Perte d'audience SEO ? Comment driver du trafic depuis de nouvelles sources

Perte d'audience SEO ? Comment driver du trafic depuis de nouvelles sources Google Discover, pages wikis ou un travail sur les carrefours d'audience peuvent apporter du trafic.

Clément Reynaud, directeur SEO et GEO chez Pixalione, a récemment partagé une mésaventure bien connue des SEO : la baisse du nombre de clics. Sur une période glissante de 16 mois, les clics de Google vers son site Minecraft.fr ont chuté d’environ 50%, malgré un volume d'impressions presque inchangé.

Pendant ce temps, l’affichage dans les IA n’a pas permis de récupérer cette perte. "Pour cent clics perdus côté Google, le site récupère moins d’une visite via les IA grand public", déplorait même Clément Reynaud. "Côté crawl, c’est encore plus impressionnant. On peut estimer que ChatGPT seul vient lire le site environ 75 fois plus souvent qu’il n’envoie de visiteurs. Pour Bing/Copilot, le rapport est encore plus déséquilibré : on est cités plusieurs milliers de fois pour chaque visite reçue depuis Copilot."

Selon Clément Reynaud, au-delà de l’impact de l’IA, cette baisse s'explique par l'obsolescence des versions de Minecraft, une reconfiguration de la concurrence, mais surtout par le changement de comportement de l’utilisateur. On pense à la fameuse "réponse zéro". Les usagers de ChatGPT, par exemple, lisent la réponse et ne prennent pas la peine d’aller sur le site.

Que faire maintenant pour contrer cela ? Pour Clément Reynaud, le contenu de qualité est primordial pour être cité. Pour le reste, il avoue ne pas avoir de réponse toute faite, et essayer différentes pistes. Trois leviers se démarquent, par ordre d'impact mesuré.

Trafic Discover doublé : régularité, titres percutants et veille

Sur Discover, il est passé d’une production irrégulière, à environ 27 articles par mois. "La régularité est centrale : sur une période de 13 jours sans publication en avril 2026, pendant mes vacances, j'ai mesuré une chute de -84 % du trafic Discover", affirme–t-il.

Il a aussi travaillé sur les balises Open Graph og:title et og:image. Rappelons que l'Open Graph Protocol s'appuie sur des standards comme le Dublin Core et le RDFa pour enrichir les pages web de métadonnées structurées. La balise og:title est par exemple conçue pour structurer et embellir l'affichage des liens partagés sur les réseaux sociaux.

Clément Reynaud a mis en place des titres et visuels pensés spécifiquement pour le format Discover. Par exemple, le H1 d’un article s’appelait "10 collaborations Minecraft improbables qu’on rêve de voir" et l’OG Title : "Minecraft x Tamagotchi, Durex, IKEA ... quand les blocs envahissent la vraie vie". Il a aussi changé les images d’illustration de l’article.

Image de l'article © Clément Reynaud
Image sur Discover © Clément Reynaud

Il a aussi élaboré une veille sur Google Trends, sur la communauté Reddit de Minecraft et sur les articles anglophones. Objectif : écrire des articles afin de capter une audience chaude.

Résultat de toutes ces actions, sur Minecraft.fr, le trafic Discover annuel a doublé entre 2024 et 2025. "La dynamique se confirme sur Q1 2026 avec +67 % par rapport à Q1 2025", sourit Clément Reynaud. "Janvier 2026 est même devenu le record absolu sur 28 mois de mesure."

Analyse sémantique et wiki : 134 pages captent 10 % du trafic

Deuxième levier testé, l’analyse du moteur de recherche interne du site. Objectif : repérer les frustrations des utilisateurs à travers leurs recherches infructueuses ou mal satisfaites. En parallèle, il a exploré la longue traîne sur la Google Search Console à l'aide d'expressions régulières spécifiques. Cela lui a permis d'identifier les vides sémantiques ainsi que les requêtes positionnées sur des pages peu pertinentes. Il a ainsi créé un "wiki" interne sur Minecraft.fr avec 134 nouvelles pages dédiées sur 12 mois. Celles-ci représentent désormais environ 10% de son trafic Search.

