Une boite à lettres numériques pour le particulier? Oui... mais qui va payer?

Le marché de la boite à lettres numériques commence à émerger. Bien que l'on prenne conscience des nombreux bénéfices que ces acteurs apportent aux clients particuliers, une interrogation majeure subsiste: qui va payer?

L'idée d'un espace de stockage qui regroupe automatiquement  l'intégralité des informations qui lient un client particulier à ses « fournisseurs/vendeurs » (ses factures, relevés, bulletins de salaire, points de fidélités, …), séduit inéluctablement.
Les bénéfices que le particulier retire de ces boites à lettres numériques, nous laisse envisager qu'à un horizon 5/10 ans, chacun d’eux sera doté d'un espace de ce type.
Cependant, si l’issue semble acquise, une grande question demeure : qui va payer ?

* Les particuliers ? Ils n'ont jamais eu à payer pour recevoir du courrier papier dans leur boite à lettre physique, on imagine donc mal ce même particulier accepter de payer la version on-line. En effet, il est déjà compliqué de convaincre un particulier de continuer de payer sur Internet ce qu’il payait dans sa vie physique, … il est donc proprement inconcevable de le convaincre de payer sur Internet ce qui était gratuit dans sa vie physique !

* L’émetteur ? Ce serait logiquement à lui de payer ? … c’était bien lui qui payait l’enveloppe et le timbre de la version papier ! On peut imaginer un "droit de timbre" qui accompagnerait la distribution des courriers numériques. Ce droit de timbre se conçoit, il rémunère l’opérateur de boite à lettres numériques qui, en contrepartie, garantie à l’émetteur la bonne distribution du document numérique au bon destinataire.
Ce droit de timbre, pour être légitime, doit permettre à l’émetteur de faire des économies de coûts «éditiques », en étant moins cher que le timbre postal.

L’écosystème des coffres-forts numériques (potentiels opérateurs de boite à lettres numériques) et des routeurs/prestataires éditiques, travaillent dors et déjà à la conception de ce « droit de timbre » et des normes de routage du courrier numérique qui y seront associées.
Cependant, l'éventualité que l’émetteur refuse de payer ce droit de timbre doit être sérieusement envisagée.
En effet, les émetteurs considèrent actuellement que la version numérique de leurs courriers ne leur coûte rien à distribuer… et pour cause, ils ne le distribuent pas ! Ils le conservent sur leurs propres espaces clients en laissant au particulier le soin de venir le récupérer lui-même.

* La publicité ? Si cette hypothèse s'avérait justifiée, … que ni le particulier ni l’émetteur n’était disposé à payer la boite à lettre numérique, la seule alternative pour les opérateurs, serait alors de se rémunérer comme le font la plupart des services « gratuits » sur Internet : en monétisant les informations de leurs client. En d’autres termes, le particulier paierait sa boite à lettres avec ses données personnelles, l’émetteur paierait la boite à lettres de ses clients avec ses données clients.

Évidemment, cette dernière solution nous semble incompatible avec l'existence même de ces boites à lettres numériques, dont le rôle est de centraliser toute la vie administrative et commerciale de ses clients particuliers. Commercialiser les données individuelles, reviendrait à construire l’ensemble du modèle économique des boites à lettres sur la valeur de la vie privée de leurs clients !
Or, la capacité des opérateurs à garantir la confidentialité des informations contenues dans la boite à lettres des particuliers est le principe fondamental de leur existence.
En conclusion, l’émetteur semble le seul à pouvoir payer la boite à lettres de ses clients particuliers...

Pour convaincre les émetteurs de payer, il faudra que les opérateurs de boite à lettres numériques soient capables de démontrer le ROI du « timbre numérique ».

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