L’industrie hôtelière chahutée par les nouveaux acteurs du tourisme

Investissements, structure de coûts, marketing en ligne... Les sites communautaires de réservation d'hébergement font vaciller les modèles classiques du tourisme hôtelier. Reste la question du service, centrale dans le secteur touristique.

L’été dernier, une annonce stupéfiante a mis les milieux du tourisme hôtelier en émoi : Airbnb, la société californienne spécialisée dans la location de vacances entre particuliers, aurait réussi à obtenir plus de réservations de nuitées sur New-York en une journée que l’ensemble des hôtels du groupe Hilton.

L'impact et la réussite des plateformes communautaires de réservation de logements, basées sur une économie et une consommation collaboratives, feraient donc vaciller les modèles plus classiques du tourisme hôtelier.

Quand un groupe hôtelier décide d'ouvrir un nouvel établissement, il doit d’abord procéder à une étude de marché sur l’environnement de sa nouvelle implantation. Il va rechercher prioritairement des zones où la fréquentation touristique, qu’elle soit privée ou d’affaires, est forte. Il va alors financer la construction ou procéder à un rachat de fond de commerce ou les deux. A partir de là, il doit monter son compte d’exploitation en anticipant l’amortissement du foncier. Ensuite, il devra ajuster  ses tarifs pour dégager des marges au-dessus des coûts fixes et variables.

Si l’on prend les fondements du modèle Airbnb, il s’agit d’une conception inverse : tout logement au monde peut accueillir des voyageurs pendant leur séjour, en remplaçant ainsi une chambre d’hôtel.

Sans investissement immobilier à réaliser, les nouveaux acteurs de l’économie collaborative bénéficient de coûts de structure bien plus faibles et  peuvent donc investir davantage dans le marketing en ligne qui offre une remarquable puissance de frappe.

Par ailleurs, on observe depuis quelques temps que plusieurs grands sites de réservations hôtelières se tournent vers les locations de vacances.

Le modèle hôtelier classique serait-il obsolète pour autant ?

Le modèle collaboratif est intéressant mais il omet à mon sens un détail important qui représente une des valeurs principales du secteur touristique : le service !

Il est vrai qu’encore aujourd’hui, il est difficile d’avoir une garantie de service en passant par ce type d’acteurs. C’est ici que ce modèle collaboratif trouve ses limites, c’est un marché qui a besoin de se structurer en définissant des normes de qualité et de standard. Et ce sont pour ces mêmes raisons que le secteur de l’hôtellerie a encore de belles années devant lui !

Sauf qu'aujourd’hui, de nouveaux acteurs issus de l’économie collaborative proposent de séjourner dans des logements de caractère tout en bénéficiant des services hôteliers de qualité. Ces derniers se retrouvent alors en concurrence directe avec les hôtels et peuvent représenter à long terme une menace pour les acteurs de l’hôtellerie.

Collaboratif / Rachat