En 2018, les entreprises devront apprendre à gérer les données et à mesurer leur valeur

Avec la mise en place du GDRP, l’identification et le contrôle strict de toutes les données personnelles à tous les niveaux de l’entreprise sera clairement une priorité pour 2018.

Les entreprises les mieux préparées au défi de l’identification et du contrôle des données personnelles  seront celles qui unifieront et organiseront rapidement leurs données. Elles pourront ainsi les transformer en une source réelle de valeur et de revenus afin d’optimiser les prises de décisions et les processus et représenter la valeur réelle de la propriété intellectuelle et des ressources de l’entreprise.

La conformité au règlement Européen sur la protection des données (GDPR) représente une opportunité dans un contexte économique favorable. En effet selon Coe-Rexecode, le Centre d’observation économique, le niveau de croissance du PIB en volume a atteint un seuil jamais vu depuis 2011 en France, alors que l’indice de production industriel revient au niveau atteint en 2008.

Après plusieurs années de croissance peu dynamique ou presque négative, les entreprises recherchent activement de nouvelles opportunités pour se développer. Avec l’essor fulgurant des nouvelles technologies au cœur de l’intelligence artificielle (IA) les plateformes de données vont jouer un rôle très important puisqu’elles devront assurer leur visibilité, disponibilité et sécurité afin de délivrer la valeur attendue.

Gérer les modifications réglementaires

Alors que la mise en œuvre du GDPR doit devenir une réalité d'ici seulement quelques mois, des interrogations subsistent sur la manière dont les organes de réglementation et les tribunaux interpréteront les réglementations. Certaines entreprises ont déjà bien avancé dans leur parcours de mise en conformité, mais la majorité d’entre elles préfèrent attendre que la situation se clarifie. La course est indéniablement lancée et les analyses montrent que les dépenses dans les domaines du stockage sur site, de l'indexation et des systèmes de recherche de données seront nettement en hausse pour 2018.

En conséquence, l’ensemble des collaborateurs d’une entreprise devront être formés sur les bonnes pratiques de gestion des données. Bien que la technologie assure l’identification précise et le contrôle efficace des données de manière flexible, il est indispensable de créer une culture d'entreprise mettant en avant le droit à la protection des données.

En supplément du GDPR, les entreprises devront également se conformer à la directive révisée de l'Union européenne concernant les marchés d'instruments financiers (MiFID II), entrée en vigueur depuis le 3 janvier 2018, régulant les déclarations relatives aux transactions de manière plus stricte. En plus d'indiquer les parties impliquées dans les échanges, les entreprises devront également fournir certaines informations clients, comme par exemple, préciser si les transactions ont été réalisées par une personne physique ou par un algorithme, clarifier la position propre de l'entreprise vis-à-vis de l'actif concerné, etc. Pour certaines entreprises, pouvoir communiquer ces informations de manière claire reste un défi insurmontable. Cependant, cela représente une source d’opportunités pour les fournisseurs d'infrastructures et de systèmes de reporting puisque, comme pour le GDPR, certains détails techniques de la directive MiFID II doivent encore être clarifiés par les organes de réglementation nationaux, il est probable qu'elle nécessite des modifications de systèmes.

Mesurer la valeur des données

Il est évident que la productivité des entreprises peut considérablement s’accroître grâce aux outils d'analyse modernes, comme l'intelligence artificielle ou l’apprentissage automatique (machine learning), avec des processus plus efficaces, moins de tâches manuelles, de meilleures prises de décision des collaborateurs grâce aux informations données en temps réel. Cependant, un autre aspect lié à la valeur des données mérite la plus grande attention.

Les GAFA ont construit leur succès en partie sur leur capacité à gérer et comprendre les données, et valent aujourd'hui des milliards de dollars. Les systèmes logiciels utilisés pour gérer et comprendre ces données sont de source ouverte, disponibles gratuitement. Cette approche révèle que les données uniques dont elles disposent, enrichissent leurs systèmes et algorithmes et ont une réelle valeur intrinsèque.

Les investisseurs et les dirigeants doivent prendre conscience de cette valeur intrinsèque des données et commencer à envisager dès 2018 une manière efficace de leur attribuer une valeur tangible.

Les dépenses en informatique pour 2018

Selon les analystes d'IDC, 34 % des entreprises européennes vont accroître leurs dépenses en stockage sur site pour faciliter leur mise en conformité avec le GDPR, notamment pour des systèmes de cloud public, hybride et sur site.

En ce qui concerne les dépenses en stockage orientées GDPR en Europe de l'Ouest, IDC prévoit 2,4 milliards de dollars de dépenses en 2017, 3,37 milliards en 2018 et autour de 2,5 milliards par an jusqu'en 2021.  L'intégralité de l'écosystème actif autour des données devrait en profiter.

Les exigences de la directive MiFID en matière de capture de données transactionnelles génèreront sans doute également une demande continue pour des plateformes évolutives capables de capturer les données et d'offrir des analyses extrêmement rapides. De nouvelles opportunités apparaissent également pour les fournisseurs de services cloud et de cloud privé sur site puisque

À mesure que les entreprises réorganisent leurs données pour retrouver plus de contrôle localement et que le modèle se réoriente vers le cloud hybride, de nouvelles opportunités apparaissent pour les fournisseurs de services cloud et de cloud privé sur site.

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