Sigfox : abonnement, couverture, concurrents…

Sigfox : abonnement, couverture, concurrents… L'opérateur tricolore basé dans la banlieue de Toulouse, à Labège, déploie son réseau IoT ultra-bas débit dans 32 pays. Mais il doit faire face à la concurrence féroce de l'alliance LoRa.

[Mis à jour le 26 octobre à 18h01] La société Emitech a été labellisée par le groupe Sigfox. La société est apte à mener à bien dans ses laboratoires les tests sur les objets connectés pour dire s'ils sont ou non "Sigfox ready", notamment au niveau de la puissance du rayonnement de leurs ondes radios. Si c'est le cas, le labo délivre une certification du même nom. Par la même occasion, le groupe propose à ses clients de réaliser les tests pour permettre à leurs produits d'obtenir le marquage CE, indispensable pour commercialiser des appareils en Europe.

L'opérateur tricolore Sigfox déploie son réseau IoT longue portée bas débit en France et dans 31 autres pays du monde, principalement en Europe et en Amérique du Nord. Température, vibrations, localisation… Les objets connectés compatibles peuvent faire transiter de petits paquets d'informations (le plafond est de 12 octets) 140 fois par jour au maximum, à faible coût. Les appareils reliés à Sigfox sont la quasi-totalité du temps en veille, ce qui leur permet de ne consommer qu'une faible quantité d'énergie. Pas besoin d'être branchés sur secteur, leur durée de vie peut atteindre une dizaine d'années avec une petite batterie.

Usages

Le faible coût de transport de l'information et la longue durée de vie des objets connectés en Sigfox permettent d'envisager des centaines d'usages pour l'Internet des objets. Dans une maison, un détecteur de fumée ou de gaz peut par exemple être raccordé au réseau Sigfox et envoyer un signal d'alarme à son utilisateur en cas de problème. Les appareils compatibles peuvent également être utiles aux professionnels de la logistique pour savoir où sont situées leurs marchandises, aux industriels ou encore aux restaurateurs pour contrôler que la chaîne du froid est bien respectée dans leurs établissements. Plus de 10 millions de capteurs sont aujourd'hui reliés au réseau IoT de Sigfox, affirme l'entreprise.

Le système de communication bas débit déployé par le groupe tricolore utilise des bandes de fréquences libres de droit pour faire transiter les données des objets connectés (en Europe, c'est la bande industrielle, scientifique et médicale à 868 méga hertz). Il est bidirectionnel : les appareils qui y sont rattachés envoient vers le cloud des informations collectées sur le terrain, comme la température ou les vibrations émises à un instant T, mais reçoivent également des données diffusées par l'entreprise qui les pilote (8 octets maximum). Cela permet aux pros de réaliser de petites mises à jour logicielles sans avoir à se déplacer.

Sigfox vs LoRa

Sigfox a beau être le plus ancien opérateur IoT tricolore, il est désormais cerné par de nombreux concurrents, au premier rang desquels les entreprises membres de l'alliance LoRa, qui travaillent elles aussi à déployer un réseau LPWAN (low power wide area network, pour réseau bas débit longue portée). En France, Sigfox a tissé un partenariat avec l'opérateur SFR, qui va proposer à ses clients de connecter leurs appareils communicants sur le réseau déployé par la pépite toulousaine. Ses deux compétiteurs Orange et Bouygues ont décidé de déployer eux-mêmes un réseau LoRa. Les français Actiility et Qowisio déploient eux aussi leurs réseaux IoT LPWAN. (Voir aussi : IoT, quel protocole de communication choisir pour ses objets connectés ?)

Sigfox a une ambition internationale. Son réseau est en cours de déploiement dans plus de 32 pays. Les multinationales qui raccordent leurs objets connectés à ce réseau n'ont pas à se soucier des frontières, elles ne traitent qu'avec un seul acteur. Pratique pour un bagagiste qui tracke des valises de passagers pendant leur voyage en avion par exemple. Les réseaux LoRa sont déployés par des opérateurs nationaux, qui signent entre eux des accords de roaming lorsqu'un de leurs clients a des objets connectés dans plusieurs pays. Ledit client doit vérifier auprès de son opérateur que cette option ne fait pas exploser le coût de la connexion de ses appareils.

Sigfox a également d'autres concurrents. Nombre d'opérateurs, comme Orange, misent également sur le LTE-M et le NB-IoT, deux évolutions du réseau cellulaire classique 4G adaptées aux objets connectés. Ces nouveaux modes de communication permettent de faire transiter nettement plus d'informations que Sigfox (photos, vidéos…) et ne s'adressent donc pas forcément à la même cible. La 5G à venir succèdera à ces concurrents indirects de Sigfox.

Sigfox à Toulouse

Sigfox est une entreprise basée dans la banlieue de Toulouse, à Labège. Elle s'est installée dans ce qui était alors la TIC Valley, au milieu de nombreuses entreprises du monde des nouvelles technologies. Le succès de la jeune pousse a entraîné l'installation dans le quartier de nombreuses entreprises IoT. La TIC Valley a même changé de nom en mai 2015 pour devenir l'IoT Valley. Ludovic Le Moan, PDG de Sigfox, a pris la tête de l'association du même nom.

Le siège social de Sigfox est situé dans la banlieue de Toulouse, à Labège. © Sigfox

Sigfox à Paris

L'opérateur IoT toulousain a des locaux à Paris, dans le neuvième arrondissement. L'entreprise, en cours de déploiement à l'international, a également ouvert des bureaux à Boston, San Francisco, Munich, Madrid, Dubaï et Singapour, pour commencer son déploiement sur le marché américain, européen et asiatique.

