SFR disparaît : voici comment conserver un abonnement Internet chez vous... et au même prix
C'est officiel depuis le samedi 6 juin 2026 : Bouygues Telecom, Free et Orange ont signé un protocole d'accord pour racheter SFR, le deuxième opérateur français, pour la somme de 20,35 milliards d'euros. Concrètement, Bouygues Telecom prendra en charge 42% du prix de vente, Free-Groupe Iliad 31% et Orange 27%.
Derrière ces pourcentages se cachent des millions d'abonnés pour qui les choses vont changer, même si ce projet de rachat est encore soumis au feu vert de l'Autorité de la concurrence, dont l'examen du dossier devrait durer entre douze et dix-huit mois. La finalisation effective de la transaction n'est pas attendue avant mi-2027, voire début 2028. D'ici là, SFR continuera d'opérer normalement.
Une fois l'accord validé, une phase de migration d'au moins 30 mois débutera, prévue pour le second semestre 2027. C'est à ce moment seulement que les abonnés seront progressivement redirigés vers leur nouvel opérateur. Cette information leur sera communiquée par mail, SMS ou courrier postal. Votre numéro de téléphone ne changera pas, grâce au principe de portabilité. La continuité du service devrait être assurée, les trois opérateurs rachetant également les infrastructures réseaux de SFR. Les prélèvements bancaires seront quant à eux transférés automatiquement vers le nouvel opérateur.
Mais chez qui allez-vous atterrir ? Selon les informations disponibles, certains abonnés peuvent déjà le savoir :
- Les abonnés RED by SFR (environ 6 millions de clients) partiront chez Free. L'opérateur a mis en avant le "bon rapport qualité-prix" de la base RED, jugée "très compatible avec l'ADN de Free".
- Les clients SFR Business (offres professionnelles), ainsi que plus de 6 millions de clients particuliers mobiles et fixes, seront transférés chez Bouygues Telecom. Les 500 000 abonnés de Prixtel, le MVNO connu pour ses forfaits modulables, rejoindront également Bouygues.
- Orange héritera d'environ 4,9 millions d'abonnés SFR, ainsi que des clients de trois MVNO : Réglo Mobile, Syma Mobile et Coriolis Télécom.
Le cas le plus incertain concerne les plus de 10 millions d'abonnés aux offres classiques de SFR. Ces derniers seront probablement répartis aléatoirement entre les trois opérateurs, sans choix laissé au client. Ils devront attendre la phase de migration pour connaître leur nouvel opérateur.
Pour tous, le principal risque réside dans une hausse de prix que le repreneur chercherait à faire passer discrètement. Pour l'éviter, méfiez vous : si votre nouvel opérateur décide de modifier les conditions de votre contrat, vous aurez la possibilité de résilier sans frais dans un délai de 4 mois à compter de la notification du changement, laquelle vous parviendra par mail ou sur votre facture.
Car la hausse de prix est un risque réel, dès la migration ou dans les mois qui suivent. La disparition de SFR, quatrième acteur du marché français, réduit mécaniquement la concurrence. Et les premiers signaux sont déjà observables. Selon Fabien Charmentant, responsable du site spécialisé Ariase cité par RMC Conso, les prix des forfaits mobiles ont bondi de 47,4 % sur un an. En juin 2025, les tarifs avaient atteint un point bas historique autour de 9,84 euros en moyenne. Ils s'élèvent désormais à 14,51 euros mensuels.
Pour l'expert, le lien avec le début des négociations pour le rachat de SFR est probable. Et ce n'est peut-être qu'un début. L'expert anticipe "une hausse d'au moins deux à trois euros d'ici douze à dix-huit mois", dans un marché de moins en moins concurrentiel. Il n'empêche : pour les 25,5 millions d'abonnés SFR, l'heure est à la vigilance. Conserver un abonnement à prix raisonnable nécessitera de rester sur ses gardes. Un conseil : surveillez bien vos mails dans les mois qui viennent.