Véronique Morali (Fimalac) "Webedia et Allociné cumuleront un chiffre d'affaires de 50 millions d'euros en 2013"

La présidente de Fimalac Développements expose la stratégie d'investissement "opportuniste" du nouveau propriétaire d'Allociné.

JDN. En deux mois, Fimalac est passé de 0 à 14,6 millions de visiteurs uniques, créant ainsi le 13e groupe Web en France. Quelle est votre stratégie ?

veronique morali
Véronique Morali est présidente de Fimalac Développement © S. de P. Fimalac

Véronique Morali. Notre stratégie est d'être opportuniste et d'investir dans ce qui crée de la valeur pour nos activités. Nous sommes arrivés sur le Web en acquérant Webedia en mai dernier pour 70 millions d'euros, car cela apportait de la valeur à nos investissements dans la production et l'organisation de spectacles musicaux. Webedia nous offrait l'opportunité d'ajouter une plateforme marketing à ces activités. La logique est la même avec Allociné. Associé à Webedia, nous créons un leader du divertissement sur le Web en France et nous atteignons une masse critique qui nous positionne fortement sur le marché publicitaire online.

 

Le marché de la publicité en France a péniblement gagné 4% au 1er semestre. Le secteur n'est pas le plus attractif à l'heure actuelle. Quels sont vos objectifs ?

Nous n'investissons que sur le long terme. Nous ne nous fixons pas de taux de rentabilité interne à 3 ou 5 ans. Nous ne fonctionnons pas comme un fonds d'investissement classique mais pratiquons une forme de capitalisme familial. Par ailleurs, Allociné et Webedia ne pratiquent pas que le display : ces deux groupes sont fortement positionnés sur les opérations spéciales, la vidéo, le mobile... C'est-à-dire les leviers publicitaires qui connaissent la plus forte croissance à l'heure actuelle.

Ensemble, Webedia et Allociné vont cumuler un chiffre d'affaires de 50 millions d'euros cette année. 30 millions pour Webedia, qui était à 20 l'an dernier, et 20 millions pour Allociné, en légère hausse.

 

Comment comptez-vous développer votre activité Web, notamment à l'international ?

Pour le moment, nous comptons nous développer en priorité sur le secteur du divertissement, que se soit en France ou à l'étranger. Mais nous serons très prudents. Nous n'allons pas commencer à ouvrir des bureaux partout dans le monde. A l'international, nous voulons nous renforcer en Amérique Latine en général et au Brésil en particulier, ainsi qu'en Europe et en Russie. C'est-à-dire là où les marques veulent que nous les accompagnions.

 

Après Sciences Po et l'ESCP, Véronique Morali intègre l'ENA et l'Inspection des Finances qu'elle quitte en 1990 pour rejoindre Marc de Lacharriere au moment de la création de Fimalac. Elle est aussi fondatrice du site Terrafemina.com et a fondé une société de services aux entreprises, "TF-Co". Fimalac intervient dans la notation financière avec Fitch group, possède 40 % du Groupe Lucien Barrière et a constitué un pôle entertainment autour de Gilbert Coullier Productions et de Vega (salles de spectacles).

Capital risque / Allocine