Couverture Sigfox

Plus de 2 000 antennes ont été déployées par Sigfox en France, selon des chiffres fournis par l'opérateur. Le réseau IoT du groupe couvre 94% de la population tricolore, comme le montre la carte ci-dessous datée du mois de juin 2017 (mise à jour en temps réel sur le site de Sigfox). La pépite française est également présente à l'international, dans 31 pays en plus de l'Hexagone. 12 bénéficient d'une couverture nationale, comme l'Espagne, l'Irlande, le Danemark ou encore la Belgique. En décembre 2016, la société avait installé des antennes dans 100 villes des Etats-Unis et couvrait 20% de la population américaine. D'ici fin 2018, elle prévoit d'être implantée dans 60 pays. 589 millions de personnes dans le monde peuvent aujourd'hui bénéficier d'un réseau IoT Sigfox, soit trois fois plus qu'il y a deux ans.

Pour attirer des clients, l'entreprise tisse des partenariats avec des opérateurs télécoms traditionnels, comme SFR, avec qui la jeune pousse s'est associée en mars 2016. Le telco tricolore est devenu un distributeur clef du réseau IoT de Sigfox en France, mais aussi dans les autres pays où il est installé, comme les USA ou l'Israël. Sigfox a conclu le même type d'accords avec le géant des télécommunications espagnol Telefonica.

Le réseau IoT de Sigfox couvrait 94% de la population tricolore en juin 2017. © Sigfox

Abonnement Sigfox

Sigfox reste assez discret sur ses tarifs, qui varient en fonction du nombre d'appareils que ses clients souhaitent connecter sur son réseau et de la quantité de données qu'ils y font transiter. En moyenne, s'abonner à ce réseau IoT coûterait trois euros par an et par objet selon Sigfox. Mais les prix peuvent varier entre un et neuf euros par an et par capteur, selon des forums spécialisés. Les modems sont commercialisés entre cinq et quinze euros et les modules de connexion radio valent deux dollars en Europe et trois en Asie ainsi qu'aux USA. Pour le patron de l'entreprise Ludovic Le Moan, ces faibles prix sont la condition sine qua non du décollage de l'IoT. Pour tirer plus encore les tarifs vers le bas, le laboratoire R&D de l'entreprise essaie de résoudre l'une des principales problématiques du secteur : le changement de batterie qui, même s'il n'a lieu qu'une fois tous les dix ans en moyenne pour les appareils fonctionnant avec le réseau Sigfox, reste coûteux. Les chercheurs de l'entreprise travaillent sur des technologies d'energie harvesting. Les appareils dotés de ce type d'équipements sont capables de capter de l'énergie dans leur environnement immédiat et donc (si les recherches aboutissent) de devenir 100% autonomes.

Recrutement Sigfox

Sigfox recrute des salariés en CDI, en CDD mais également en stage. Ingénieur, développeur Java, technicien informatique, gestionnaire RH… Les postes proposés dans l'Hexagone sont variés. La société a également besoin d'embaucher des collaborateurs à l'étranger. Elle recherche par exemple des commerciaux pour vendre ses services au Brésil ou aux Etats-Unis. Il est possible de consulter les offres et de postuler directement sur le site de Sigfox à cette adresse.

Backend Sigfox

Sigfox met à la disposition des développeurs et des fabricants d'appareils intelligents un kit de développement qui leur permet de créer des applications IoT liées à des objets connectés sur son réseau. Avec cette infrastructure backend accessible en ligne, ils peuvent mettre en place, configurer et gérer la maintenance de leurs serveurs, des données qu'ils collectent et de leurs applis.

Ludovic Le Moan

Le PDG et cofondateur de Sigfox, Ludovic Le Moan, veut accrocher le S de Sigfox à l'acronyme Gafa, qui désigne les quatre géants du net américain, Google, Apple, Facebook et Amazon. Pour faire de son entreprise une licorne, ce titulaire d'un CAP de tourneur-fraiseur essaye de déployer son réseau aussi vite que possible dans le monde. Il multiplie donc les levées de fonds pour financer la mise en place de ses antennes relais. Epaulé par ses équipes, l'entrepreneur est parvenu à lever 150 millions d'euros lors de son dernier tour de table bouclé en novembre 2016. Depuis sa création en 2009, Sigfox a levé des fonds auprès de nombreuses entreprises, comme Intel, Engie, Air Liquide, Eutelsat, SK Telecom ou encore Telefonica.

Mais Ludovic Le Moan n'est pas le seul artisan du succès de Sigfox. En 2009, il a cofondé ce qui n'était à l'époque qu'une start-up avec l'ingénieur Christophe Fourtet. Ce dernier a eu l'idée de créer un réseau ultra-bas débit pour les objets connectés en s'inspirant des systèmes ultra-narrow band utilisés pendant la Première guerre mondiale pour communiquer dans les sous-marins. Le PDG de Sigfox a également convaincu Anne Lauvergeon, ex-patronne du géant du nucléaire Areva, de siéger à la tête du conseil d'administration de son groupe.

Ludovic Le Moan (photo) a cofondé Sigfox avec l'ingénieur Christophe Fourtet. © Sigfox

Géolocalisation Sigfox

Sigfox a présenté début 2017 une offre de géolocalisation baptisée Spot'it, qui fonctionne sans le très gourmand en énergie GPS. Ce système localise les objets connectés grâce à la triangulation, une règle géométrique qui permet de déterminer la position d'un point donné en mesurant ses angles avec ceux de trois autres points (les antennes relais de Sigfox en l'occurrence) dont la localisation est connue. Ce nouveau service, qui a demandé au groupe deux ans de R&D, est notamment utile aux entreprises de logistique, qui veulent savoir si un colis est arrivé à destination.

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