Pointer Events standardisé par le W3C, mais refusé par Apple et Google

Pointer Events 1502 La spécification web définit comment implémenter des événements de pointeur utiles pour interagir avec un site sur mobile. Elle couvre contrôles tactiles et par stylet.

C'est la grande nouvelle de la semaine pour les développeurs. Le W3C a finalisé la spécification Pointer Events. Sa version 1.0 est désormais recommandée par le consortium comme standard. Son objectif ? Définir la manière de gérer les événements liés aux interaction depuis le doigt sur un écran tactile ou via un stylet. Mais elle englobe également les évènements déclenchés depuis une souris dans l'optique de proposer une solution compatible avec les terminaux de type desktop et contenus existants. 

Derrière Pointer Events : le défi des Universal Apps de Microsoft

Pointer Events a été proposée et soumise au W3C par Microsoft. Derrière ce projet, c'est la désormais très stratégique division Open Tech de l'éditeur qui est à la manœuvre. On comprend bien l'utilité de cette technologie pour Microsoft : elle lui permet de proposer une technologie d'interface web en phase avec sa stratégie d'OS unique (qui s'incarne dans Windows 10). Une technologie d'IHM qui couvre à la fois les contrôles tactiles et par souris. Derrière les Pointer Events se cache aussi la vision de Microsoft autour des applications universelles, et la nécessité de disposer d'une environnement de développement unifié pour adresser les versions desktop ou touch de Windows.

Google tente-t-il de gêner la stratégie d'application universelle de Microsoft ?

D'ailleurs, Microsoft a déjà annoncé que la version standardisée de Pointer Events sera bien au menu du moteur de rendu web de Windows 10 (alias EdgeHTML) et de son tout nouveau navigateur Project Spartan.

En cohérence avec sa politique d'ouverture, l'éditeur a aussi voulu promouvoir Pointer Events comme standard. Avec cette nouvelle annonce du W3C, on pourrait croire que Pointer Events est en voie de s'imposer. En fait, pas du tout. Certes aux côtés de l'éditeur de Redmond, Mozilla a amorcé l'intégration de la technologie à son navigateur, et Opera pourrait suivre. Mais reste deux acteurs, majeurs et incontournables, qui demeurent les grands absents du projet : Apple et Google. 

Au cœur des débats : la technologie concurrente d'Apple

Il est vrai qu'Apple a soumis au W3C sa propre technologie de contrôle tactile (celle qui est aujourd'hui implémentée à iOS). Il s'agit de Touch Events. Elle a été érigée à l'état de recommandation par le W3C en octobre 2013. Problème, Touch Events ne recouvre pas les événements déclenchés par les souris... Elle est par conséquent moins universelle... et potentiellement beaucoup moins pratique que Pointer Events. 

De son côté, Google avait bien débuté un travail préliminaire pour implémenter Pointer Events au moteur de Chrome. Cependant, le groupe de Mountain View a très vite changé son fusil d'épaule, et indiqué qu'il ne le prendrait pas en charge. Une décision qui n'a pas tardé à entrainer de vives réactions sur le forum de Chromium, beaucoup de développeurs ne comprenant pas le choix de Google de refuser d'implémenter un standard.

Google a-t-il pris cette décision pour gêner la stratégie d'application universelle de Microsoft ? Ou bien ce choix s'explique-t-il par le fait que Pointer Events n'est pas supporté par Apple, comme n'hésitent pas à lancer certains ? Selon cette dernière thèse, Google aurait ainsi choisi le camp d'Apple plutôt que celui de Microsoft dont la position demeure beaucoup plus faible sur le créneau des terminaux tactiles... Le débat reste en tout cas ouvert.

Google / Apple