Quel avenir pour la délégation e-commerce ? La stratégie : diversifier son portefeuille

Les acteurs de la délégation e-commerce adoptent des stratégies très différentes et des positionnements variés. Naturellement, tous sont en phase active de business development. "Notre technologie est au point, surtout depuis l'internalisation du call center mi-2012 qui nous permet de proposer des services additionnels de type live chat, explique Christophe Davy. Brand Online Commerce est donc maintenant en ordre de marche pour avancer sur plusieurs projets simultanés et enregistrer une forte accélération sur le marché américain." La société commence en outre à se positionner sur l'Asie, via le site japonais de Serge Lutens et bientôt le site chinois de Caudalie.

L'entrepreneur explique en outre que son savoir-faire en matière de maîtrise de coûts, acquis pendant cinq ans sur les paniers moyens restreints du segment des cosmétiques, va lui permettre d'aller plus simplement vers les marques de mode ou d'autres secteurs. "Nous sommes conscients qu'il faut un savoir-faire pour chaque industrie. Mais nous apprenons en nous développant et sommes mûrs pour élargir notre périmètre. A condition de rester concentrés sur notre cœur de métier : les marques haut de gamme vendant à prix régulier."

eMerchant veut séduire les grands comptes

Historiquement bien placée sur l'électronique grand public, la filiale de Pixmania s'est quant à elle trouvé une certaine fibre pour les clients textiles. Mais surtout, eMerchant fait évoluer son positionnement pour cibler principalement les très grands comptes, qui seuls disposent en interne d'équipes suffisantes pour travailler avec le délégateur. Et qui seuls peuvent financer des effectifs bien plus conséquents chez eMerchant (250 personnes environ) que dans les agences de délégation. "Notre plateforme coûte cher, mais elle rapporte aussi beaucoup", souligne Tristan Balozian. La filiale de Pixmania est largement financée par les gros contrats, en premier lieu avec Dixons et Carrefour. "Nous ne pourrions pas vivre avec cinq clients de la taille de Celio", ajoute-t-il. Son client Sud Express est-il trop petit ? Non, car la chaîne de magasins permet de travailler le multicanal. Et le client historique ST Dupont ? "Par rapport à Celio, oui", reconnaît Tristan Balozian.

The Other Store veut accompagner les marques sur le cross-canal

De son côté, afin d'accroître son portefeuille, The Other Store a déjà entrepris d'explorer le secteur de la maroquinerie ou de l'enfant et compte plusieurs projets dans la lingerie. Mais il entend surtout approfondir ses compétences pour accompagner les marques sur la totalité de leur stratégie e-commerce. Autrement dit, pas uniquement l'ensemble de l'écosystème numérique - mobile et réseaux sociaux compris - mais également le nouveau grand challenge des marques : le cross-canal. "Nous proposons désormais à toutes les marques des fonctionnalités aussi bien web-to-store que store-to-web", explique Yann Rivoallan. Par exemple, grâce à un récent partenariat avec Socloz, dont la solution se branche sur l'ERP des marques, le stock en boutique la veille au soir est remonté et permettra dans quelques semaines à The Other Store de mettre en place sur les sites un bouton "réserver en magasin".

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