Anne Hidalgo (PS) : Mes propositions pour renforcer l'économie numérique à Paris

En exclusivité pour le JDN, la candidate PS à la Mairie de Paris livre son programme numérique pour la mandature 2014-2020. Au menu : déploiement du wi-fi, les services numériques, participation citoyenne à l'attribution de 5 % du budget d'investissement, achats publics réservés aux jeunes pousses, création d'un 'pack entrepreneur'...

D’ici à 2020, Paris et sa métropole devront relever de nombreux défis. Grâce à sa qualité de vie, son dynamisme économique, son accueil, Paris est aujourd’hui l’une des métropoles les plus attractives au monde. Mais nous ne devons pas nous reposer sur nos lauriers, et je propose pour Paris un projet ambitieux dans lequel le numérique joue un rôle structurant, à la fois comme activité économique essentielle et comme outil d’amélioration de la Ville et de la citoyenneté.

Paris à la pointe des infrastructures et des services numériques

Une ville-monde au XXIème siècle doit offrir à ses habitants comme à ses visiteurs des infrastructures et services de qualité, pour une expérience numérique de la Ville qui n’ait rien à envier aux services commerciaux.
Paris a été en 2009 parmi les premières villes du monde à déployer sur son territoire un réseau wifi gratuit ouvert à tous : avec 400 hotspots gratuits répartis dans 260 lieux publics (jardins, mairies, bibliothèques, musées…), le dispositif Paris Wifi offre un accès de qualité en mobilité.
J’étendrai ce réseau à toute la Ville, de façon à ce que, en tout point du territoire parisien, on n’ait jamais à marcher plus de 5 minutes avant de trouver un accès gratuit à internet. Cette connexion universelle permettra aux salariés et étudiants de travailler en mobilité, aux touristes d’accéder à des informations pertinentes sans frais de roaming, et à tous d’accéder à l’ensemble des services numériques parisiens.
Paris a en effet développé depuis 2001 un ensemble très riche de services numériques, des demandes d’enlèvement d’encombrants au paiement des factures scolaires, en passant par les actes d’état-civil. De nombreuses applis mobiles ont également fait leur apparition ces dernières années pour faciliter la vie des Parisiens, comme DansMaRue qui permet de signaler en crowdsourcing les anomalies sur l’espace public.
Il faudra aller encore plus loin, en inventant de nouveaux services, comme par exemple le coffre-fort électronique, l’inscription en ligne pour les activités des enfants, ou la prise de rendez-vous systématique, en ligne ou par téléphone, pour mettre fin aux files d’attente dans tous les services qui nécessiteront encore de se rendre à un guichet.
Plus encore que de faire développer par la Ville de nouveaux services numériques, je souhaite travailler avec les start-up et la communauté parisienne du numérique pour inventer ensemble les services de demain. En poursuivant l’effort vers l’open data, dans lequel la Ville de Paris a été parmi les pionniers en France, en ouvrant de nombreuses APIs et en incitant les développeurs, startups et autres entreprises à travailler sur ces données, nous favoriserons l’émergence de nouvelles applications de vie quotidienne, que nous référencerons dans un catalogue facile à utiliser. Nous avons déjà prototypé cette démarche lors du concours Moov’in the city, qui a permis la création d’une soixantaine de services numériques facilitant les transports et la mobilité. Nous irons plus loin, et multiplierons ces démarches d’innovation ouverte, qui permettent de tirer profit de l’intelligence collective.

Paris, parmi les capitales mondiales de l’économie numérique

A notre arrivée en 2001, juste après l’éclatement de la “bulle internet”, Paris ne comptait que très peu d’incubateurs ou d’équipements dédiés aux start-up. Durant les deux mandats de Bertrand Delanoë, nous avons mis en chantier un plan ambitieux de 100 000 m² d’incubateurs et pépinières d’entreprises, qui accueillent les créateurs et les aident à lancer leur activité. Nous avons également mis en place depuis 2009 avec OSEO (devenu depuis BPI France) un fonds de soutien, qui permet aux jeunes entreprises innovantes de trouver un financement très tôt, sans entamer leur capital.
Nous avons bien sûr travaillé avec le formidable écosystème parisien du numérique, en soutenant Silicon Sentier dans la création du premier espace de coworking français, puis du premier accélérateur, puis enfin de son grand lieu intégré NUMA. Nous avons participé à la création des deux grands pôles de compétitivité du numérique, Cap Digital et Systematic, et soutenons activement leurs projets de R&D et leurs événements grand public, Futur en Seine et l’Open World Forum.
Et tout cela, conjugué au formidable dynamisme des entrepreneurs parisiens, a porté ses fruits : le numérique est aujourd’hui, comme le tourisme et la finance, l’un des piliers de l’économie parisienne, et l’un des domaines d’activité qui nous permettra de maintenir notre croissance. Criteo, première entreprise française à entrer au NASDAQ depuis près de 20 ans, est née dans un incubateur parisien, et concentre aujourd’hui à Paris presque toute sa R&D.
Autre exemple parlant : sur les “100 projets digitaux les plus innovants” identifiés par l’EBG en 2013, 70 sont en Île-de-France, 52 sont dans Paris, et 25 sont passés par l’un des 36 incubateurs parisiens, qu’ils soient publics ou privés.
Dans les six ans à venir, nous amplifierons cette dynamique : nous aiderons la création d’entreprises grâce à la création d’un “pack jeune entrepreneur” permettant d’accéder à des services à coût réduit, en multipliant les espaces de coworking, ou en favorisant de façon encore plus active l’accès des PME aux marchés publics de la Ville. Nous multiplierons les locaux accessibles aux start-up en créant autour de Paris, sur l’ “arc de l’innovation”, 100 000 m² supplémentaires d’incubateurs, de centres de télétravail et d’espaces de coworking.
Sur cet arc allant de la porte de Versailles à Clichy-Batignolles, desservi par le tramway sur toute sa longueur, se croiseront entrepreneurs, chercheurs, étudiants, commerçants et habitants grâce à un programme de développement urbain ambitieux qui permettra à terme de gommer la frontière du périphérique.

Smart city, smart citizens

C’est sur ce dynamisme économique, social et culturel, et sur l’intelligence collective que je souhaite m’appuyer si je deviens Maire de Paris. Pour élaborer mon programme, j’ai utilisé une plateforme de propositions en ligne, qui a rassemblé plus de 2 000 personnes, parfois experts reconnus de leur domaine, le plus souvent citoyens experts de leur quotidien. Ils m’ont proposé plus de 1 000 idées, voté plus de 10 000 fois et c’est ce débat citoyen et numérique qui a constitué le socle de “Paris qui ose”, le programme que je soumets aujourd’hui aux Parisiens.
Je poursuivrai cette expérience, en m’appuyant sur ce qui a été fait ces dernières années avec les conseils de quartier notamment, et en utilisant le numérique pour réinventer les modalités de concertation et de débat public. Les grands projets urbains seront présentés et discutés en ligne grâce à des maquettes 3D. Les citoyens seront ainsi associés à la construction de leur ville. Ils seront également chaque année parties prenantes de l’élaboration du budget, pourront proposer et approuver des projets, et décideront ainsi directement de l’attribution de 5 % du budget d’investissement, soit 67 M€ par an.
Le Paris de demain est pour moi riche de l’intelligence de ses citoyens, de la compétitivité de ses entreprises, du dynamisme de ses créateurs. La compréhension, l’usage et le développement du numérique sont des conditions essentielles au développement d’une Ville accueillante, inclusive et attractive pour tous.
Je souhaite un Paris 2020 intelligent, ouvert, social… et donc numérique.

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