Xavier Boidevezi (Food Use Tech) "La foodtech française est en train de se structurer"

Xavier Boidevezi, secrétaire national de l'écosystème thématique foodtech de la Frenchtech, fait le point sur le secteur et en dit plus sur le salon Food Use Tech.

JDN. Les 2 et 3 novembre se tiendra le salon Food Use Tech à Dijon. Pourquoi lancer cet événement cette année ?

Xavier Boidevezi est secrétaire national de l’écosystème thématique foodtech de la Frenchtech. © Seb

Xavier Boidevezi (Food Use Tech). La foodtech est un secteur en train de se structurer, en comparaison à d'autres en avance comme la fintech. Ce salon tombe au bon moment par rapport à ce besoin. Il est le premier événement sur les usages des nouvelles technologies pour tous les acteurs de la fourche à la fourchette. Quatre segments clefs concernés exposeront : la production, la transformation, la distribution et la consommation. En toile de fonds, il s'agit de faire émerger les nouvelles technologies au service de l'industrie agroalimentaire et les pratiques innovantes de l'agriculture de demain. Par exemple, la production présentera de l'agriculture de précision ou encore de la génétique animale. La transformation mettra en avant des solutions de packaging et de sécurité alimentaire ou des nouveaux produits. La distribution sera très axée sur la livraison et les places de marché. Enfin, la consommation montrera notamment les cuisines intelligentes et la nutrition personnalisée.

Pourquoi avoir choisi Dijon ?

Le salon sera adossé à la foire gastronomique internationale de Dijon qui dure du 2 au 12 novembre. Cette foire grand public accueille en moyenne 5 000 visiteurs par jour. De plus, Dijon est une cité internationale de la gastronomie et du vin reconnue par l'Unesco. La Bourgogne-Franche-Comté est très active quant à l'écosystème foodtech. Des pôles de compétitivité dédiés à l'agroalimentaire sont implantés comme Vitagora.

Quelles différences par rapport à d'autres événements déjà proposés ?

Il existe de nombreux salons mais tous sont très focalisés BtoB et tech. Ici, on apporte un focus sur les usages pour le BtoC.  Notre première richesse est la confrontation entre ces acteurs et le grand public. Plus de soixante start-up présenteront des projets concrets avec une vraie valeur pour l'utilisateur final. Elles ont toutes déjà une certaine maturité. Parmi les jeunes pousses présentes, les visiteurs pourront découvrir Kuantom pour les machines à cocktail, Urbanleaf, spécialiste de l'aquaponie urbaine, Une petite mousse ou encore Entomo Farm qui produit de matières premières issues de l'insecte. Dans le même temps, l'aspect BtoB du salon reste important. Les start-up viendront dans un but précis et clairement affiché grâce à des codes couleurs sur les stands. L'objectif est de faciliter la mise en relation selon si elles recherchent des financements ou des rencontres avec les professionnels.

Quels sont les grands enjeux de la foodtech aujourd'hui en France ?

Cette thématique a été labélisée en juillet 2016 par Emmanuel Macron, alors ministre de l'Economie, en même temps que les neuf autres (medtech, IoT, edtech, mobility, fintech, security, retail, foodtech et sports). Notre ambition est de fédérer, d'accélérer et de faire rayonner la foodtech. Féderer, c'est d'abord repérer toutes les start-up et être une porte d'entrée unique pour elles. A date, nous avons un écosystème de 400 start-up foodtech identifiées. Ensuite, nous devons accélérer ces start-up, les accompagner, les renforcer, les guider dans les problématiques de propriété intellectuelle par exemple et leur donner les clefs pour se développer. Concrètement, ce peut être la création d'un accélérateur dédié, comme Accelerise, ou la mise en relation avec des grands groupes. Le dernier point important demeure le rayonnement. La France doit être visible et choisir les bons entrepreneurs dans les grands événements internationaux afin d'attirer les investisseurs. Cependant, il reste difficile de mettre en avant certaines jeunes pousses plus que d'autres aujourd'hui. Cet écosystème est naissant en France. Bien sûr, il y a déjà des start-up emblématique. Par exemple, Laruchequiditoui, ZenChef ou encore Agriconomie. L'événement Food Use Tech participe de cette dynamique et a vocation à être pérenne.

Pour s'inscrire au salon Food Use Tech, c'est ici : http://foodusetech.fr/fr/billetterie

Xavier Boidevezi est directeur de l'Atelier Digital du groupe Seb. Précédemment il a lancé Cookeo Connect, un des premiers produits connectés de la cuisine. Avant de rejoindre Seb, il a passé 13 ans au sein du groupe Danone ou il a été successivement chef de produit, chef de groupe et directeur marketing, d'abord en Allemagne puis en Arabie Saoudite, en France et au Vietnam. Il est diplômé de l'ESSCA.

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