Synthèse Mobile-First et expertise : positions pérennisées et trafic optimisé

Troisième axe, la refonte des pages traitant des mises à jour du jeu. Un bloc "Ce qu'il faut retenir" a été placé en haut de chaque article long, sous forme d'encart visuel distinct. Il synthétise les nouveautés en une petite liste à puces. Adapté au comportement de lecture mobile-first, il répond à l'intention de recherche rapide. Il optimise le Dwell Time, soit le temps passé par le visiteur sur le site.

Exemple de synthèse en début d'article © Clément Reynaud

L'ajout d'une section avec une analyse critique en fin d'article lui permet de se démarquer de la simple paraphrase des notes officielles de Mojang Studios, le créateur de Minecraft, et du slop IA.

Exemple d'encart d'analyse © Clément Reynaud

Tout cela a amené la pérennisation des positions des pages sur le Search. Ses actions ont performé sur Discover, grâce à l’encart avec l’avis d'expert. Mais, avertit Clément Reynaud, "tous ces chiffres sont issus de mon site personnel, pas d'une étude multi-sites. Ils sont représentatifs d'un site éditorial spécialisé et niché à fort trafic. L’adaptation au secteur est à prendre en compte."

SEO et GEO multi-leviers peuvent compenser la baisse du trafic organique

De façon générale, amener du trafic sur son site grâce au SEO et au GEO demande souvent d’écrire des contenus uniques, structurés, sur des requêtes à forte intention, transactionnelles et navigationnelles, ou encore à encourager les recherches de marque.

Les techniques sont souvent adaptées à chacun. Jérémy Lacoste, directeur général chez Eskimoz France, a aussi mis en place trois axes. "Premièrement, une accélération du SEA pour couvrir les espaces où la visibilité organique se réduit, notamment sur les requêtes transactionnelles très concurrencées ou pour remonter en paid sur AI Overviews. Deuxièmement, une approche que j'appelle le 'SEO hors-site élargi'. Plutôt que de limiter la bataille au seul site client, nous capitalisons sur tous les carrefours d'audience. À savoir, YouTube, LinkedIn, Wikipédia, plateformes d'avis, forums, réseaux sociaux, Google Images, Google Business Profile et les sites de médias." L'objectif est que la marque soit présente partout où Google et les LLM vont chercher leurs sources. "Troisièmement, nous travaillons de plus en plus la construction d'une communauté engagée. Le but, inciter à la création de comptes, générer de l'opt-in, développer l'engagement direct afin de diversifier les canaux d'adressage et ne plus dépendre uniquement du clic organique."

Les résultats affichés lui donnent de l’espoir. "Sur plusieurs clients, nous observons une montée en puissance significative du trafic issu des LLM, ChatGPT en tête. Ce dernier commence à compenser une partie du manque à gagner sur certaines positions Google. C'est encore marginal en volume absolu, mais la courbe est très nette. En SaaS B2B, on a des clients dont le volume de leads générés depuis les moteurs IA représente jusqu'à 15 %."

Autre exemple de résultat, sur la stratégie de présence élargie. "Le renforcement du profil d'avis clients et la présence sur des forums spécialisés ont permis de récupérer de la visibilité SERP. Cela, sur des requêtes où le site lui-même était dépassé par les featured snippets ou l'IA Overview mais aussi sur les moteurs IA. Sur des clients banques et assurance, en travaillant l'autorité via Wikipedia et la partie avis clients, on a pu gagner jusqu'à 10 points de taux de présence."

Sur le SEA, les campagnes de conquête, activées en complément du SEO ont permis sur certains comptes de maintenir un volume de sessions stable, malgré une perte de 10 à 25 % de trafic organique. "Nous avons joué sur la complémentarité des deux leviers", détaille-t-il.