Le cloud computing permet de faire plus avec moins

Les projets applicatifs en CRM SaaS ou basés sur les plate-formes de développement en ligne tirent leur épingle du jeu de la crise. La pression sur les coûts constitue un levier d'adoption.

Quelle est votre propre définition du SaaS et du cloud computing ?

Le SaaS vise à fournir des solutions informatiques sous forme de service. Il se décline aujourd'hui sur 2 axes : les applicatifs et les plateformes de développement. Salesforce.com propose les 2 : une suite applicative SaaS de CRM et une plateforme de développement SaaS qui s'appelle Force.com et sur laquelle nos solutions applicatives s'appuient.

Le cloud computing se compose de l'ensemble des solutions de type SaaS et représente le nuage sur lequel les entreprises s'appuient désormais pour architecturer leur système d'information. Salesforce.com est le premier acteur du marché du cloud computing à dépasser le milliard de dollars de chiffre d'affaires. Pour nous, Cloud = SaaS + PaaS.

Quels sont les bénéfices concrets du cloud computing pour les entreprises ?

Les bénéfices sont nombreux et différents suivant la taille de l'entreprise ...Pour une PME, le cloud permet de disposer d'applications puissantes que la société aurait eu du mal à acquérir et ensuite à maintenir. Pour une grande entreprise qui dispose de moyens plus importants, le cloud permet de construire plus rapidement des applications simples à utiliser et à faire évoluer pour suivre les évolutions de la société.

Le modèle économique quant à lui, permet la mise en place de nouveaux systèmes sans devoir faire l'acquisition de logiciels et matériels, et donc d'apporter un retour sur investissement beaucoup plus rapide que des solutions traditionnelles. En un mot, le cloud permet de faire plus avec moins.

La crise fait-elle évoluer les projets cloud des entreprises à la hausse ou à la baisse ?

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"Les barrières à l'entrée côté utilisateurs tournent autour de la sécurité et de la confidentialité des données, des capacités de personnalisation et d'intégration aux autres systèmes de l'entreprise" © Arnaud Baudry / Benchmark Group

En temps de crise, les entreprises ont la nécessité d'évoluer, de se transformer et de transformer leur business model tout en ayant une pression forte sur les dépenses.  

Ceci conduit clairement au développement du modèle du cloud computing dont nous mettions en avant les bénéfices dans la réponse précédente.  

La crise a donc pour effet d'accélérer encore le phénomène cloud computing dans les entreprises au regard des chiffres présentés par Gartner et IDC.

 

Quelles sont les barrières principales que vous avez pu constater dans l'adoption de solutions cloud ?

Le mot adoption peut être interprété de différentes façons ... S'il s'agit de l'adoption par les utilisateurs de l'entreprise, celle-ci est très forte sur des applications cloud dans la mesure où elles apportent une utilisabilité forte et la capacité de s'adapter de façon fine aux besoins de l'entreprise.

Si l'on parle des barrières lors du choix de la solution par l'entreprise, les questions les plus usuelles qui nous sont posées tournent autour des sujets suivants : la sécurité et confidentialité des données, les capacités de personnalisation et d'intégration aux autres systèmes de l'entreprise.

Salesforce.com offre aujourd'hui les mécanismes les plus avancés en termes de sécurité, ce qui nous a permis de voir nos solutions adoptées par de grands groupes français dans tous les secteurs, à l'image de la SG, BNP-Paribas, Areva, La Poste ...

En termes de capacité de personnalisation, nous offrons des possibilités très avancées qui expliquent le fait que des entreprises aussi différentes que celles que l'on a citées soient toutes sur la même solution, bien qu'elles aient des métiers très différents les unes des autres. Enfin, concernant les capacités d'intégration, un seul chiffre : 55% des transactions placées dans Salesforce.com proviennent de systèmes tiers qui interagissent avec notre service.

Les fournisseurs d'infrastructure cloud restent peu nombreux en Europe. Pensez-vous que la donne va changer prochainement à ce sujet?

Les grands acteurs de l'informatique sont principalement américains et il en est de même sur le cloud, tant sur les éditeurs de solutions applicatives que d'infrastructure. Amazon propose des solutions de stockage en SaaS, qui est un marché global sur lequel la plupart des acteurs traditionnels sont eux-mêmes américains.

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"Il est difficile de transformer la culture d'une entreprise qui vend des logiciels depuis 20 ans en une société qui offre ses logiciels sous forme de service" © Arnadu Baudry / Benchmark Group

Le cloud computing est un modèle en rupture qui va faire émerger de nouveaux acteurs comme cela a été le cas il y a 15 ans lors de l'émergence du modèle client serveur qui a vu apparaître de nouveaux acteurs. Le constat que l'on fait lors de ces 2 changements de modèle, est que les acteurs traditionnels ont de vraies difficultés à se transformer : en effet, les éditeurs de logiciels traditionnels tardent à rendre disponibles leurs offres SaaS.

Ce retard s'explique par le fait que ces 2 marchés se cannibalisent et par ailleurs qu'il est difficile de transformer la culture d'une entreprise qui vend des logiciels depuis 20 ans en une société qui offre ses logiciels sous forme de service.

