Les coulisses techniques de Google Quels serveurs utilise aujourd'hui Google ?

C'est le secret le mieux gardé de Google : combien faut-il au Californien de serveurs pour abreuver de ses services la planète entière (Chine mise à part) ? Le chiffre n'a jamais été communiqué officiellement et de nombreux experts se sont lancés dans des calculs savants pour l'estimer. Certains se sont basés sur la superficie de chaque data center mesurée plus ou moins précisément via des photos prises par satellite. D'autres se sont basés sur la consommation électrique globale de tous ces data centers. On sait que Microsoft a dépassé le million de serveurs en 2013, et ces estimations donnaient alors plus de 2 million de serveurs à Google. 

l'architecture des serveurs d'un cluster google.
L'architecture des serveurs d'un cluster Google. © Jeff Dean/ Google (GOOGLE: Designs, Lessons and Advice from Building Large Distributed Systems)

Des serveurs conçus à prix serrés

En 2015, faut-il ajouter 500 000 serveurs de plus, un million ? Impossible d'en être sûr et impossible d'aller vérifier dans les comptes d'HP, Dell ou IBM. Google ne leur achète aucune des machines de ses plateformes de production, mais préfère les concevoir lui-même.

Des millions de serveurs maison

Dès les premiers mois d'existence de Google, Sergueï Brin et Larry Page ont pu démarrer leur moteur de recherche sur des ordinateurs de leur laboratoire de Stanford et des équipements offerts par Sun Microsystems, Intel et IBM. Très vite, ils se sont mis à créer leurs propres machines. Leur unité de stockage en Lego en est un exemple et elle fait maintenant partie de la légende Google. Les jeunes ingénieurs sont allés plus loin en créant leurs propres racks de serveurs, des racks non standards dans lesquels ils pouvaient empiler jusqu'à 40 cartes serveur x86 avec leurs disques et même une batterie de secours.

L'approche prise alors par Google était clairement axée sur la mise en œuvre de serveurs banalisés, du "community hardware", disponible en grande quantité au prix le plus bas. Une approche qui se poursuit aujourd'hui avec des racks de 80 serveurs toujours conçus par Google. Une différence toutefois, ces serveurs ne sont plus fabriqués artisanalement mais assemblée en grande série par des constructeurs chinois ou taïwanais que l'on appelle des ODM (original design manufacturer) au prix le plus serré.