Cédric Bannel (Latour Capital) "Notre principal critère de sélection, c'est le management"

Fondé par Alain Madelin, Philippe Léoni (Leboncoin.fr, SPIR) ainsi que le fondateur de Caradisiac.com Cédric Bannel, Latour Capital fait son apparition dans le paysage du capital-risque.

JDN. Comment est structuré Latour Capital ? Qui sont vos actionnaires et combien avez-vous réussi à rassembler ?

Cédric Bannel. Latour Capital a levé 60 millions d'euros et dispose d'une poche de co-investissement de 40 millions d'euros. Ces 100 millions proviennent de personnes physiques et d'acteurs institutionnels. Pour les investisseurs-entrepreneurs, le ticket d'entrée s'élevait à 2 millions d'euros. Nous comptons parmi nos actionnaires des personnes issus de secteurs très divers, comme le fondateur d'un groupe de restauration ou encore le fondateur d'un groupe de presse. Pour les acteurs institutionnels, le ticket d'entrée était de 7 à 8 millions d'euros. Notre objectif est que ce fonds vive une dizaine d'années. A ce jour, nous sommes trois associés avec l'ancien ministre Alain Madelin et Philippe Léoni, ancien président de SPIR Communication. Nous employons deux personnes.

 

Vous avez tous trois des profils très différents, comment pensez-vous répartir vos rôles dans vos choix d'investissement ?

Tout dépendra des dossiers que l'on choisira d'étudier. Alain Madelin dispose d'une bonne connaissance du web, et nous accompagnera dans notre stratégie et celle de notre futur portefeuille. Philippe Léoni a des compétences très pointues sur le commerce et le marketing et quant à moi, j'ai un profil tant technique que stratégique, et une bonne expérience du web. L'idée est d'être en mesure de cibler tout type de secteur, car nous avons fait le choix de chercher nous-mêmes les sociétés dans lesquelles Latour Capital investira. Mais nous cherchons avant tout à investir dans des sociétés déjà rentables. Notre principal critère de sélection, c'est le management. Nous avons besoin de croire en lui, qu'il y ait un réel potentiel, une vision de développement.

 

Pourquoi choisir une méthode de sourcing "solitaire" plutôt que de travailler avec d'autres fonds ? Avez-vous déjà des investissements prévus ?

Nous n'aimons pas les enchères de place. Je trouve qu'elles ne permettent pas de bons échanges avec le management d'une société. Nous souhaitons avoir nos propres deals et en réaliser peu, ce qui ne laisse aucune place à l'échec. Mais nous n'excluons aucune opportunité, raison pour laquelle nous sommes attentifs à tous les secteurs. Quel que soit le domaine d'activité d'une société, le fonds pourrait injecter de l'argent pour lancer, par exemple, des projets liés au web.

A ce jour, nous travaillons à deux futures opérations, mais celles-ci ne sont pas en lien avec Internet. Il s'agit notamment d'un possible investissement dans une société du secteur de l'énergie. Mais ce n'est pas pour demain, car il n'y aura pas de deal avant la fin de l'année.

 

 

Après un cursus à l'ENA, Cédric Bannel a travaillé à la Direction du Trésor du Ministère des Finances pour ensuite rejoindre le service de Participation du Trésor où il a notamment participé à l'ouverture du capital de Renault. Il rejoint en 1998 le groupe automobile comme membre du Comité de direction financière et directeur des relations financières. Il quitte la société en 2000 pour fonder le site Internet Caradisiac.com, qu'il finit par céder au groupe Spir. Il rentre ensuite dans le fonds d'investissement 3i à Londres qu'il quitte rapidement pour co-fonder Latour Capital. Cédric Bannel est également écrivain et a publié deux thrillers, "L'homme de Kaboul" et "Le huitième fléau".

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