Altice dégage du cash avant l'IPO de sa filiale américaine

Altice dégage du cash avant l'IPO de sa filiale américaine Le groupe de Patrick Drahi a cédé sa filiale en Belgique et au Luxembourg à Telenet, pour 400 millions d'euros. De quoi se réserver les moyens de ses ambitions aux Etats-Unis.

Après avoir réalisé 50 milliards de dollars d'emplettes sur trois ans, et bouclé le closing de Cablevision pour 17,7 milliards d'euros aux Etats-Unis en juin dernier, Altice a décidé de s'alléger. Le groupe de Patrick Drahi a annoncé en décembre la vente de sa filiale en Belgique et au Luxembourg, Coditel Brabant, à son concurrent Telenet pour 400  millions d'euros.

La revue de ses actifs stratégiques avait commencé à l'été dernier, et Altice avait mandaté Lazard, en la personne de Vincent Le Stradic, pour l'assister dans cette opération. Rapidement identifié: sa filiale en Belgique et au Luxembourg, qui a une activité rentable mais n'a jamais réussi à mettre la main sur ses concurrents pour devenir numéro un ou deux du secteur, l'objectif affiché par Altice sur ses différents marchés. Racheté pour 82 millions d'euros en 2003, Coditel Brabant (renommé SFR Belgium) affiche 70 millions d'euros de chiffre d'affaires et 150 000 abonnés, une goutte d'eau par rapport aux 25 milliards d'euros de chiffre d'affaires du groupe et à ses 50 millions de clients.

900 millions de dollars d'économies de coûts opérationnels par an

Cette opération signe la rationalisation du portefeuille d'Altice, qui détient des positions de choix en France, en Israël en République Dominicaine et au Portugal, et ambitionne de faire progresser sa quatrième place sur le marché américain, où la concurrence est rude. Le mois dernier, Altice a annoncé un ambitieux plan de développement sur la fibre optique, avec un réseau capable de diffuser du 10 Gigabits par seconde d'ici à cinq ans, afin de doubler son principal compétiteur, Verizon. Ce dernier avait commencé à installer la fibre dans quelques villes aux Etats-Unis (Atlanta, Nashville, Chicago) mais s'est arrêté depuis 2010 car les moyens à mettre en place sont très importants. Alphabet a également renoncé à investir davantage dans cette technologie et compte miser sur le haut débit dorénavant.

Si Altice USA parvient à déployer cette vitesse de connexion, il viendrait contrer le service FiOS de Verizon, qui avait gagné des parts de marché sur Cablevision ces dernières années. Mais cette stratégie aura un coût important et suscite l'interrogation outre-Atlantique, tout autant que l'objectif affiché par Altice sur place, c'est-à-dire générer 900 millions de dollars d'économies de coûts opérationnels par an.

Mais Altice a assuré que ce projet n'aurait pas d'impact significatif sur les capex de sa filiale US. Couplée aux projets récents , l'annonce du jour a également pour but d'améliorer à la marge les comptes d'Altice, qui affiche une dette équivalente à 6,4 fois son Ebitda. Le groupe, qui dessert 4,7 millions de foyers aux Etats-Unis, compte lancer le processus d'IPO de sa filiale américaine, Altice USA, l'an prochain et céder une minorité du capital. JP Morgan et Goldman Sachs seraient pressenties pour être teneuses de livres dans cette opération qui pourrait valoriser Altice USA entre 25 et 30 milliards de dollars.

Article originel publié sur WanSquare par Anne-Laure Peytavin, le 22/12/2016

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