Packcity VS Abricolis : qui gagnera la bataille des consignes e-commerce ? Grignoter le marché des points de retrait... et multiplier les services

Pourquoi les casiers de retrait automatisés suscitent-ils subitement les vocations dans l'Hexagone ? D'abord, leur existence est relativement récente. "A part DHL, précurseur en Allemagne avec les 2500 Pack Station installés depuis huit ans, et le déploiement de Packcity en Australie depuis trois ans, on ne dénombre guère que quelques centaines d'unités en Norvège, Lituanie ou Lettonie", remarque François Castano. D'autre part, l'excellente capillarité des points de retrait ont aussi ralenti l'arrivée des consignes automatiques : pourquoi investir beaucoup d'argent dans des machines quand on peut s'appuyer sur des dizaines de milliers de relais, même si l'expérience utilisateur n'est pas parfaite ? "Mais depuis 4 ou 5 ans, les coûts de production et donc le prix des consignes ont baissé de 30 à 50%. Sur des usages de masse, les exploiter devient viable", estime le président de Packcity. Usages de masse qui nécessitaient aussi que le marché de la vente en ligne croisse encore. Désormais, dans les zones denses, les consignes seront rentables.

françois castano, président de packcity
François Castano, président de Packcity © S. de P. Packcity

Autrement dit, elles ne signent pas l'arrêt de mort des points de retrait. Dans les zones où les deux solutions cohabiteront, il est probable que les horaires étendus et la rapidité de récupération des colis des consignes automatisées leur permettront de prendre le dessus, sauf auprès des consommateurs qui préféreront conserver un contact humain. "Mais les réseaux de casiers automatiques ne pourront jamais atteindre la même densité que les points de retrait, dont la mise en place est bien moins coûteuse et qui n'ont pas besoin d'une forte volumétrie de colis pour être rentables", souligne François Castano. Quand un point relais peut absorber 10 à 15 colis par jour, une consigne lambda monte facilement à 80 et peut encore être agrandie ou livrée une deuxième fois dans la journée. Ce qui laisse aussi aux consignes une large place pour prospérer. "Notre cible est suffisamment importante pour que nous puissions très bien nous développer", garantit Olivier Binet chez InPost, convaincu lui-aussi de la complémentarité des deux solutions.

Dans les cartons, une ribambelle de services supplémentaires

En outre, les consignes peuvent apporter de nombreux autres services que le simple retrait de colis commandés en ligne. Naturellement, on peut déjà utiliser Abricolis et Packcity pour les retours produits. Particulièrement intéressant pour les e-marchands de mode ou de chaussures, soumis à des taux de retour élevés, qui peuvent ainsi densifier leur logistique du dernier kilomètre. Mais leurs casiers présentent aussi une solution de repli idéale en cas d'échec des livraisons à domicile. Packcity annonce plusieurs pilotes bientôt et François Castano précise : "Nous espérons avoir pour partenaires les principales messageries de la mise en instance".

Chez InPost, des services déjà déployés dans d'autres pays seront lancés en France dans un deuxième temps, comme l'envoi de colis entre particuliers. Mais la véritable innovation viendra probablement des casiers réfrigérés qu'il développe en Pologne pour une commercialisation à la fin de l'année. "Nous travaillons sur trois types de casier - à température ambiante, réfrigérés et congelés - qui seront idéaux pour recevoir ses courses alimentaires sans être chez soi", explique Olivier Binet. Un argument de poids pour faire pencher un Monoprix du côté d'Abricolis...

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