Découvrez ce Français qui se cache derrière le succès de 2048

2048 Ketchapp studio Plusieurs dizaines de millions d'utilisateurs ont téléchargé la version iOS du jeu développé par Ketchapp, une société française fondée par deux frères.

A moins d'avoir vécu dans une grotte, vous avez sans doute déjà joué (ou vu quelqu'un jouer) à ce petit jeu qui a fait couler autant de pixels qu'il a monopolisé l'emploi du temps des plus accros : 2048 (lire d'ailleurs notre solution pour gagner (presque) tout le temps). Un puzzle numérique développé en open-source pour le Web par un Italien répondant au nom de Gabriele Cirulli et massivement repris par des développeurs d'applications qui ont flairé le bon filon. Le jeu compte ainsi plusieurs centaines de versions sur iOS et Android. La plus populaire d'entre elles a été développée par deux Français, les frères Antoine et Michel Morcos, fondateurs de la société Ketchapp, qui expliquent : "Dès que nous avons compris le potentiel du jeu, nous avons décidé de le décliner dans une version iOS qui reprend le concept et s'inspire du design". La validation d'Apple effectuée, le jeu se hissait en l'espace de quelques heures aux sommets des classements, téléchargé par plusieurs centaines de milliers d'utilisateurs chaque jour et squatant le top 10 de l'AppStore d'une majorité de pays. Aujourd'hui ils sont plusieurs dizaines de millions à avoir téléchargé le jeu. "Le tout sans avoir dépensé un euro en communication", aime à rappeler Antoine Morcos.

2048 us
Le positionnement de l'application dans l'App Store US dans les heures qui ont suivi son lancement. © App Annie

Pour quel chiffre d'affaires ? Dans un univers où rares sont les acteurs à révéler leurs revenus, Antoine Morcos ne fait pas exception. A peine apprendra-t-on que Ketchapp travaille avec AdMob et iAd, la régie d'Apple, pour monétiser sa formidable audience. Un business model plutôt étonnant à l'heure où les plus gros hits du casual gaming, Candy Crush et Clash of Clans en tête, ont opté pour un modèle freemium bien plus rémunérateur que la bannière sur laquelle le mobinaute ne clique que trop rarement. Un choix qui tient peut-être également à la fulgurance du succès d'un jeu qui a dépassé son éditeur. "On a effectivement réfléchi à un modèle freemium mais créer une version suffisamment attrayante pour donner envie de l'acheter nous a paru être un challenge trop difficile". Aujourd'hui Ketchapp se concentre à fond sur le volet publicitaire, qu'il décline désormais dans des interstitiels sur Android, et bientôt sur iOS.  "Les taux de clics sont 10 fois supérieurs aux anciens formats", se réjouit Antoine Morcos.

Conscient que la popularité de 2048 s'étiolera sans doute tôt ou tard, Ketchapp a décidé de capitaliser sur ce premier tube pour lancer de nouveaux jeux, en gardant la même recette "minimaliste et épurée". Sont ainsi successivement nés, fin avril, "Don't tap the white title" et, fin mai, "The Line". Des jeux nés eux aussi de concepts déjà présents dans le monde applicatif. "La cible de ces jeux étant très affinitaire avec l'audience de 2048, nous les avons naturellement promus au sein de l'application", explique Antoine Morcos. Le succès est quasi immédiat. Mi-mai, Don't tap the white title est ainsi devenu numéro 1 au sein de l'App Store en France. The Line a pris la relève début juin pour occuper le top 3 tout le long du mois.  Leur réussite est sans moins tonitruante que celle de 2048 (ils sont déjà retombés dans un relatif anonymat), mais la méthode a fait ses preuves.

"La date de développement de nos jeux ne doit pas dépasser la semaine de développement, de sorte que nous espérons en lancer encore plusieurs dizaines d'ici la fin de l'année", affirme Antoine Morcos. D'autant qu'alléchés par l'audience impressionnante de 2048, de nombreux développeurs et studios l'ont contacté pour que Ketchapp publie leur jeu en leur nom et leur fasse profiter de son réseau, moyennant un partage de revenus. C'est le cas du développeur de "Catch The Balls" dont Ketchapp est devenu l'éditeur. Lancé le 18 juin, le jeu n'a toutefois pas eu le succès escompté. S'il est resté quelques jours dans le  top 20 de l'App Store français, il est déjà retombé dans l'anonymat. 

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