Piratage d'ebooks : soudain s’ouvre la boîte de Pandore

Aux Etats-Unis, La Cour fédérale américaine a reconnu coupable de piratage deux plateformes dont l’amende s’élève à 37,5 millions de dollars. En France, les autorités déploient un plan musclé pour lutter contre le piratage mais ne disent rien sur l’importance des condamnations potentielles.

La jarre de laquelle s’envolent les maux et les menaces pour le secteur de l’édition contient le piratage. Cette nouvelle forme de consommation qui fait fi du droit moral des auteurs et des droits commerciaux des éditeurs. Toutes les industries culturelles dématérialisées ont fait face à ce défi et à la baisse de leurs revenus.

Le lecteur désormais s’y adonne désormais avec de plus en plus de gourmandise car l’abonnement illimité gratuit est très simple et par définition il ne coûte presque rien. Certains lecteurs paient même des sites pirates en pensant que, comme c’est payant, c’est légal.

Il n’y a pas de mesure certaine du phénomène.

Il est évoqué depuis des années pourtant.

Il prend de l’ampleur, c’est certain. Il va continuer à progresser, c’est une certitude aussi.

Il sera plus ou moins important que dans le domaine musical, personne ne le sait et c’est sans doute une question devenue inutile.

Il est vain d’en mesurer l’ampleur actuelle car le piratage du livre, sans réponse adaptée, sera massif.

Il est ambigu aussi puisqu’il peut encourager les ventes ou fabriquer de la notoriété.

Le piratage est surtout l’expression du changement des usages. Il y a le désir de lecture en numérique qui est beaucoup plus fort qu’avant, le désir d’avoir une bibliothèque à soi, chez soi, dans son mobile et le plus vite possible et de la façon la plus simple.

Ces mêmes lecteurs, devenus pour certains des contrebandiers, ont pourtant toujours financé toute la filière de l’édition depuis toujours. La contrebande est inhérente à tous les secteurs d’activité et  s’appelait, pour le livre, le « photocopillage », il y a 20 ans.

Depuis Pandore, on ne peut qu’accepter les maux. Dans la jarre, vous vous souvenez de l’histoire, il y a l’espérance qui demeure en attente. Dans le domaine du livre numérique, c’est très probablement dans la multiplicité des accès offerts aux lecteurs que se trouve la bonne réponse aux principaux comportements illicites.

Parmi les espérances, l’abonnement en streaming qu’incarnent les bibliothèques digitales est une voie parce que l’offre répond à l’attente des lecteurs : simplicité d’accès, usage versus propriété, emprunt plutôt qu’achat, diversité de consultations, interopérabilité, tarif raisonnable, recommandations communautaires.

Il y a plusieurs solutions légales attractives pour les lecteurs. Dans le domaine de la musique, il semble évident que les modèles d’abonnement en streaming ont recréé de la valeur pour la filière quand l’abonnement illimité gratuit qu’est le piratage l’avait en partie détruite.

Pour la lecture, il vaut la peine de répondre aux attentes des lecteurs le plus rapidement possible. La solution légale est, de loin, plus efficace que la répression.

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