VMware accélère sa migration sur le cloud d'Amazon

VMware accélère sa migration sur le cloud d'Amazon Officialisée il y a un an et demi, l'alliance des deux groupes prend une tournure décisive. Leur solution commune est désormais disponible en Europe et s'enrichit de nouvelles fonctionnalités.

Sur le papier, le cloud hybride allie la flexibilité et la puissance de calcul du cloud public au confort et à la maîtrise d'une infrastructure informatique sur site. Dans les faits, les choses ne sont pas si simples. Une application conçue originellement pour un data center interne d'entreprise devra être retouchée voire redéveloppée avant d'être portée dans le cloud. Les règles de déploiement et d'administration changent également. Autant de charges de travail sous-estimées. Aussi, quand le spécialiste du software defined datacenter (SDDC), VMware, et le leader du IaaS, Amazon Web Services (AWS), ont dévoilé un partenariat d'intégration en octobre 2016, l'annonce a connu un certain écho sur le marché. Un an et demi plus tard, la promesse est tenue à travers une offre commune qui ne cesse de monter en puissance. Baptisée VMware Cloud on AWS, elle permet aux organisations utilisant en interne les technologies de SDDC du premier (vSphere côté serveur, ainsi que vSAN et NSX respectivement pour le stockage et le réseau) d'étendre leurs capacités informatiques en recourant au cloud d'Amazon. Les deux environnements disposant de stacks identiques tel un jeu de miroir, les services AWS peuvent ainsi être directement pilotés depuis la console d'administration de VMware (vCenter).

VMware Cloud on AWS assure la portabilité des charges de travail tout en donnant accès à la richesse fonctionnelle du géant du cloud américain, en matière de capacités de calcul, de bases de données, de sécurité, d'IoT ou encore de gestion de la mobilité. La solution est notamment compatible avec les services Amazon EC2, S3, RDS, DynamoDB, Kinesis, Redshift ou encore Lambda.

Aux yeux d'Eric Marin, directeur technique chez VMware France, VMware Cloud on AWS possède une autre vertu : la réversibilité. "C'est un vrai plus. Une entreprise prévoit de migrer une application de son datacenter vers le cloud mais anticipe plus rarement le chemin inverse qui peut cependant se révéler nécessaire dans certains cas", insiste-t-il. Le produit a aussi pour mérite, selon lui, d'offrir un ticket vers le nuage sans occulter la gestion de l'infrastructure informatique existante. "Enfin, elle fournit une vue globale sur les coûts associés au chantier de migration", ajoute l'intéressé.

Une solution qui se veut moins chère

Un nouveau cap a été franchi cette année. Alors que VMware Cloud on AWS était jusqu'à présent uniquement déployé sur le cloud d'Amazon aux Etats-Unis (régions Est et Ouest), l'offre est désormais disponible en Europe au sein des data centers d'AWS à Londres et Francfort (RGPD oblige), mais aussi plus récemment au sein de la région d'AWS de Sydney. Un signal fort en termes de localisation de données. Pour la suite, VMware Cloud on AWS doit être étendu aux centres de données d'Amazon à Tokyo.

"Des clients français ont déjà testé la solution aux US et commencent la mise en production sur Londres"

"Des clients français ont déjà testé la solution sur les deux régions US et commencent la mise en production sur Londres", confie Eric Marin. S'il est encore trop tôt pour parler d'une localisation dans l'Hexagone, cela pourrait être un objectif à terme afin de rassurer certains acteurs français encore réticents, notamment dans le secteur public. En attendant, VMware prévoit d'étendre la couverture de l'offre à l'Amérique Latine et à l'Asie Pacifique (Japon, Sidney) dès 2018.

Qu'en est-il du coût total de possession (CTO) de la solution ? Selon les tests réalisés par VMware, une entreprise gérant "des charges de travail classiques et ayant besoin de 150 To de stockage pourrait économiser jusqu'à 1,2 million de dollars grâce à un cluster SDDC géré via  VMware Cloud on AWS sur trois ans".

