Todo list 2017 : start-ups et industriels, l'heure de l'IoT a sonné

Todo list 2017 : start-ups et industriels, l'heure de l'IoT a sonné 3, 2, 1, top départ. Cette année, les entreprises qui veulent commercialiser des objets connectés ou les déployer en interne passent à la vitesse supérieure. Voici quelques conseils pour ne pas rater la mise à feu.

Finies les esquisses. 2017 est l'année du passage à l'IoT. A la fois pour les entreprises qui souhaitent commercialiser des objets connectés en grande quantité mais également pour celles qui veulent les utiliser massivement en interne afin d'améliorer leurs process. Voici une to do list en deux parties correspondant à ces différents objectifs pour les pros qui ne veulent pas se noyer en plongeant dans le grand bain.

La todo pour produire et commercialiser de l'IoT

1. Prévoir un budget pour industrialiser la production d'objets connectés. Les fablabs pullulent. Ils permettent aux entreprises de concevoir des prototypes pour quelques milliers d'euros. Un peu de "love money" suffit aux start-up pour financer cette phase de développement. Industrialiser un objet connecté est une autre paire de manches.

"Les entreprises prévoient souvent des enveloppes trop petites de 10 ou 20 000 euros. La facture est généralement plus élevée, une centaine de milliers d'euros au minimum. Concevoir les moules pour fabriquer les produits en usine, payer les bureaux d'études pour certifier les appareils… Tout cela demande un budget conséquent. Les entreprises ne doivent se lancer que si elles ont la trésorerie suffisante en magasin", souligne Yanis Cottard, président d'Altyor, une ETI tricolore spécialisée dans la conception d'objets connectés pour des tiers.

2. Y consacrer le temps nécessaire. "Produire un objet connecté prend en moyenne neuf mois, comme mettre au monde un enfant", s'amuse le patron. Les échéances de production peuvent varier en fonction de la complexité de l'appareil. Il faut compter six mois pour un produit simple et 12 mois pour un article plus complexe. "Une bonne partie des entrepreneurs de l'IoT viennent du monde du logiciel où les délais de développement sont beaucoup plus courts que dans le hardware. Ils doivent souvent décaler la date de sortie prévue de leur produit faute d'avoir prévu une marge de temps suffisante", complète Yanis Cottard.

3. Rédiger un cahier des charges complet. Dans quel environnement est utilisé mon objet connecté ? Dans une maison ? Sur un avion ? A quelle portée doit-il envoyer les données qu'il collecte ? A quelle fréquence ? Comment est-il alimenté ? Avec une pile ou sur secteur ? S'il fonctionne avec une batterie, quelle est sa capacité ? Comment l'appareil communicant est-il relié au smartphone ? "A peine 10% des entreprises avec lesquelles nous travaillons pour industrialiser leurs objets connectés ont répondu à toutes ces questions dans leur cahier des charges. Ce document est pourtant une bible, un préalable indispensable permettant de ne pas perdre de temps avec les industriels", affirme Yanis Cottard.

4. Se poser la question du traitement des données collectées. "Google n'a par exemple pas suffisamment réfléchi à cette problématique pour ses Google Glass, qui enregistraient des images de personnes dans l'espace public sans leur demander leur avis", souligne Nicolas Mourier, consultant IoT indépendant. Les utilisateurs de ces lunettes intelligentes ont à plusieurs reprises été poursuivis en justice. Pour ne pas se laisser piéger, les entreprises peuvent réfléchir à une charte qu'elles s'engageront à respecter auprès de leurs clients.

La todo pour déployer l'IoT dans ses processus de production

1. S'assurer le soutien de son patron. Le responsable de l'entreprise doit donner à l'un de ses cadres dirigeants les pouvoirs suffisants pour mettre concrètement en œuvre le plan de déploiement de l'IoT. "La SNCF est l'un des premiers grands groupes tricolores à avoir annoncé (en avril 2016, ndlr) un plan de déploiement de capteurs sur l'ensemble de son infrastructure. Ce positionnement rapide sur le champ naissant de l'IoT est notamment lié à l'intérêt que son président Guillaume Pepy accorde au digital et à l'Internet des objets en particulier. Le patron s'est doté d'un bras droit, chargé de diriger l'ensemble de ces opérations dans l'entreprise. Jusqu'en août 2016, c'était le CDO Yves Tyrodes. Depuis son départ, c'est Emmanuelle Saudeau qui assume ces fonctions", illustre Guillaume Roy, responsable IoT du cabinet de consulting Sopra Steria.

2. Demander aux branches métiers de lister leurs problèmes. "Une grande compagnie aéronautique française organise par exemple des ateliers pour que ses ingénieurs, qui travaillent sur le terrain afin de concevoir les avions du groupe, fassent remonter leurs besoins. C'est une garantie que les capteurs permettront réellement à l'entreprise de produire plus efficacement et que l'IoT sera adopté par les équipes en interne", explique Guillaume Roy.

3. Accompagner le déploiement des objets connectés dans les différentes branches. "L'objectif n'est pas tellement d'apprendre aux collaborateurs à prendre en main ces nouveaux appareils – s'ils ont été bien conçus, leur utilisation est instinctive – mais plutôt parce que la mise en place de l'IoT bouleverse une partie des process. De nouvelles pratiques doivent être adoptées de façon uniforme par les salariés", poursuit-il.

4. Impliquer les membres de leur DSI dans le déploiement. Les infrastructures informatiques des entreprises ne sont que rarement adaptées au stockage de données éparses collectées sur des millions d'appareils. "Les ingénieurs informatiques doivent souvent assouplir ce système en y intégrant par exemple une plateforme de gestion des data IoT. Ce choix très structurant doit être réalisé après avoir effectué une solide étude de marché, car l'investissement réalisé par l'entreprise en terme d'intégration est trop lourd pour faire machine arrière à posteriori", pointe le responsable IoT de Sopra Steria.

 

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