Apple Pay sera lancé en Europe en 2015

Apple Pay 1409 Alliant le NFC à l'authentification par empreinte digitale, le système de paiement mobile présenté par Apple ambitionne tout simplement de détrôner les cartes bancaires.

[Mise à jour le 11/09] En même temps que ses iPhone 6 et 6 Plus ainsi que son iWatch, Apple a annoncé le 9 septembre le lancement du système de paiement mobile qui les accompagne, Apple Pay. Disponible aux Etats-Unis à partir d'octobre en tant que mise à jour d'iOS8, avant un déploiement en Europe en 2015, il repose sur trois piliers. D'une part le porte-monnaie électronique Passbook, qui rassemble les cartes bancaires et de fidélité de l'utilisateur, d'autre part la puce NFC "Secure Element" qui équipe les nouveaux devices, et enfin la fonctionnalité Touch ID d'authentification par lecture d'empreinte digitale, qui équipait déjà la précédente génération d'iPhone.

Concrètement, les utilisateurs doivent d'abord ajouter à Passbook les informations de leur carte bancaire. Pour cela, les prendre en photo avec l'iPhone suffit. Ensuite, pour payer sans contact dans les magasins acceptant Apple Pay, ils n'ont qu'à approcher le device du lecteur NFC du marchand tout en maintenant leur pouce sur Touch ID pour prouver qu'il est bien le leur. Pas même besoin de déverrouiller l'iPhone ou de lancer une application, Touch ID est actif dès l'écran verrouillé. Et bien sûr, Apple Pay permet également d'acheter des biens et services "du bout du doigt" avec Touch ID au sein des applications, là encore sans renseigner ses informations de paiement ou de livraison.

Apple Pay fonctionnera avec les cartes Visa, Mastercard et American Express des plus grandes banques américaines (Bank of America, Capital One Bank, Chase, Citi et Wells Fargo), qui représentent 83% des achats par carte de crédit aux Etats-Unis. La commission qu'elles reverseront à Apple n'est pas encore connue, mais devrait prendre la forme d'un petit pourcentage du montant de la transaction, négocié banque par banque. Mises bout à bout, ces millions de très petites sommes pourraient générer une vraie source de revenus pour Apple. Forrester Research prévoit en effet que le marché des paiements mobile fera plus que quadrupler d'ici 2017 pour atteindre 90 milliards de dollars aux Etats-Unis.

Quant aux points de vente qui acceptent déjà le paiement Apple Pay, il semble que les grandes enseignes ne se sont pas fait prier, puisque outre les 258 Apple Store américains, on compte McDonald's, Bloomingdales, Disney Store, Duane Read, Macy's, Sephora, Staples, Subway, Walgreens ou encore Whole Foods Market. Au total, 220 000 boutiques physiques. De plus, Apple Pay s'assortira également d'APIs afin que les développeurs puissent permettre l'achat de biens physiques au sein des applications qu'ils conçoivent pour les iPhone 6 et 6 Plus.

L'un des grands arguments de la firme pour encourager l'adoption de son système de paiement mobile réside dans les questions de sécurité et de confidentialité des données. En effet, lorsqu'un acheteur utilise Apple Pay en magasin, le marchand ne voit plus son nom, son numéro de carte bancaire ou son code de sécurité, réduisant d'autant les risques de fraude. En réalité, ces informations ne sont même pas stockées sur l'iPhone, ni sur les serveurs d'Apple. Apple Pay leur assigne un "device account number" unique, qui est chiffré et enregistré sur la puce "Secure Element" du téléphone ou de l'iWatch. Chaque autorisation de transaction génère un numéro d'identification valable une seule fois (basé sur le DAN) - c'est lui qui sera transmis au marchand - ainsi qu'un code de sécurité dynamique de validation. Apple assure en outre ne pas enregistrer l'historique d'achat de l'utilisateur. "Nous ne savons pas ce que vous avez acheté, où vous l'avez acheté ni pour quelle somme, explique Apple. Et si vous perdez ou vous faites voler votre iPhone, vous pouvez utiliser la fonction Find My iPhone pour suspendre rapidement les paiements depuis l'appareil." Un système qui serait donc bien plus sûr que les cartes bancaires.

Bref, Apple Pay a été conçu pour accélérer et simplifier le processus de paiement à tel point que les consommateurs l'utiliseront en remplacement de leur vrai portefeuille. Cette promesse ambitieuse a fait vaciller l'action d'eBay, dont la filiale Paypal est directement menacée par l'arrivée de ce concurrent de taille, qui a déjà montré par le passé sa capacité à provoquer une adoption massive des nouveaux usages qu'il promeut.

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