Je voudrais savoir si vous êtes partenaires ou bien concurrents avec Amazon et Google ?

Nous avons bâti des partenariats avec Amazon et Google qui permettent de tirer des bénéfices de nos offres respectives. Avec Google nous avons plusieurs accords technologiques depuis l'intégration des Google AdWords à notre outil d'automatisation du marketing jusqu'à l'annonce récente d'un partenariat entre notre plate-forme de développement à la demande Force.com et Google Apps Engine

Plusieurs acteurs sur le marché mais peu de standards. Developper une application en PaaS ne crée-t-il une dépendance avec le fournisseur? Est-ce que vous envisagez que les acteurs principaux vont unir leurs efforts pour définir des standards ou est-ce que vous pensez que les lois du marché feront que l'approche des leaders deviendra la référence de facto?

Actuellement, les entreprises sont de facto dépendantes de plusieurs acteurs : celui qui fournit l'ERP, celui qui fournit le SGBD sur lequel s'appuie l'ERP et enfin sur le fournisseur de serveurs ... voire sur un grand nombre d'autres acteurs qui rendraient les applications mobiles, etc ...

La plate-forme de développement Cloud Force.com permet de faire tout cela avec un seul fournisseur qui s'engage end-to-end sur sa solution, ses capacités, ses performances, ses évolutions...

Imaginer qu'il sera possible demain de porter une application écrite sur une plate-forme vers une autre plate-forme me semble délicat ... en effet, compte tenu de la richesse des capacités de Force.com, je ne connais d'offre équivalente portant sur les mêmes services, donc susceptible d'accueillir cette application si on souhaitait la porter...

Les applications développées avec Force.com sont-elles libres de droit ? Faut-ils vous verser des royalties ? Comment ça marche si je veux devenir développeur Force. com ?

Force.com est une plate-forme sur laquelle chacun - équipe informatique de l'entreprise, SSII, éditeurs - peut développer ses applications dont il détient la propriété intellectuelle. Un développeur Force.com peut travailler gratuitement sur notre plate-forme et créer des applications qu'il pourra ensuite publier sur notre place de marche d'application AppExchange qui compte aujourd'hui plus de 800 solutions. L'idée est d'offrir comme sur un iPod la possibilité de télécharger des applications métier qui répondent à ses besoins

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 Il est clair que les SSII perçoivent des enjeux forts liés aux coûts de mise en place, de maintenance, d'upgrade que le cloud fait évoluer" © Arnaud Baudry / Benchmark Group

Je n'ai pas le sentiment de voir les entreprises se tourner massivement vers les applications en mode SaaS. N'y a-t-il pas en France une forte pression des SSII et intégrateurs pour conserver la main mise sur les contrats de maintenance et de mises à jour des applications internalisées pour les dissuader d'y aller ?

Il est clair que les SSII perçoivent des enjeux forts liés aux coûts de mise en place, de maintenance, d'upgrade que le cloud fait évoluer ...Mais il en était déjà de même lorsque ces mêmes SSII ont arrêté de développer des écrans en COBOL, au profit de solutions plus productives.

Nous avons en France des accords avec des SSII ... que ce soient de grands acteurs globaux tels que Accenture ou Capgemini, ou avec des acteurs de niche très pointus comme AVS et Kerensen.

Les nouveaux acteurs du CRM SaaS représentent-t-ils une menace pour Salesforce.com, notamment avec leurs offres produits riches et compétitives en termes de prix ?

Je serais inquiet qu'après 10 ans d'un développement fort, Salesforce.com demeure le seul acteur de ce marché ... plus le nombre d'acteurs et de solutions sera important, et plus la taille de ce marché augmentera. Notre différence se trouve dans notre capacité à offrir le meilleur outil de CRM, comme le montre le Magic Quadrant du Gartner, et en même temps, d'offrir la meilleure plate-forme cloud du marché.

Combien pèse le marché du CRM SAAS ? La crise ne risque-t-elle pas de remettre en cause sa croissance ?

Gartner considère qu'en 2009, plus de 50% des projets CRM se feront en SaaS ! Il y a quelques années, le CRM SaaS était perçu comme original et novateur. Aujourd'hui, les choses ont bien changé et tous les analystes voient le phénomène s'accélérer, probablement en raison de la crise comme on le disait précédemment.

La croissance de Salesforce.com est très significative, nous sommes entrés dans le top15 des éditeurs mondiaux de logiciel en ayant une activité 100% sur le cloud avec plus 1,5 million d'abonnés à notre service.

 

Pierre Soria, 45 ans, est directeur général de Salesforce.com France. Il est diplômé de l'Ecole Nationale Supérieure de Physique de Strasbourg / Informatique (ENSPS) et d'une licence de Physique (1984-1986). Il possède plus de 15 ans d'expérience dans le domaine de l'informatique chez Oracle et ACTA Technology en tant que vice président Europe du Sud, d'EDS ou encore de Computer Associates.

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