Deux députées donnent le cap pour développer les start-up françaises

mission développement économie numérique Créée en mars 2013, la mission d'information de l'Assemblée nationale sur le développement de l'économie numérique a achevé ses travaux.

Corinne Erhel, députée du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, et Laure de la Raudière, députée UMP, rendront officiellement à 14H aujourd'hui les conclusions de la mission d'information sur le développement de l'économie numérique française qui a leur a été confiée en mars 2013. Les grands axes de réflexion mis en avant : créer un environnement propice à l'économie numérique, former les acteurs de demain, assurer le financement de l'économie numérique, consolider les filières d'avenir, moderniser l'action publique et le cadre juridique et enfin renforcer l'action internationale. Parmi ces orientations, de nombreuses propositions visent directement les start-up.

Un environnement propice à l'économie numérique

Pour faciliter la vie des entreprises du numérique, les rapporteuses rappellent qu'un "choc de simplification" a été engagé pour faciliter leurs démarches administratives. Et pour booster l'écosystème français du numérique, elles proposent de lancer une cartographie et une évaluation des accélérateurs parisiens pour mesurer leurs performances, "notamment ceux qui bénéficient de subventions publiques", comme Le Camping. La mise en place d'une plate-forme pour aiguiller les entrepreneurs vers le bon interlocuteur selon leurs besoins est aussi envisagée. La mission propose également "d'ajouter dans les critères d'évaluation des pôles de compétitivité un critère relatif à l'identification des pépites du numérique" et "d'inciter à ce que les conseils d'administration des entreprises du CAC 40 comprennent un membre ayant fondé une start-up innovante".

Combler les lacunes en capital-risque

"Si la situation s'est grandement améliorée au regard de celle qui prévalait il y a quelques années, note la mission d'information, la chaîne de financement connaît un trou d'air, qui explique les difficultés des entreprises françaises à partir à la conquête du monde." Les rapporteuses citent Pierre Kosciusko-Morizet, selon qui "la chaîne de financement est un tuyau avec des goulets d'étranglements. Il n'y a jamais eu autant de Business angels, on est très bon sur ce segment, mais on est en retard pour l'étape d'après, entre 500 000 euros et un million". Ainsi, si les montants investis par les business angels ont augmenté de 48% en 2013, selon French Internet Business Angel Money Yardstick, "la France connaît un réel trou d'air en post-amorçage et en phase de développement au-delà de 20 millions d'euros". Le rapport note une baisse de 50%, depuis 2008, des levées de fonds françaises. En cause, notamment, le faible nombre de fonds d'investissements, constitués de petites équipes. Corinne Erhel et Laure de la Ruaudière proposent de "poursuivre l'effort pour créer des fonds paneuropéens", mais aussi d'encourager l'État à investir dans des fonds d'investissement privés, comme le fonds israélien Yozma par exemple, en y siégeant au conseil d'administration.

Créer un Nasdaq européen

La mission constate que "la Bourse ne représente aucune porte de sortie en France comme en Europe. Une entreprise introduite en Bourse sur le marché européen ne peut guère espérer être valorisée à un montant supérieur à ce que lui aurait rapporté une vente à un géant américain ou obtenir davantage de financements qu'auprès de fonds d'investissements". Pour y remédier, elle préconise la création d'un Nasdaq européen, qui passera par la réduction de la fragmentation des marchés et le rapprochement des Bourses de valeurs moyennes, l'interopérabilité des systèmes de cotation et la mise en réseau des différentes Bourses régionales européennes.

Améliorer le soutien public aux entreprises

Pour accroître le soutien public à l'économie numérique, les rapporteuses conseillent de développer davantage les concours dédiés aux start-up, mais aussi de "renforcer la place de l'innovation de rupture dans les critères d'évaluation et d'attribution des marchés publics". La Cour des comptes devrait par ailleurs se voir confier une mission d'évaluation des dispositifs de soutien public au numérique mis en œuvre par l'État et les collectivités territoriales. Enfin, la mission engage à poursuivre "les actions de sécurisation des dispositifs d'incitation fiscale en faveur de l'innovation et assurer la stabilisation fiscale". 

Conseil d'administration