Red Hat, champion open source mondial du cloud hybride

Red Hat, champion open source mondial du cloud hybride En 25 ans, l'éditeur américain est devenu le premier fournisseur de logiciels open source. Originellement connu pour son serveur Linux, il s'oriente désormais vers le multi-cloud.

Soixante-quatre trimestres consécutifs de croissance ! En publiant fin mars ses résultats financiers, Red Hat a établi un nouveau record pour l'industrie du logiciel. Fort de cette stabilité financière, l'éditeur, qui fête cette année ses 25 ans, valide son modèle économique et démontre au marché qu'il est possible de faire du business dans l'open source d'entreprise.

L'histoire n'est pas finie. Red Hat qui se classe dans le top 10 mondial des fournisseurs de logiciels affiche de solides perspectives. Sur son exercice fiscal 2018 (clos fin février), la société de Raleigh (Caroline du Nord) réalise près de 3 milliards de dollars de chiffre d'affaires, en hausse de 21%. Et non seulement, le groupe continue de croître sur son marché historique, les serveurs Linux (+11%) et la gestion d'infrastructure informatique (+15%), en dépit d'une importante base de clients installée, mais son activité bondit sur le créneau du DevOps et de la "cloudification" (+42%). Pour l'année à venir, l'éditeur prévoit de conserver une croissance à deux chiffres (19%).

En 25 ans, Red Hat aura su monter, étape après étape, dans la chaîne de la valeur IT. La firme au chapeau rouge a démarré en 1994, en proposant son propre système Linux comme alternative aux serveurs Unix alors en place. Après avoir fait ses preuves dans le monde des OS, Red Hat s'attaque au middleware en rachetant en 2006 JBoss (pour 350 millions de dollars) et vient ainsi concurrencer les serveurs d'applications WebSphere d'IBM et WebLogic d'Oracle.

Une acquisition majeure par an

Ces dernières années, Red Hat, qui emploie 12 000 employés à travers le monde, a complété son portefeuille à raison d'une acquisition majeure par an. Le géant open source rachète eNovance (un intégrateur OpenStack français) en 2014, Ansible (outil d'automatisation de scripts) en 2015, 3Scale (solutions de gestion d'APIs) en 2016 et Codenvy (environnement de développement intégré Eclipse Che) en 2017.

"Il s'agit de répondre au double défi qui se pose tout DSI : maintenir l'existant à l'état de l'art tout en se mettant en capacité d'innover"

En s'emparant de CoreOS pour 250 millions de dollars, en janvier dernier, Red Hat fait là un grand pas sur la voie de la containerisation. Connu originellement pour son Linux poids plume optimisé pour les containers logiciels, CoreOS propose d'autres solutions dont Tectonic. Cette plateforme de gestion de containers qui s'appuie sur l'orchestrateur Kubernetes permet des déploiements aussi bien en cloud public qu'en cloud privé. L'association de CoreOS et d'OpenShift, l'offre PaaS de Red Hat qui se présente comme "une plateforme d'applications containerisées", conforte l'éditeur dans son positionnement en faveur du cloud hybride. Un billet de blog publié par Joe Fernandes, responsable produit OpenShift, détaille cette stratégie.

"Red Hat s'est montré visionnaire quand il a fait le pari, il y a cinq ans, du cloud hybride. Le marché nous a depuis donné raison mais beaucoup d'experts pensaient à l'époque que le cloud public emporterait tout", rappelle Carine Braun-Heneault, directrice régionale de Red Hat pour la France et la péninsule ibérique. A ses yeux, l'hybridation permet de prendre le meilleur des deux mondes. "L'entreprise bénéficie des avantages du cloud, en matière d'agilité, de souplesse de dimensionnement, tout en se réservant la possibilité de garder certaines applications et données en interne." Côté cloud public, Red Hat a noué des partenariats avec différents fournisseurs dont Microsoft Azure, Amazon Web Services, IBM SoftLayer, OVH et Alibaba Cloud.

Capture d'écran de la plateforme de cloud privé OpenShift de Red Hat. © JDN / Capture

Toutes les offres de Red Hat sont désormais marquées sous le sceau de l'hybridation. Sortie le 10 avril dernier, la nouvelle version de Red Hat Enterprise Linux (7.5) est présentée comme l'épine dorsale des environnements de cloud hybride par l'éditeur. Elle est conçue pour apporter toutes les garanties de sécurité et de conformité. Un enjeu clé pour Carine Braun-Heneault. "Il s'agit de répondre au double défi qui se pose tout DSI : maintenir l'existant à l'état de l'art tout en se mettant en capacité d'innover. En s'appuyant sur des solutions open source éprouvées, certifiées et supportées 24/7, il peut dormir sur des deux oreilles", argumente-t-elle.

Parmi ses références en France (où il emploie 200 personnes), Red Hat compte Airbus, Amadeus, Orange, Société Générale ou Groupama. Client emblématique du virage pris par Red Hat, la Banque Postale a, elle, retenu le couple PaaS et container as a service du groupe. De son côté, l'Université de Lorraine a choisi Ceph Storage, l'offre de stockage défini par le logiciel (Software-defined storage) de Red Hat, pour la plateforme collaborative de ses laboratoires de recherche. Elle témoignait, parmi d'autres organisations françaises, au Red Hat Summit qui se tenait du 8 au 10 mai à San Francisco.

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