt de passer par ses propres listes : le fait de pouvoir faire son autopromotion. D’après l’enquête d’Ahrefs, pour la catégorie des logiciels, les listes autopromotionnelles apparaissaient dans plus d'un tiers des réponses de ChatGPT. Cette stratégie, déjà populaire sur les moteurs de recherche traditionnels, s'avère pertinente pour l'optimisation de ces moteurs IA. Notons que l’enquête conseille de fournir une valeur ajoutée réelle et des liens honnêtes vers les alternatives. D’autres conseillent de pratiquer une autopromotion honnête, en étant transparent sur son élaboration. Lily Ray, la célèbre experte en référencement, pense à ce propos que Google pourrait mettre en place, à l’image de ce qu’il a pu faire dans le passé, de nouvelles politiques anti-spam pour ces listes autopromotionnelles.
Autre point fort dans le fait de générer ses propres listes : bénéficier d’une certaine appétence de ChatGPT pour les sites à faible autorité. Selon l’enquête d’Ahrefs, 35% des listes citées par ChatGPT provenaient de domaines avec une notation de domaine inférieure à 40. Ils sont décrits comme étant souvent "très douteux." Si cela ouvre des portes à davantage de sites, cela pose aussi la question du spam et la mise au placard à terme d’un certain nombre de pages ne respectant pas les règles. Cela laisse songeur Quentin Brizard. "Bien que je n'aie pas testé cette méthode dans ces conditions, je doute que cette technique fonctionne pour des produits ou services nouvellement venus sans historique ou autres sources. En effet, les LLM recoupent systématiquement ces classements avec d'autres sources ou sites pour alimenter les réponses… Nous en revenons donc toujours au même : avoir une visibilité de marque ou de produit est essentiel."
Pour lui, d’ailleurs, ce style de pages pourrait être référencé différemment dans le futur. "Combien de temps les LLM vont continuer à questionner Google pour récupérer ce type de classements ? Peut-être que dans un avenir proche, les classements se feront directement du côté IA."