Rendre la ville plus intelligente, dès maintenant !

La question du Big Data fait l’objet de beaucoup d’interrogations dans les villes. Le prochain Salon des Maires a choisi de l’aborder du point de vue de la responsabilité des maires quant aux données que la ville collecte et des risques encourus par les élus.

Beaucoup en parlent aussi comme d’une formidable promesse d’un futur proche quand des capteurs permettront de tout mesurer et de tout savoir en temps réel.
Ces deux approches sont importantes mais finalement chacune à sa manière tend à repousser l’engagement d’utilisation des data à plus tard.
Pourquoi ne pas commencer tout de suite ? Dans son système d’information, quel qu'il soit, petit ou grand, centralisé ou plus souvent très hétérogène, chaque ville dispose de données extrêmement riches sur tout ce qui relève de ses compétences et de ses services. Il est possible, en les agrégeant et en les analysant, de rendre dès maintenant la ville plus intelligente.
Je pense aux logiciels de gestion des services techniques, des inscriptions à la cantine ou aux activités périscolaires, de réservation des livres à la bibliothèque, d’entretien et de ménage des bâtiments publics, de comptabilité de la consommation des fluides eau, gaz et électricité, d'urbanisme, des services sociaux et culturels, etc.
Avec toutes ces données, la ville pourrait mieux comprendre ce qui est utile aux usagers et ce qui l’est moins.
Elle pourrait, par exemple, fournir des réponses statistiques à toutes ces questions :
  • Combien d’enfants dans les cantines ?
  • Quels sont les jours de moindre fréquentation ?
  • Est-ce une constante ?
  • Combien d’entrées au musée selon les mois de l’année ?
  • Quels sont les jours à forte affluence ?
  • Qui participe aux réunions publiques ?
  • Qui intervient par les réseaux sociaux ?
  • Combien ?
  • Comment ?
  • Combien de personnes ont appelé Allo Mairie ?
  • Quels sont les problèmes qui reviennent le plus souvent ?
  • Quelle composition des familles ?
  • Quels besoins en logements, crèches, classes, etc. ?
  • Quels types de logements faut-il construire ?
  • Quels sont les services qui devraient être renforcés ?
  • Quels sont ceux qui ne sont plus utilisés ?
Toutes ces données sont là, inexploitées.

Anonymisées, il suffirait de les croiser, de les interroger, d’en tirer des statistiques prédictives, pour rendre la gestion des villes plus intelligente. Individualisées, elles permettront de rendre des services personnalisés à chaque habitant(e), à chaque famille, à chaque citoyen(ne). Nous préparerons ainsi les élus, les services et les esprits à la multiplication des capteurs de toutes sortes qui commencent à arriver et qui seront partout demain.
Nous saurons mieux utiliser les données qui nous remonterons. Nous aurons appris à traiter les questions de confidentialité. Bref, nous n’aurons plus peur car nous saurons mettre en œuvre de la Publique Intelligence.

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