Vivendi accentue son emprise sur Ubisoft et Gameloft

Vincent Bolloré semble déterminé. La prise de contrôle par Vivendi de deux pépites du jeux vidéo sur consoles et mobile, Ubisoft et Gameloft, semble ne plus être qu'une question de temps.

Il y a une semaine, Vivendi faisait une entrée remarquée au capital d'Ubisoft et Gameloft, à hauteur respectivement de 6,6 et 6,2% pour 145 millions d'euros. Jeudi, le groupe média a annoncé être monté à 10,39 et 10,20% pour un investissement, tout sauf anodin, de 244 et 34,41 millions d'euros, tout en n'excluant pas "d'augmenter sa participation dans ces deux sociétés [...] en fonction des conditions de marché". Preuve que l'investissement n'est pas que financier, Vivendi précise sa volonté de briguer un poste au conseil d'administration, "le moment venu". Cette montée au capital ressemble de plus en plus à un de ces raids boursiers dont Vincent Bolloré, président du conseil de surveilance de Vivendi a l'habitude. Et Vivendi affiche désormais plus précisément ses intentions. Le groupe précise ainsi que "ces investissements s’inscrivent dans une vision stratégique de convergence opérationnelle entre d’une part les contenus et plateformes de Vivendi et de l’autre les productions d’Ubisoft et Gameloft dans le domaine des jeux vidéo."

La semaine dernière, le cofondateur et patron d'Ubisoft, Yves Guillemot, expliquait dans une note interne révélée par Le Figaro, que "l'action de Vivendi n'était ni sollicitée, ni désirée. Nous observons avec attention la situation, Vivendi et son président étant connus pour chasser de manière agressive des sociétés du domaine du divertissement". "Nous nous battrons pour conserver notre indépendance", poursuit Yves Guillemot, le frère de Michel Guillemot, PDG de Gameloft. Mais les frères Guillemot, actionnaires de référence des deux groupes, auront fort à faire s'il ne veulent pas être aspirés malgré eux par le propriétaire de Canal+ et Dailymotion. 

Deux "cibles" idéales pour des raids boursiers

En effet, près de 90% du capital d'Ubisoft est placé en bourse. La famille Guillemot détient moins de 10% de celui-ci, pour 16,3% des droits de vote. Et sa capitalisation de 2,8 milliards d'euros en fait une proie tout à fait abordable pour Vivendi, qui possède 6,3 milliards d'euros de de trésorerie nette, suite aux cessions de SFR à Numericable et de GVT à Telefonica. La citadelle Gameloft sera encore plus facile à prendre. Le spécialiste des jeux sur mobile pèse seulement 384 millions d'euros en bourse et ses fondateurs ne détiennent que 13,67% du capital pour 22,50% des droits de vote. Vivendi est semble-t-il bien parti pour faire entrer dans sa galaxie dédiée à l'entertainment deux des plus belles pépites françaises du jeu vidéo.

GAMELOFT / UBISOFT