Messagerie collaborative : la guerre fait rage entre Slack et Microsoft

Messagerie collaborative : la guerre fait rage entre Slack et Microsoft Fondé en 2009, le premier s'est imposé comme le spécialiste du domaine. Le second a contre-attaqué en 2017 avec une application intégrée à sa suite bureautique.

C'est une toute nouvelle manière d'appréhender les relations professionnelles. Les messageries collaboratives sont taillées pour gérer en temps réel les échanges au sein des équipes de travail, d'où l'autre nom attribué à ces applications : les messageries d'équipe. Sorte de Twitter d'entreprise, elles peuvent aussi intégrer des salariés tiers (fournisseurs, clients, partenaires...). Créé en 2009 à San Francisco aux Etats-Unis, Slack a été le premier à imposer sa marque sur ce marché. Huit ans après, la société affiche 8 millions d'utilisateurs. Son secret ? Proposer une version gratuite, d'entrée de gamme, avec la plupart des fonctionnalités disponibles. Pour l'heure, quelque 3 millions d'utilisateurs passent par ses offres payantes. Fort de ces résultats, Slack séduit les investisseurs. En août dernier, l'Américain bouclait un tour de table 427 millions de dollars, portant à 1,27 milliard de dollars le total des fonds levés depuis sa création.

Le géant du logiciel américain Microsoft (110,4 milliards de dollars de chiffre d'affaires) a fini par réagir. En 2017, il lance sa propre messagerie d'équipe : Microsoft Teams. Elle vient se greffer à sa suite bureautique Office 365 proposée par abonnement. De même que Slack, Microsoft propose une version gratuite de son application. Pour tenter de s'imposer, il intègre depuis peu à Teams la version professionnelle de son logiciel de visioconférence Skype. Objectif : faire à terme du produit un outil de communication unifiée gérant aussi bien les messages textuels que les conférences vidéo et la téléphonie. Les premiers chiffres dévoilés par Microsoft tendent à prouver que le marché est réceptif. Le groupe de Redmond revendiquait en septembre près de 330 000 organisations recourant à Teams.

L'enjeu est  de savoir qui entre Slack et Microsoft offrira l'écosystème logiciel le plus vaste

Les messageries d'équipe ne sont pas seulement là pour orchestrer la collaboration humaine. Elles sont aussi conçues pour solliciter les bases de données d'entreprise et commander à d'autres logiciels de réaliser des actions. Le tout via leur fil conversationnel, en dialoguant avec ces systèmes, comme s'il s'agissait de personnes physiques. D'où le qualificatif de "robots" (ou bots en anglais) souvent associé à ces passerelles applicatives. Des bots qui permettront ainsi de gérer collégialement des campagnes marketing, d'accéder à des rapports financiers, et réaliser bien d'autres tâches, en sollicitant dans chaque cas le logiciel adapté. L'enjeu est dès lors de savoir lequel, entre Slack et Microsoft, offrira l'écosystème logiciel le plus vaste. Pour l'heure, le premier revendique plus de 1 500 intégrations avec des applications tierces, contre 150 pour le second.

Face à ces deux premières initiatives, Google a lancé début 2018 sa propre messagerie d'équipe. Baptisée Hangouts Chat, elle s'adosse à l'application historique de messagerie instantanée de Google (Hangouts). Quant à Facebook, il propose une déclinaison de son réseau social taillée pour la collaboration d'entreprise. Elle est baptisée Workplace. Utilisée par plus de 30 000 organisations à travers le monde, elle concurrence Slack et Microsoft via sa brique de messagerie instantanée qui peut accueillir elle-aussi des bots. 

Un article paru dans Le Figaro Tech

Cet article est originellement paru le 3 décembre dans Le Figaro Tech, supplément trimestriel du quotidien Le Figaro, fruit de la collaboration entre les équipes du Figaro Economie et du JDN. Objectif de ce cahier : créer un point de repère dans l'innovation technologique, pour distinguer les modes des phénomènes de fond.

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