VMware Cloud on AWS simplifie en outre l'installation et la gestion d'environnements SDDC. L'intégration du service CloudFormation d'AWS et de Terraform d'HashiCorp contribue à automatiser le provisionnement des SDDC dans une logique de DevOps. Via son Developer Center, VMware propose d'ailleurs son propre outil de DevOps. Il fournit des informations sur les APIs, les SDK, les échantillons de code et les interfaces en lignes de commandes.

Un programme de distribution mondial

La gestion des réseaux et de la sécurité est, elle, assurée par la plateforme NSX de VMware et ses différents modules : Tunnel Status Monitor, Connectivity Checker et Firewall Rule Accelerator. En matière de sécurité en particulier, des éditeurs partenaires proposent, en plus, des services associés. C'est le cas de Palo Alto Networks qui a annoncé la disponibilité de sa plateforme de sécurité pour VMware Cloud on AWS. Ou encore de Trend Micro qui en a fait de même pour son offre Deep Security.

Depuis son lancement, VMware Cloud on AWS a par ailleurs intégré de nouveaux modules. Inclus à la suite vSphere, vMotion permet notamment de migrer des machines virtuelles existantes (hébergées en interne) vers le cloud d'AWS "à chaud", sans interruption de service. Le module VMware Horizon (version 7) permettra, lui, aux collaborateurs d'accéder à leur poste de travail via le cloud. Bureaux virtuels et applications critiques installées sur les postes de travail locaux pourront ainsi cohabiter.

Côté reporting et suivi d'activité, VMware Cloud on AWS prend en charge VMware Cost Insight et VMware Log Intelligence. Le premier évalue les coûts de migration vers le cloud d'Amazon à partir des données d'inventaire de VMware vCenter. Le second monitore en temps réel les problèmes techniques rencontrés en passant en revue les logs d'audit des infrastructures et les logs des applications.

Enfin, VMware met ses partenaires à contribution pour vendre VMware Cloud on AWS. Le groupe américain a mis sur pied un programme de distribution indirecte comprenant des incitations financières, des formations commerciales et techniques et des dispositifs marketing. Parmi ses alliés présents en France, on relève Atos, Capgemini, Computacenter, SCC ou encore Tech Data.

Lors de VMworld 2018, cap sur l'hybride

A raison d'une version majeure tous les trois mois, VMware Cloud on AWS va encore beaucoup évoluer. Sur la feuille de route qu'il a mis en ligne (une première pour l'éditeur), VMware prévoit nombre d'évolutions. A l'occasion de son événement VMworld cette semaine à Las Vegas, le groupe a d'ailleurs dévoilé une nouvelle série de fonctionnalités notamment centrées sur le cloud hybride. Au programme : une meilleure gestion de l'allocation des ressources machines Amazon EC2 et des licences associées, mais aussi la possibilité de mieux tirer parti du service Direct Connect d'AWS pour accélérer les projets de migration de workloads VMware vers le cloud d'Amazon. Via l'intégration de Direct Connect, le service NSX de virtualisation réseau de VMware doit pouvoir assurer "une connectivité omniprésente de bout en bout" entre les applications et données hébergées sur AWS et celles se trouvant sur les systèmes VMware basés en interne. Enfin, la prise en charge par VMware Cloud on AWS de la solution de stockage Amazon Elastic Block Store a été annoncée, mais aussi celle d'AWS Key pour assurer le chiffrement des applications VMware tournant sur le cloud d'Amazon.

On l'a compris. Avec ce gros travail d'intégration, VMware entend convaincre le maximum d'entreprises à sauter le pas du cloud hybride. Pour Eric Marin, VMware Cloud on AWS répond à trois grands cas d'usage. "Le premier vise à créer ou étendre de façon rapide un plan de récupération de données. Le deuxième consiste à migrer progressivement un système d'informations dans le cloud en se donnant par exemple trois 3 ans pour débrancher ses datacenters, hormis éventuellement pour quelques applications spécifiques. Le troisième cas d'usage vise à étendre les capacités de ses centres de données internes et proposer de nouveaux services comme la création à la volée d'environnements de développement." Pour finir, le directeur technique cite le cas d'un assureur français qui a mis un pied aux Etats-Unis sans disposer sur place d'infrastructure IT. "C'est encore un autre cas d'usage possible", conclut-il.

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