Travailler avec un bot… et pourquoi pas ?

Comment les directeurs des systèmes d’information (DSI) peuvent façonner l’avenir des métiers dans lesquels l’Homme sera assisté de machines.

La technologie est devenue omniprésente et imprime sa marque sur bien des aspects de la vie, des relations humaines aux entreprises et aux communautés, en passant par nos modes de communication, de collaboration et de travail. Son influence est décuplée par l’émergence de l’intelligence artificielle (IA) et des machines intelligentes.

 

Les entreprises ne peuvent plus se permettre de considérer investissements technologique et humain comme deux activités distinctes. Les DSI doivent adapter les technologies au contexte commercial pour stimuler les transformations profondes qui s’opèrent au travail et dans les métiers, dans les structures organisationnelles et dans la culture d’entreprise.

 

Pour s’en convaincre, il suffit de prendre l’exemple de l’introduction de l’IA dans les entreprises et de son impact sur le lieu de travail. Dès 2020, l’IA mènera à la création de 2,3 millions de postes tandis qu’elle en détruira seulement 1,8 million. Les DSI doivent être les premiers à s’investir pour expliquer ceci et en faire une réalité.

 

C’est au niveau de l’interaction de l’Homme et de l’IA que les DSI peuvent créer le plus de valeur. Les machines, bots et robots dotés de capacités d’apprentissage sont appelés à devenir omniprésents dans le monde du travail, mais aussi à la maison et dans les environnements publics. 

L’emploi de demain en 4 scénarios  

Pour se projeter dans le monde du travail de demain, il faut comprendre comment faire coexister l’Homme et la technologie pour bâtir les entreprises, plateformes et écosystèmes de demain. Pour échafauder ces scénarios, nous avons tenu compte de l’étendue des capacités des machines, et du degré d’acceptation ou de réticence exprimée par l’Homme. La place des machines dans le monde du travail est étroitement liée à leur aptitude à accomplir des tâches simples, ciblées en égalant ou surpassant les capacités de l’Homme, ainsi que la propension de ce dernier à tolérer les machines et leur usage dans un large éventail d’activités qui lui étaient jusqu’ici dévolues.

 

Quatre scénarios sont ainsi ressortis auxquels sont associées plusieurs recommandations qui aideront les responsables informatiques à tirer le meilleur parti d’effectifs appelés à mêler machines et ressources humaines.

Scénario No 1 : La prolifération des mini-bots

Dans ce scénario, les machines ont des capacités limitées, et l’Homme ne voit pas d’objection à la présence d’une multitude de bots rudimentaires, cantonnés à des tâches spécifiques.

 

Ici, il est recommandé de nouer des relations fortes avec des professionnels hautement qualifiés. Il est crucial d’investir massivement dans l’accompagnement à l’utilisation de bots, dans les modules de formation aux compétences nouvelles et dans tous les autres éléments susceptibles d’enrichir la proposition de valeur faite aux employés.

Scénario No 2 : Autant confier cela à un bot

L’IA pilote des bots basés sur les logiciels et le hardware qui entourent les employés au quotidien, si bien que la présence des machines est vue d’un œil favorable dans tous les pans de la société.

 

Dans ce cas-là, il faut gérer les ressources des robots et des assistants virtuels de manière à maximiser leur productivité, en veillant à évaluer et à reprovisionner continuellement lesdites ressources. Les entreprises doivent renforcer leurs capacités de cybersécurité pour repousser les menaces et garder une longueur d’avance sur vos concurrents.

  Scénario No 3 : Le soulèvement des bots

L’Homme est entouré de machines extrêmement compétentes dont il rejette la présence. Un conflit larvé s’installe entre les deux parties, si bien que les machines sont utilisées à la marge de la société et de la loi. C’est bien entendu le scénario le plus alarmiste.

 

Ce scénario requiert d’investir massivement dans les capacités de gestion des risques, à commencer par la cybersécurité, pour gagner en résilience dans un environnement marqué par l’incertitude. Construire des réseaux d’employés et de travailleurs dignes de confiance, qui viseront ensemble à l’atteinte d’un but supérieur permettra de limiter les risques.

  Scénario No 4 : Bot au volant, mort au tournant

Les machines ne sont pas toujours fiables, peuvent parfois être dangereuses et n’offrent pas les garanties nécessaires pour qu’on leur confie les décisions importantes. L’Homme est dans l’ensemble réticent à leur présence dans sa vie comme dans son travail.

 

Ici, il est important de définir une politique de gouvernance stricte pour encadrer l’usage des machines. Il faut mettre au point des programmes de certification « Bot Master », moderniser les codes de conduite et autres déclarations de valeur pour en faire un outil de diffusion des directives applicables aux machines. Les entreprises ne doivent pas hésiter à souscrire à des assurances pour se couvrir dans le cas où un robot provoquerait une panne dommageable.

 

Il est essentiel que les cadres dirigeants réfléchissent à ces divers scénarios en se demandant non pas s’ils sont bénéfiques ou néfastes, mais à qui ils sont profitables ou préjudiciables, et ce que l’entreprise a à gagner ou à perdre s’ils se vérifient.

 

De leur côté, les DSI doivent évoquer avec leur conseil d’administration les éléments qui, dans chaque scénario, sont désirables et indésirables, et qu’ils fassent le nécessaire pour que les premiers se matérialisent tout en prévenant l’émergence des seconds. Ceci conduira à l’éclosion d’un cinquième scénario : la réalité que nous créerons.

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